‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 379 sur 980 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

parler et que plusieurs auteurs ont proposée suffirait donc à l’obtenir.

L’espèce de tige à segments et articulations multiples à laquelle est comparable le squelette sur le vivant n’est pas entièrement formée d'os. 11 y a en outre, d’abord les cartilages d’encroûtement des surfaces articulaires qui non seulement peuvent augmenter d’épaisseur, mais aussi s’ossifier un peu dans une mesure quelconque par leur partie adhérente. Il y a surtout les disques fibro-cartilagineux intervertébraux, au nombre de 23, de la base du sacrum à l’occipital, qui peuvent se comporter de même. La longueur de la colonne vertébrale était de 38 centimètres sur un sujet que j’ai mesuré à l’état frais, les disques entraient dans cette longueur pour 13 centimètres, c’est-à-dire pour un tiers environ. Il n’y aurait rien d’étonnant à ce que, de 26 à 36 ans, ceux-ci augmentassent d’un centimètre ou deux.

En admettant donc que le terme définitif du développement de la taille dans les races blanches soit à 33 ans, la physiologie ne nous laisserait pas au dépourvu pour l’expliquer. Ou le terme de la soudure définitive de la dernière épiphyse du squelette contribuant à la taille, dans les races d’Europe, doit être reculé ; ou l’accroissement interstitiel peut encore allonger l’os ; ou les cartilages articulaires et les fibro-cartilages intervertébraux permettent encore l’accroissement.

L’insistance que nous mettons à jeter quelque jour sur cette question du développement du squelette et de son terme final se comprend. Il s’agit de savoir jusqu’à quelle époque les circonstances pouvant modifier la taille définitive auront quelque influence. Cette action a d’autant plus de chances d’être efficace qu’elle s’exercera à une époque où le rythme de la croissance sera plus accéléré, par exemple dans les premières années de l’enfance, puis à l’époque de la puberté. Mais, tant que le développement du squelette n’est pas entièrement achevé, une excitation peut réveiller la croissance et lui imprimer une nouvelle impulsion. Lorsqu’on s’enquiert si la marche, la profession, l’alimentation, l’étatde santé changent la taille chez les individus, et par contre peuvent transformer le caractère de la race, on devra ainsi tenir compte du terme extrême au delà duquel il n’y a plus de changement admissible. La taille peut, d’autre part, davantage que le poids que l’on fait servir aussi aux mêmes recherches, être considérée comme le critérium de la nutrition et de ses effets soutenus et accumulés chez les individus. Discuter tout ce qui concerne son évolution, c’est donc se préparer à comprendre aussi celle d’autres organes moins directement accessibles aux investigations. Les influences extérieures des milieux sont mises en évidence par la physiologie de la peau. Les influences intérieures, ou du moins agissant indirectement par l’intérieur, sauf une qui viendra dans le chapitre suivant, se placent naturellement avec la physiologie de la taille.

En résumé, dans les recherches sur la taille de l’homme adulte, il faut en toute circonstance écarter les sujets au-dessous de 20 à 21 ans, et, si

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