PROPORTION DE LA TÊTE
péennes ; les sujets de haute taille ont le tronc plus long. Le tronc triple de la naissance à l’âge adulte. Il croît jusqu’à 25 ou 30 ans, mais à partir de 15 ans d’une quantité moindre que la taille (voir page 1030).
Bien que nous dénoncions des différences assez sensibles suivant les races, les sexes et les tailles dans ses dimensions relatives, le tronc est l’une des proportions les plus fixes du corps; ce qui permet d’espérer qu’un jour on pourra le prendre pour terme de comparaison de toutes les mesures du corps à la place de la taille.
Tête. — A tout seigneur tout honneur : le rapport de la hauteur de la tête à la taille doit suivre celui du tronc.
Il a été dit page 988 comment on doit s’y prendre pour mesurer cette hauteur ou projection verticale. Toute autre méthode est défectueuse. Le procédé de la double équerre, tel qu’il était employé jusqu’ici, est le plus imparfait. Quelquefois, le sujet se tenant correctement debout, la tête droite, celle-ci touche naturellement la muraille ; mais souvent lorsque les épaules sont bombées ou que l’occiput est très aplati dans la brachycéphalie, la tête ne peut atteindre le plan vertical postérieur sans se renverser en arrière et décrire un arc de cercle qui relève la face, fausse l’orientation et modifie la hauteur d’une part du vertex et de l’autre du menton. La hauteur de la tête devient ainsi une oblique penchée par son faîte en arrière. Lorsqu’on se guide sur la ligne réputée horizontale de Camper pour l’orientation, c’est bien pis, elle relève la tête par elle-même et les deux effets s’ajoutent (Voir page 906).
Pour remédier àces défauts très visibles, mais dans lesquels on persiste par routine, on invite le sujet à se prêter à la circonstance ; il imprime alors à son corps un mouvement vicieux en effaçant ses épaules ou les faisant saillir; quelquefois même cela se passe à l’insu de l’opérateur, qui dès lors se loue naïvement de la simplicité de l’opération. Parfois pourtant, le défaut étant trop visible, on intercale un livre entre la muraille et la tête. On aboutit en somme à une attitude forcée, qui n’a rien de constant d’un sujet à l’autre et dont les effets se font sentir déjà sur la taille.
D’autre part dans la position le long du mur le sujet remue, change sa tête de place sans s’en douter, entre deux mesures. L’opérateur lui-même ne s’en aperçoit pas. De là des résultats incroyables obtenus parfois par les voyageurs. Un nouvel exemple s’en est présenté à moi : il s’agissait de la mensuration par un chirurgien, du reste très distingué, de trois séries de 100 individus chacune appartenant à la fois à la même contrée et à la même population. Or la hauteur de la tête rapportée à la taille que j’ai calculée avec ses documents, était de 11.1, de 14.2 et de 16.4 en moyenne dans les trois séries, c’est-à-dire absolument contradictoire et impossible à admettre, comme on le verra tout à l’heure.
Avec l’équerre céphalométrique et l’attitude naturelle, le sujet debout au milieu de la chambre, ne cherchant pas à appuyer sa tête contre aucun