PROPORTIONS INTRINSÈQUES DU MEMBRE SUPÉRIEUR
Il en résulte que les anthropoïdes ont à la fois l’humérus et le radius plus longs que l’homme; que les négresses Boshimanes, les plus simiens dans les trois groupes humains, ont les deux os, mais surtout l’humérus, plus longs que l'Européen et même que les nègres ordinaires ; et enfin que ceux-ci ont l’humérus semblable à celui de l’Européen, et le radius un peu plus long.
Puis, pour les membres inférieurs, que le fémur aussi bien que le tibia est plus court chez les anthropoïdes que chez les hommes, quelle que soit leur nature nègre ou européenne; que le fémur et le tibia sont tous deux plus longs chez les Boshimans par rapport à l’Européen; mais le tibia davantage à l’inverse de tout à l’heure chez les mêmes où c’était l’humérus; que le fémur est imperceptiblement diminué et le tibia augmenté dans le nègre ordinaire par rapport à l’Européen. Cette analyse montre déjà que le problème des proportions est complexe, puisque les allongements et raccourcissements peuvent se produire par des mécanismes divers.
Broca, dans son mémoire de 1867, concluait encore que l’humérus comparé soit au fémur, soit au total du fémur et du tibia, soit au radius, était moins long chez le nègre que chez l’Européen, et que par là il se plaçait au-dessus de celui-ci, tandis que par son radius il se place audessous et se rapproche des singes. C’est conforme à ce qu’indiquent les rapports de Humphry et d’accord avec notre proposition que les causes des variations des proportions dans les races sont multiples et peuvent se contrarier.
Suivent à la page 1040 ci-après nos extraits du même travail inédit. Je mets en garde le lecteur qui voudrait comparer directement mes chiffres avec ceux de Broca et de Humphry. Je prends le maximum des os ; Broca, quoique faisant usage du procédé, en employait d’autres; M. Humphry n’a pu me préciser le procédé qu’il a employé, il y a longtemps déjà.
De la colonne des hommes on déduira que les Européens ont l’humérus le plus long, c’est-à-dire le plus simien, et les Chinois le plus court, tandis que le radius le plus long ou le plus simien se rencontre chez le nègre d’Afrique et le plus court chez le Samoyède, puis chez l’Européen et l’Esquimau. Ces rapprochements montrent de suite qu’il n’y a pas de hiérarchie à établir sous le rapport des deux segments du membre à la fois, qu’il faut prendre un seul os et qu’alors même l’échelle n’est pas parallèle à celle qu’on établirait avec l’autre os. Ils montrent aussi que dans le sein des races jaunes les proportions intrinsèques des membres ne sont pas les mêmes. Nous le répétons, les caractères à en tirer, zoologiques de l’homme à l’animal, deviennent empiriques ou indifférents dans le sein du genre humain.
Embrassant le plus grand nombre des groupes, la seule règle générale dans un embranchement quelconque est l’allongement du radius dans