‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 374 sur 980 · LOIS DE CROISSANCE · texte numérisé non relu

LOIS DE CROISSANCE

femme de 11 ans et demi à 18 ans et demi, presque identique à celle qui représente l’homme de 14 ans et demi à 21 ans; ces deux périodes se correspondent dans le développement de chacun des sexes. »

C’est bien ce qu’indiquent les courbes et tableaux précédents.

M. Pagliani, serrant le sujet de plus près chez les filles, a ébauché un travail très curieux quoiqu’il ne porte que sur 39 cas. Il a noté le taux de l’accroissement annuel par rapport à la fois à l’âge et à la première menstruation. Il en résulte que le maximum de croissance ne se montre pas pendant l’année de la première menstruation, ni dans la suivante, mais plutôt dans celle qui précède, comme si la poussée générale qui dans l’organisme va aboutir à la première menstruation se traduisait auparavant sur le squelette pour produire son accroissement. La menstruation jouerait le rôle d’une détente et la poussée sur les os en seiait amoindrie

Quoi qu’il en soit, il demeure acquis que la femme, aussi bien que l’homme, subit une recrudescence d’accroissement aux approches et au moment de la puberté, mais qu’elle est en avance sur lui. Chez les deux, le mouvement se ralentit plus ou moins brusquement ensuite, et ne semble se continuer bientôt qu’en vertu de la vitesse acquise. Il s éteint si insensiblement en se prolongeant, qu’on serait en droit de se demander s’il y a intérêt à préciser le moment exact où il a cessé tout

à fait.

Mais le terme absolu du développement de la taille est nécessaire à connaître ! il importe, dans la pratique, de savoir si les sujets que 1 on mesure à 20 ou à 25 ans n’ont plus rien à gagner.

Maximum «le taille. — Les statistiques les plus considérables on Lu rope portant sur l’âge de la conscription militaire qui est de 20 à 21 ans, il est utile en effet de savoir si les mesures prises dans ces conditions expriment bien la taille réelle et définitive de la race ; si en mélangeant les résultats obtenus à l’entrée au service avec ceux obtenus à la sortie, les moyennes n’en seront pas faussées; et si ceux qu’on exempte pour défaut de taille ne sont pas sujets à devenir aussi grands, plus ou moins

de temps après, que ceux qu’on accepte.

Le Dr Ghampollion ayant eu l’occasion à Paris, en 1868, de mesurer dans la garde mobile des hommes qui avaient été exemptés par défaut de taille en 1864, 1865 et 1866, constata que sur 100 hommes, 71 de la classe de 1864 avaient atteint la taille requise, 55 de la classe de 1865, et 45 de celle de 1866. Le Dr Dunant, en 1867, a trouvé entre les soldats du canton de Genève, à leur entrée au service à 20 ans et à leur sortie de 26 à 35 ans, une différence de 14 millimètres. Le Dr Roberts, sur 287 soldats entrés à l’hôpital Saint-Martin, a trouvé en 1863 un excès de 23 millimètres sur la taille inscrite dans leur livret !

Mais de tous les documents, les premiers à consulter, le chef-d œu\re en ce genre, ce sont les statistiques américaines recueillies pendant la guerre

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