ŒIL MONGOL
aussi bridé que sur aucun des Kalmoucks du Jardin d’Acclimatation (1).
L’état congénital particulier que les chirurgiens désignent du nom d’cpicanthus (de Itu sur et xavôoç coin), et décrivent comme existant des deux côtés, disparaissant par le pincement de la peau avec les doigts dans l’intervalle des deux yeux, et parfois assez gênant pour qu’on songe à une petite opération, n'est autre que la bride mongole. Il présente les trois mêmes degrés que nous admettons : l’un maximum, dans lequel la caroncule est cachée en totalité et la bride atteint les points lacrymaux en les laissant visibles (n° 3), l’autre dans lequel la moitié environ de la caroncule est cachée (n° 2), le premier dans lequel la bride n’est que rudimentaire ou indiquée (n° 1).
Au procédé anthropométrique de M. Mondières propre à mesurer l’angle de l’obliquité de l’ouverture palpébrale, on doit ajouter la mensuration de la longueur de l’ouverture palpébrale, soit directement de l’angle interne, ou bord de l’échancrure rempli par la caroncule, ou bord de la bride de l’œil mongol, à l’angle externe ; soit indirectement en prenant les diamètres biangulaire interne et biangulaire externe, déduisant le premier du second et divisant par deux. Le second procédé est infiniment préférable. Voici quelques moyennes.
42 Parisiens H .
10 Belges (Quételet) H 10 — — F
22 Chinois (Novara) H. .
8 Javanais — . 32.2
10 Nicobars — . 33.8
3 Néo-Zélandais (Novara) . 32.5
12 Néo-Calédoniens (Bourgarel) - 31.0
8 Australiens (divers) . 33.4
14 Nègres d’Afrique (buste) . 33.8
3 Négresses — — . 35
2 Néo-Hébridiens — . 29
4 Chinois, etc. — . 30
2 Fidjiens — 35.5
3 Kalmouks H. (Deniker) . 34.8
Longueur de l'ouverture palpébrale. — Mesures absolues.
A ce propos je dirai que les voyageurs m’ont paru avoir confondu souvent la largeur biangulaire externe de l’œil avec la largeur bi-orbitaire externe, ce qui m’a fait rejeter un grand nombre de moyennes que j’ai sous les yeux.
Le complément de la connaissance de la longueur de l’ouverture palpébrale est celle de la largeur de l’intervalle oculaire, ou d’une caroncule à l’autre. Tout à l’heure nous mettrons les deux en présence. Voici à part la seconde mesure, facile à prendre sur le vivant avec le compas glissière, si l’on a soin de se servir de la grosse extrémité des branches et de maintenir les extrémités pointues abaissées, une de chaque côté du nez; autrement le sujet se dérobe à la mesure.
(1) Fusier, Bull. Soc. anthr ., vol. I, 1861, p. 586. — J. Deniker. Etude sur les Kalmoucks , Revue d’anthr., 1883, p. 697. — F. Metchnikoff, Beschaffenheit der augenlider bei den Mongolen. Zeit. f. cthn. 1874. — Remy, Des Japonais, Bull. Soc. anthr. de Paris, 1883, p. 909.