CAPACITÉ CRANIENNE DES ASSASSINS
ainsi qu’il a été dit pour le cerveau et ainsi que l’a soutenu le premier M. Bordier, que les assassins se partagent en deux groupes, ceux poussés par une exubérance cérébrale et ceux qui s’abandonnent par faiblesse d’esprit. D’après les statistiques de M. Manouvrier, les premiers seraient les plus nombreux.
Ces résultats sur les hommes supérieurs par leur intelligence et sur ceux qu’un cerveau mal équilibré jette hors des voies admises par la civilisation moderne, montrent le parti que l’anthropologie peut tirer de la capacité crânienne. Qu’au lieu de jeter les crânes pêle-mêle aux catacombes, on permette à un homme consciencieux de surveiller le relèvement des tombes de 5 et 10 ans dans nos cimetières, d’étiqueter chaque crâne, de les partager par catégories suivant la profession, je n’ai aucun doute que la science ne recueille de ce cubage des indications précieuses, supérieures à celles que donnent la mensuration extérieure du crâne et la mensuration du vivant, et égales à celles que fournit le poids du cerveau. On saurait alors ce que le temps, une éducation et une hygiène bien dirigées permettent d’espérer de la capacité crânienne et cérébrale.
Conclusions. — Mais ces résultats ne s’obtiendront qu’à l’aide d’une méthode de cubage exacte, adoptée dans son entier par tous. Lorsqu’on agit sur des masses de 100 hommes ou de 100 femmes, on peut négliger o centimètres cubes, mais 10 et 20 centimètres cubes ont une valeur et résolvent les questions les plus importantes. Il faut donc que les résultats obtenus d’un bout à l’autre de l’Europe soient constants à 5 ou 10 centimètres près. Cette constance peut s’obtenir. Si l’on ne veut pas adopter la méthode de Broca telle qu’il l’a formulée, ou légèrement modifiée dans le sens que j’admets, qu’au moins on se pénètre des lois de la physique dont elle est la stricte application. Dans l’état d’anarchie où se trouve la science sur l’opération du jaugeage et du cubage, les divergences entre observateurs s’élèvent à 50, 100 et même 150 centimètres cubes ; chacun est isolé dans ses méthodes ou sa ligne de conduite; les richesses d’un musée ne profitent pas à ceux qui ne peuvent venir directement les étudier eux-mêmes. Le désarroi, le découragement est tel de la part de certains anthropologistes qu’ils ne songent à rien moins qu’à abandonner l’étude de la capacité crânienne comme illusoire et impossible. C’est un devoir de lutter contre cette tendance. Ce serait une honte pour le dix-neuvième siècle de renoncer à l’étude d’un caractère de premier ordre. Assurément ce caractère est d’ordre zoologique, c’est-à-dire que le volume du cerveau et de la cavité qui le renferme distingue le genre humain dans son entier des autres genres zoologiques. Comme tel il varie dans des limites étroites, moindres qu’on ne le voudrait pour la facilité de l’étude. Mais ces variations sont assez grandes encore pour ne pas être négligées. Le volume delà capacité crânienne, quoique caractère zoologique, est un caractère anthropologique, il diffère de certaines races à cerlains autres de 300 cent, cubes et davantage; il diffère suivant les