CHAPITRE XIX
brachycéphale du crâne, car il allait de soi qu’un crâne allongé dans son entier ne peut avoir un front et un occiput aussi larges qu’un crâne arrondi. L’esprit était donc obligé à un effort, et ne voyait pas nettement la conclusion définitive à tirer. Ici, rien de pareil. Les chiffres se présentent avec la même simplicité que s’ils étaient des chiffres absolus; ce sont des centièmes de la même longueur totale. Il n’y a qu’à lire.
Voyons le diamètre supérieur du frontal d’abord. Il se présente avec une netteté sans égale. Les Européens contemporains sont tous compris entre 71 et 65 ; les races jaunes de 60 à 63, en laissant de côté les Esquimaux, ici encore à part ; les Parias de l’Inde, que bien des caractères tendent à rapprocher des races dravidiennes, sont dans le même groupe des races jaunes. Les Nubiens d’Eléphantine qui sont des nègres spéciaux étant mis à part, tous les autres, ainsi que les Australiens, vont de 57 à 56. Enfin les races sauvages de la pierre polie sont basses dans l’échelle, et la race conquérante des dolmens (de Baye) un peu plus élevée.
C’est là le type de la gradation des races dites supérieures aux races inférieures, comme dans le prognathisme et autres caractères que nous verrons plus tard et que nous qualifierons de sériaires ou de hiérarchiques.
La troisième colonne ayant trait au développement de la région occipitale satisfait moins. D’une manière générale, ce sont les races supérieures qui ont la plus grande largeur, et les races inférieures la plus petite. On pourrait croire que c’est une conséquence de la forme générale de la tête. Pas tout à fait. L’indice céphalique des Slaves et des Javanais estlemême sensiblement, 81.8 et 81.4 (2e colonne), et cependant les premiers plus élevés comme race, ont plus de largeur occipito-cérébelleuse. Les Basques ont, à la décimale près, le même indice céphalique que les Tasmaniens, etcependant ils ont plus de largeur occipitale. Les Parisiens du sexe masculin n’ont que 2 unités d’indice céphalique de plus que les Parisiennes, et cependant celles-ci ont 8 unités de plus à l’occipital.
Les diamètres transverses que je rattache aux côtés du crâne, sont :
Le diamètre ptérique, dans lequel on place les pointes du compas sur le milieu de la suture sphéno-pariétale et, si elle est remplacée par une suture fronto-temporale, sur le milieu de celle-ci. Il acquiert une grande importance depuis qu’en Allemagne on se préoccupe de la sténocrotaphie, c’està-dire du rétrécissement du crâne à ce niveau, par suite de l’enfoncement de toute la région, quelle qu’en soit la cause, cérébrale ou crânienne.
Le diamètre biauricu taire, c’est-à-dire du centre d’un trou auditif à l’autre. C’est un diamètre purement platonique, car les moyens manquent pour en fixer le centre. En admettant que ce soit avec un bouchon quelconque, celui-ci pénètre presqu’à volonté. La direction et la forme du conduit auditif, sont d’autre part si variables, que la fiche ou le bouchon affecte une direction capricieuse. Le trou auriculaire n’est bon que pour servir d’axe dans les conditions que nous allons dire.