CHAPITRE XXIV
les Européennes sont l'attribut, prétend-on, des tempéraments ardents. Chez les nègres on distinguera, disent encore les Instructions, les cas où le développement des lèvres porte sur la supérieure ou l’inférieure seule, ou sur les deux à la fois. Mais ce ne sont là que des approximations livrées à l’appréciation individuelle. Je propose donc le moyen suivant de mensuration que j’ai essayé sur le blanc et un peu sur le nègre, entre autres sur des bustes auxquels il s’adapte mal, et dont je laisse l’appréciation aux voyageurs eux-mêmes après expérimentation.
Deschamps en 1857 etGranet de Barbézieux en 1866 l’ont recommandé
Fig. 170. — Nègre bosliiman (Hirt’s Geogr. Suppl.).
pour le crâne afin de déterminer la saillie relative des divers points médiansdela face etenparticulier de ceux qui concernent le prognathisme. C’est une répétition des rayons basilo-faciaux dont nous avons parlé, notamment des deux que M. Flower emploie pour la mesure du prognathisme et des rayons mentonnier et dentaire dont la comparaison s’est montrée infructueuse pour nous ; avec cette différence capitale toutefois que lebasion est remplacé par l’inion, c’est-à-dire transporté à la nuque (fig. 171). L’obliquité des lignes les unes sur les autres en est ainsi diminuée et leurs différences de longueur se font mieux sentir. Si en effet on pouvait reculer davantage encore ce point postérieur, l’obliquité deviendrait presque nulle, les lignes seraient sensiblement parallèles, leurs différences ne seraient autres que leurs projections l’une sur l’autre, c’est-à-dire ce que l’on cherche exactement. Les rayons iniaques sont donc un progrès à ce point de vue sur les rayons basilaires.
Sur le crâne, nous avons jugé inutile de parler du système de Deschamps et Granet, bien qu’il ait un avantage sur celui de Flower et puisse s’adapter au prognathisme alvéolo-sous-nasal. Mais sur le vivant, où l’on