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LA COULEUR. — RÉPARTITION EN EUROPE

de la Russie jusqu’en France, comme pour donner la main à la race celtique d’Auvergne et, plus loin, à la race méditerranéenne.

Je n’ai pas besoin de faire remarquer combien tout cela confond la doctrine des nationalités reposant sur la race. Les bassins et rivières, les montagnes et contours de côtes, voilà ce qui gouverne la distribution des grands courants humains; les hasards de l’histoire, voilà ce qui fait la nationalité. En raisonnant avec les types de coloration, si l’on voulait considérer le type blond comme un attribut allemand, ce qui n’est pas exact, il faudrait à l’instant arracher à la puissance militaire, née sur les bords de la Baltique, entre l’élément finno-slave et l’élément cimbre, et devenue nationalité allemande, l’Alsace-Lorraine, anthropologiquement afférente au territoire français.

Tout à l’heure avecBeddoe, nous constations le grand nombre de blonds qu’on rencontre chez les Juifs et leurs différences du nord au midi. Pour M. Virchow, cette proportion est de 11,2 p. 100 en Prusse, de 10,3 en Bavière, de 13,5 en Alsace, et pour MM. Meyer et Kopernicki, de 14,1 en Galicie: preuve, en ne tenant compte que de ce seul caractère, qu’il n’y a pas d’homogénéité chez les Juifs et qu’ils ne forment pas une race une, c’est-à-dire à proprement parler une race.

Je ne veux pas terminer sur ces statistiques si instructives, sans en extraire un fait qu’elles mettent très bien en évidence. Les croisements en tout sens, comme il s’en produit dans nos sociétés, entre types différents, ont pour effet de dissocier les caractères qui, dans les races idéales que nous nous représentons, sont réunis chez le même individu. Certaines nuances de peau, de cheveux et d’yeux sont dans ce cas ; dans les populations européennes que nous examinons, ces caractères sont disloqués, affolés; les quatorze combinaisons, pour le moins, auxquelles ils donnent lieu, d’après M. Virchow, en sont une preuve. La petite proportion des cas dans lesquels les plus remarquables de ces nuances et de ces tons restent unis le montre aussi de la façon la plus inattendue.

Dans la liste ci-après, dressée avec les statistiques de M. Beddoe, est indiqué le nombre de cas sur cent dans lesquels les cheveux franchement blonds se rencon trent avec des yeux clairs, les cheveux tout à fait noirs avec des yeux foncés. Les Juifs de Prague et les Écossais de Lothian, aux deux extrémités du tableau, y expriment le maximum de pureté, maintenu dans un sens ou dans un autre ; les Juifs, pourtant, ne comptent que 38 p. 100 de leur type brun maintenu et les Écossais que 26 p. 100 de leur type blond.

Le groupe le plus satisfaisant est celui des Maltais : 7 fois sur 100 les deux caractères cardinaux du type blond y sont réunis, et 57 fois les deux du type brun inverse; total, 64 cas p. 100 corrects en sens opposés. Mais, dans les autres groupes, la proportion des associations intactes tombe généralement à 12 ou 15 cas, c’est-à-dire à 80 ou 85 associations détruites ou contradictoires. Cet affolement est la caractéristique des races forte-

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