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CHAPITRE XXVIII

DE LA TÊTE SUR LE VIVANT

Visage : ses limites et contours. — Méthode habituelle de mensuration. — Méthode des projections : proportions verticales de la tête vue de face ; sa division en trois et en quatre parties; ses proportions transversales. — Pommettes, bouche, ouvertures palpébrales, œil chinois, intervalle oculaire, oreilles, etc.

L’observateur anthropologiste, voyageur ou artiste qui regarde un indigène venant à lui la tête droite', le visage découvert, ne songe nullement à la distinction anatomique qui a présidé jusqu’ici à nos descriptions et à nos mensurations. 11 ne sépare pas ce qui est au-dessus de ce qui est au-dessous des arcades sourcilières, la face supérieure de la face inférieure. Il voit le visage encadré en haut par les cheveux, sur les côtés et en bas par la barbe. Lorsque les cheveux se raréfient au sommet du front, il recule en proportion les limites du front. Dans les races qui manquent de barbe, il étend le visage jusqu’aux oreilles et aux angles des mâchoires. En un mot, sur le vivant, tout le devant de la tête, du vertex au menton, contribue à l’effet général. Le premier auteur qui ait méthodiquement tenu compte du visage dans la distinction des types, W. Edwards, ne se servait que du mot de tête ; il parlait de têtes longues, courtes, aplaties, carrées comme synonyme de visages longs, courts, etc.

Au front la peau qui recouvre les surfaces arrondies sous-jacentes se moule assez bien sur le crâne ; mais à la face les cartilages çà et là, les muscles, la peau plus ou moins épaisse, forment des replis et organes surajoutés, qui dissimulent certains des reliefs et dépressions et en- .gendrent des saillies sans rapport avec les os qu’elles recouvrent. Aux

DE LÀ TÊTE SUR LE VIVANT

yeux dits obliques ne répondent pas des ouvertures orbitaires obliques; les indices nasal du vivant et nasal du squelette sont parfois contradictoires, comme chez les Esquimaux; le prognathisme des lèvres est sans relation avec le prognathisme des maxillaires et même de leur partie alvéolaire; le menton rond ou quadrangulaire ne correspond à rien d’analogue sur le crâne; les pommettes peuvent être hautes et saillantes sur le vivant, sans que les os malaires en trahissent la moindre des choses et réciproquement presque.

Cependant, quoiqu’un esprit tout différent dirige l’observation sur le vivant et les recherches sur le crâne, en ce qui concerne la face plus que toute autre partie du corps, il y a avantage à ne pas perdre de vue les

Fig. 196. — Nègre d’Afrique (Tylor’s Anthrop).

formes anatomiques profondes et à distinguer par exemple les ovales ou contours antérieur et postérieur dont j’ai parlé.

C’est du premier, ai-je dit, que dépendent le plus sur le crâne comme sur le vivant les configurations que l’on désigne couramment par les expressions de face longue, courte, saillante, aplatie, en losange, tonde, carrée, ou de traits vigoureusement découpés, empâtés, etc. ; et cependant c’est lui qui se dérobe le plus aux mensurations.

Les deux contours sont communs à leur partie supérieure, où ils commencent au sommet de l’angle saillant que forment les cheveux sur la ligne médiane et des angles rentrants qui pénètrent de chaque côté dans le cuir chevelu. Mais ils s’écartent aussitôt, le contour postérieur se portant en bas et en arrière dans la région temporale, en longeant a peu près la suture coronale au-dessous du ptérion; le contour antérieur descendant

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