REPARTITION EN EUROPE
certains mots. L’avons-nous fait dans le sens qu’eût désiré l’auteur, telle est l’arrière-pensée contre laquelle on se heurte. Il n’y a pas d’unité, en effet, dans les différents systèmes employés. L’adoption à peu près générale du tableau chromatique de Brocan’apas avancé les choses. Il reste toujours la façon de comprendre personnellement les mots hrun, châtain, hazel, sandy , dark, etc., et leurs correspondants d’une langue à l’autre. Les uns rangeront le gris ou le marron, le blond de telle nuance ou de tel ton dans un groupe, les autres dans un autre groupe. D’où la nécessité, qui m’a paru primer toutes les questions, de s’entendre sur la valeur précise des termes et qui m’a engagé à donner d’emblée les divisions et nomenclatures â préférer.
Sous ces réserves, je continue. Le système dont je me suis inspiré davantage dans ma nomenclature, si toutefois elle en diffère, est celui de M. Beddoe. Il date de 1853, ne concerne que les yeux et les cheveux, et a donné lieu, entre les mains de son auteur, aux statistiques les plus susceptibles de faire avancer la question de la répartition desdits caractères suivant les races. Ce qui les rend précieuses, c’est qu’elles sont de la même main et, pour parler plus exactement, des mêmes yeux (1). Pour donner une idée des nombres sur lesquels elles portent, il me suffira de citer son mémoire sur la couleur en Écosse, qui comprend plus de 16,500 individus. Je donne la traduction presque textuelle des passages de M. Beddoe qui concernent la façon d’entendre ses termes :
« Trois classes d’yeux, dit-il : clairs, intermédiaires ou neutres et foncés. Dans les premiers se rangent les bleus, gris bleuâtres et gris clairs. Dans les seconds sont les yeux gris foncés, gris bruns, bruns très clairs, marrons clairs ou jaunes, verts foncés ainsi que tous les cas où l’on demeure hésitant entre l’un ou l’autre des extrêmes. Dans les troisièmes se placent les yeux noirs et marrons foncés ou bruns.
« Pour les cheveux, cinq catégories, non compris les gris, blonds, bruns, foncés et noirs. Les roux comprenn ent toutes les nuances qui se rapprochent plus du rouge que du jaune ou du hrun. Les blonds renferment les blonds de lin, les jaunes, les dorés, les tons les plus clairs du brun et quelques châtains dans lesquels le rouge n’est pas évident. Les bruns répondent à peu près à ce que les Français appellent châtain clair. Les foncés comprennent les diverses nuances du brun ou du brun foncé. Les noirs vont de soi. »
(1) J. Beddoe, On the testimony of local phenomena in the west of England to the permanence of anthropological Types, Mém. Soc. ant.hrop. Londres, vol. II, 1855 56, p. 37. — On the phydcal charocteristics of the inhabitants of Bretagne , Mém. Soc. anthr. London, yoI. III, 1867-1869, p. 259. — On the stature ancl bu! h of man in the British Isles , Mém. Soc. anthr. London, vol. III, 1867-1869, p. 384. — On the charade» idics of the Jews. Trans. ethn. Soc., 1861, p, 237. — On the physical chamcters of the natives of some parts oj Italg and of the Auslrian dominion , Trans. ethn. Soc., 1859, p. 111. — Sur la couleur des yeux et des cheveux des Irlandais , Bull. Soc. anth. Paris. 1861, p 562. — De la couleur des yeux et des cheveux d>»ns la France du nova et du centre. Bull. Soc. anthr. Paris. 1882, p. 146. — A contribution to Scottish ethnology. London, 1853.
Topinard. — Anthropologie.