NEZ. — NARINES
les Australiens on a parlé de nez aquilins et, il est vrai, aussi de nez romains; chez les Papous également. La plupart des bustes de l’archipel Salomon de la collection de Y Astrolabe ont réellement un nez convexe, se prolongeant même en dessous sur la ligne médiane. On comprend donc que le voyageur puisse se tromper et ce qui a causé son illusion, cependant facile à éviter.
Le nez exactement droit est rare, toujours il y a trace de petites inflexions aux deux extrémités des cartilages latéraux: le nez kymri en est le type le mieux accusé. Le nez concave est de deux sortes : l’un dans lequel la concavité est médiocre, à dos grossier, comme dans le type celtique, l’autre où elle est plus accusée, surtout en bas dans le nez retroussé, qu’on rencontre entre autres dans le bassin méditerranéen et plus souvent chez la femme. Est-ce le nez ligure ou le nez ibère? la façon seule dont la question se pose montre la difficulté d’y répondre. Le nez à la François Ier me paraît individuel.
La base du nez regardée en dessous, c’est-à-dire les narines, fournit aussi des caractères importants. On peut comparer l’aspect de la souscloison à un sablier; ses deux parties en cône en sens contraire sont très longues dans les races européennes, s’écrasent dans les races jaunes, et s’effacent dans les races noires aux cheveux droits ou aux cheveux laineux.
La quantité dont les narines sont cachées ou découvertes sur le côté est à noter en second lieu. Puis le plan même de la base qui est horizontal, d’autres fois oblique en bas et en arrière, ou oblique en haut et en arrière. Mais le plus intéressant caractère dans cette région est la forme et la direction des narines elles-mêmes. Elliptiques, parallèles, allongées d’avant en arrière chez les Kymris les plus typiques, elles sont bout à bout transversalement chez les nègres les plus grossiers, tels que les Tasmaniens et les Guinéens; entre les deux types se présentent tous les intermédiaires : les narines élargies et ovales des Celtes, les narines irrégulièrement rondes, côte à côte, des races jaunes et les narines simplement obliques ou moins couchées des races nègres. Voir la figure 32.
Il est regrettable que les caractères tirés des narines soient d’une observation difficile, car ils sont vraiment excellents, mais en relation exacte du reste avec ceux dont il nous reste à parler.
La particularité du nez qui avait frappé Isidore Geoffroy Saint-Hilaire était sa saillie ou son aplatissement sur le vivant. Nous venons de voir que l’élargissement du nez par rapport à sa hauteur fournit un caractère excellent sur le squelette. Les deux termes, aurions-nous dû ajouter, varient en raison inverse, et par conséquent contribuent à accentuer leur rapport. Plus le squelette du nez se rétrécit, plus il augmente de hauteur et réciproquement. Eh bien, sur le vivant avec les parties molles, il en est de même, sauf qu’il n’y a pas de parallélisme exact entre ces phénomènes sur le squelette et sur le vivant.