CHAPITRE XXXI
Cette liste soulève encore une série de questions avant d’en tirer les déductions qu elle comporte. Les statistiques américaines, procédant sur un grand nombre de sujets et d’après les mêmes instructions, il y a tous motifs de s y confier et par conséquent d’en conclure que les nègres et les Iroquois ont l’envergure plus grande que les blancs. MM. Bertillon et Collignon ayant obtenu le même chiffre pour les Européens, il y a motif de croire qu’ils ont opéré de même. Mais au delà régnent des discordances qui font songer. Les trois séries de Kabyles, d’Arabes et de Sardes ont l’envergure petite et confirment la pensée qu’ils sont des groupes congénères, l’Arabe, pour moi du moins, étant avec le Berber ou Méditerranéen une bifurcation d’une même souche ; mais d’autres moyennes deBerbers et de nègres que je n’ai pas citées me font croire que les envergures de M. Gillebert d’Hercourt sont trop faibles. Ainsi M. Mondières, dont je n’ai pas non plus cité les moyennes en Indo- Chine, a piis cette mesure à deux époques différentes, séparées par une visite à notre laboratoire. Les dernières ne portant que sur des femmes et que pour cette raison seulement je n’ai pas reproduites, et que je crois bonnes, sont tout autres que les premières que par là je juge défectueuses. Si d autre part je considère les séries de Dorpat (Juifs, Lithuaniens, Esthoniens et Livoniens) je m’étonne des différences excessives, alors que dans nos races de France par exemple elles ne portent que sur 1 unité pour 100. Je reste donc à me demander si les variations singulières de 99 à 109 en nombres ronds dans les races jaunes sont réelles ou du moins aussi divergentes, ou si elles tiennent à des procédés opératoires dissidents par quelques points.
Si j insiste, c est que les mêmes craintes se reproduisent en présence de toutes les moyennes de mensuration, non des moyennes absolues, qui ne permettent pas de voir clair, mais des moyennes relatives avec lesquelles on ne peut plus s’illusionner. La grande envergure est cependant facile à prendre : il suffit que les deux bras soient étendus bien en croix, sans se relever ni s abaisser et que le sujet soit appuyé contre un mur. Autrement, au ruban la mesure est entièrement faussée.
Quoi qu’il en soit les différences inouïes de proportion des membres supérieurs qui se dégagent du tableau précédent et ressortaient déjà de l’avant-dernier sur la longueur du membre supérieur, de l’acromion au médius, pour les races jaunes, restent à confirmer ou à infirmer. Par la considération des autres proportions du corps je suis disposé à croire ces
difféiences telles; dès lors elles deviendraient de précieux caractères distinctifs de races.
Les variations individuelles de la grande envergure sont très étendues et assez desoi données, à en juger par les séries que j’ai en main. En voici deux exemples, conformes à des conclusions de M. Goldstein, dont nous aurons à dire un mot. Nous regrettons que, pour économiser la place, nous soyons obligé d’en réduire le module.