POIDS DE L’ENGÉPIIALE. — LOBES CÉRÉBRAUX
On se demande comment il faut envisager les variations de développement du cervelet dans les races. Est-ce un caractère indifférent, c’est-àdire non soumis dans les branches du genre humain à une gradation rationnelle, ou bien, ainsi que le dit M. Hervé dans son excellente Revue critique de 1882, sur le poids de l’encéphale, dans la Revue d' Anthropologie, le grand développement est-il un caractère d’infériorité ? Si l’on consulte la physiologie et l’anatomie comparée, la réponse n’est pas douteuse ; mais faut-il à ce dernier point de vue étendre au contenu d’un groupe ce qui est vrai dans une série de groupes par comparaison? Le fait de la prépondérance relative du cervelet à l’époque ultime de la vie où la caractéristique humaine qui réside dans les hémisphères est amoindrie, a sa valeur. Mais alors la femme qui a plus de cervelet est donc désavantagée sous ce rapport. L'étude des proportions relatives des lobes cérébraux va montrer qu’elle a de ce côté une compensation pendant la meilleure partie de son existence.
Poids des lobes cérébraux. — Les auteurs se sont peu livrés à la pesée de chacun des lobes du cerveau pris à part. Huskhe, sur 15 cerveaux d’hommes et 15 de femmes, a pesé les régions correspondant aux divisions extérieures du crâne et non les lobes. Bischoff, sur 6 sujets, a pratiqué des sections correctes passant par les séparations exactes de ces lobes. Broca a agi de même, mais sur environ 358 hommes et femmes.
L’écueil de ce genre d’opération est dans les points de repère à adopter et dans la façon dont le couteau est manié aussitôt après ; la moindre variation de procédé engendre des différences de poids qui ont de l’importance ; aussi ne peut-on comparer en aucune façon les résultats obtenus par des opérateurs différents. Ce que nous pouvons garantir, c’est le soin et l’esprit de méthode que Broca apportait à ce travail, par conséquent l’unité qui existe dans ses pesées et qui les rend parfaitement comparables. Si l’on ajoute que le nombre de ses sujets est suffisant, on en conclura qu’on doit tenir pour très valables les résultats ci-après. Broca, une fois l’hémisphère détaché et posé à plat par sa face interne sur une table, plaçait le tranchant du couteau sur le trajet exact de la scissure de Rolando et le laissait tomber perpendiculairement sur la table, en détachant ainsi le lobe frontal. Puis, suivant la scissure perpendiculaire externe et la scissure perpendiculaire interne, il détachait de même le lobe occipital. Il n’allait pas au delà. Il obtenait ainsi un lobe frontal, un lobe occipital et le reste, un lobe temporo-pariétal. Préalablement il avait enlevé les membranes de l’hémisphère qu il avait laissées au contraire pour la pesée générale de l’encéphale. Voici ses résultats d’ensemble de 16 à 91 ans :
Poids absolu des lobes de 16 à 91 ans.
LOBES
Nombre.
242 Hommes.......
116 Femmes ...
Frontal. Occipital. Temporo-pariétal.