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CANON EUROPÉEN ÉTALON

Il n’y a pas de doute : la coudée des Américains n'est pas la môme que celle-ci. Et même dans celle-ci je soupçonne des divergences de procédés qui doivent en fausser les résultats comparatifs. C’est cependant l’une des mesures les plus faciles à prendre, à la condition expresse d’opérer d’une certaine façon que je dirai bientôt.

Canon européen étalon. — De cet aperçu des résultats donnés par le vivant, les uns absolument acquis, les autres incertains, la plupart ne différant que par des quantités si faibles que d’une part on craint qu’elles ne soient dues au hasard ou aux procédés opératoires, et de l’autre on n’ose parfois les prendre en considération, bien que prises à la lettre elles acquièrent une haute signification, peut-on déduire quelques ensembles complets et coordonnés des principales proportions du corps dans les quatre ou cinq embranchements de l’humanité? Autrement dit, peut-on dès à présent répondre à la mission qui incombe à l’anthropologie et remplacer le canon unique des ateliers, œuvre inconsciente des temps, par des canons méthodiquement déterminés avec le désir non de rendre le beau, mais de constater le vrai?

La réponse n’est pas douteuse pour les races noires et jaunes sur lesquelles existent à peine des documents, à une ou deux exceptions près; elle ne l’est pas davantage pour les races européennes qui, en dehors des mensurations de Quételet que nous avons résumées page 1062 et qui n’ont pas été conçues avec le nombre et dans l’esprit voulu, n’ont été l’objet d’aucun travail méthodique complet. Partout en effet il y a à objecter dans les quelques essais anthropométriques tentés. Ici c’est la tête qui n’a pas été prise, qui n’a pas été séparée du cou ou qui n’a pas été mesurée par projection avec une orientation prévue ; là c’est la limite supérieure du tronc qui fait défaut; ailleurs ce sont les mesures adoptées sur le bas du tronc qui chevauchent sur celles de la cuisse; ou bien la séparation de l’avant-bras et de la main qu’on a oubliée, la distance verticale de la malléole au sol, etc.

Depuis plusieurs années je demande que quelqu’un veuille bien reviser le travail de Quételet sur l’adulte, en prenant non 10 individus ou 30, mais 100 dans les conditions les plus identiques possible et en opérant avec toute la rigueur voulue. Il faudrait que les sujets eussent même taille sensiblement, soit de lm,64 à Im,66 inclusivement, qu’ils ne fussent ni blonds ni bruns, mais neutres, et soient tous mésaticéphales, en un mot un intermédiaire entre les trois grandes races principales de l’Europe. Un semblable canon servirait d’étalon auquel on rapporterait les variations des moyennes étrangères. J’ai obtenu des uns et des autres des mensurations précieuses qui m’ont édifié chacune sur quelque point, mais rien de complet formant un tout.

Cependant comme il y a urgence à posséder un étalon de comparaison auquel les voyageurs puissent rapporter leurs mensurations, qu’il faut

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