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CHAPITRE XIX

Craniométrie cérébrale : Mesures générales ; trois circonférences, trois diamètres, conduisant à un aperçu du volume extérieur. — Module de Schmidt. — Indices verticaux. — Mesures partielles : longitudinales et transversales ; rayons et angles.

Céphalométrie cérébrale : Circonférences, diamètres, etc., sur le vivant.

En craniométrie, comme dans toute science s’appuyant sur des recherches matérielles précises, il faut se rendre compte du but général que l’on veut atteindre, des idées qui vous guident et, dans le cas particulier, du motif de sa préférence pour telle ou telle mesure. A l’origine on a pu tâtonner; ce temps est passé, il faut se rendre compte exactement de ce qu’on veut.

Le but général de la craniométrie, c’est de venir en aide à la craniologie en exprimant par des chiffres les différences que présentent les crânes humains entre eux et avec les animaux, de la naissance à la maturité, et ensuite dans les races et dans les conditions multiples où se rencontrent les individus. Les idées autour desquelles se groupent ces diffé- • rences ou caractères d’âge, de sexe, de race, etc., ont été résumées i chapitre IX. La première est l’idée physiologique de concordance de l’or- J gane extérieur avec l’organe intérieur et la fonction qu’il remplit. Elle ) repose sur le principe de l’adaptation des formes à leur but, sans admettre ) entre elles, et celles qui profondément les gouvernent, une correspon- • dance forcée, rigoureuse. Aucun organe n’obéit à une seule influence; en outre de sa vie subordonnée, chacun a sa vie propre.

Le crâne par rapport à l’encéphale en est un exemple. Si sa lame ex- ï terne appartient presque exclusivement à l’encéphale, sa lame externe i répond à d’autres fonctions, relève du squelette et se met par conséquent i: en concordance comme lui avec les muscles qui s’insèrent sur elle. Lorsque f les os des membres sont gros et munis de fortes aspérités, la surface du ji crâne a généralement aussi de fortes empreintes et s’épaissit ; si les os u longs sont massifs et pesants, la lame externe du crâne et ses dépen- n dances sont, toutes choses égales, dans le même cas.

CRANIOMÉTRIE. — CRANE CÉRÉBRAL. 67$

Entre les mesures craniométriques internes intéressant la cavité et celles de 1 encéphale, on constate donc une correspondance ; mais non entre les mesures extérieures et les mesures intérieures. Le raisonnement physiologique s’accorde avec nos conclusions du dernier chapitre. Cependant les divergences ne sont pas telles qu’on doive renoncer aux mesuresextérieures; les mesures en seront quittes pour exprimer la double influence s exerçant sur le dedans comme sur le dehors du crâne. Un homme intelligent aura une grosse tête, parce que son encéphale travaillant plus est plus gros ; un homme ou un squelette puissant, aux muscles vigoureux, aura une plus forte tête parce que la lame externe de son crâne s’est épaissie. Les deux actions pourront s’ajouter ou se contrarier, mais la première étant incomparablement la plus grande, les mesures extérieures la refléteront par excellence. Non seulement la craniométrie peut, sous ces réserves, compter sur les mesures générales ayant trait à la totalité de la boîte cérébrale, mais elle peut se ûer dans une certaine limite aux mesures partielles répondant aux divers compartiments de cette boîte.

Une autre remarque, avant de commencer. L’objectif que nous poursuivons principalement en ce moment, après l’étude de l’encéphale et de la capacité crânienne, ce sont les mesures en rapport avec les deux, laissant espérer qu elles se suppléeront. C’est donc de l’ovoïde crânien qu’il sera question. Une position quelconque en rapport avec celle que la tête occupe sur le vivant nous est indifférente. Plus tard, à l’occasion de ce que nous appelons l’idée esthétique, la façon particulière de mesurer le crâne dans cette position se présentera. Peu nous importent aussi par conséquent les rapports du crâne à la face : la boîte cérébrale est toute notre visée.

Dans cette partie nous irons vite et viserons plus à énumérer les meilleures mesures crâniennes proposées, à donner leurs points de repère exacts et à fournir aux travailleurs des listes de résultats devant leur servir de jalons, qu’à faire l’histoire du caractère auquel elles répondent et à en discuter les applications. Ce sont les données générales de la crâniométrie que nous voulons mettre en relief.

Je rappelle que la liste des mots techniques qui viendront sous notre plume, concernant soit les formes crâniennes, soit les points crâniométriques, se trouvent pages 251 et 252 auxquelles le lecteur voudra bien recourir ainsi qu’aux figures qui les avoisinent numéros 12,13, 14 et 15.

Lorsque sur un crâne entier on a successivement enlevé tous les os de la face, la mâchoire inlérieure, les deux maxillaires supérieurs, les os palatins et malaires et les apophyses ptérygoïdes du sphénoïde, il reste une sorte d œuf à grosse extrémité postérieure et à petite extrémité antérieure auquel il ne manque qu’un segment à sa partie antéro-inférieure. Là est un plan oblique qui est la surface de rencontre de la face avec le crâne cérébral. Tel est le corps dont il faut connaître les dimensions générales d’abord.

Topinard. — Anthropologie. 43

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