‹ Eléments d'archéologie chrétienne (volume 3)Chapitre 6 sur 71 · ORDRE DORIQUE · texte numérisé non relu

ORDRE DORIQUE

ïtïj:

Corniche.

Frise.

rt W

Ai'cbitravo.

Chapiteau.

trave 2), séparée de \a frise r par un filet q. A la corniclie on remarque la cymaise inférieure s, en forme de talon, le larmier t , et la cymaise supérieure lù, en forme d'écliine.

Ordre dorique. — Chez les Grecs, l'ordre dorique n'avait pas de piédestal ; les colonnes, dépourvues de base, reposaient sur un simple socle. Le piédestal et la base qu'on a donnés plus tard à la colonne dorique sont presque en tout semblables à ceux de l'ordre toscan ; ils n'en diffèrent que par le plus grand nombre de filets dont ils sont ornés.

Le fût de la colonne dorique est décoré quelquefois i de rainures lono-itudinales ^ qu'on nomme cannelures.

Ces cannelures, au nombre de vingt environ par colonne, sont très rapprochées et séparées seulement par une arête vive.

Le chapiteau dorique ressemble au chapiteau toscan; il a quelques moulures de plus que ce dernier. Le gorgerin, l'échiné et le tailloir sont parfois décorés de sculptures.

La frise est ornée de triglyphes è et de métopes c.

Le tric/lyphe est un ornement saillant rectangulaire présentant deux cannelures ou rainures verticales, au milieu de sa face, et deux demi - cannelures sur chaque angle latéral. Ces cannelures portent le nom ài'à glyphes, et, comme elles

Fût.

Base.

Corniche.

Dé.

sont au nombre de trois, l'ornement a reçu le nom de trigJyphe. A chaque triglyphe de la frise correspondent, sur l'architrave, six petits cônes pyramidaux d, appelés ^o«^«f^é'5. On trouve aussi parfois des gouttes sous la partie saillante ou larmier a de la corniche.

L'intervalle carré c qui sépare les triglyphes s'appelle métope ; il est assez souvent couvert de sculptures. Les ornements les plus usités dans l'antiquité pour la décoration des métopes étaient les hiicrânes, qu'on trouve aussi parfois sur les frises des ordres ionique et corinthien. On a donné le nom de bucrâne (du grec .'îo-j,-, bœuf, et xpavto;, crâne) à des têtes de bœuf décharnées. » Dans la frise dorique, ditBachelet {Dictionnaire des lettres, art. Bucrâne), le bucrâne occupe l'espace de la métope, sans autres accessoires que les bandelettes dont on ornait les têtes des victimes. Dans les frises des ordres ionique et corinthien il est accompagné en outre de guirlandes de fleurs ou de fruits. On voit des bucrânes autour des autels, comme à celui de Cora, ainsi qu'aux tombeaux, comme à celui de Cecilia Mételle, surnommé pour cette raison Capo di bove. Il y en a aussi dans les frises du temple de la Fortune Virile, à Rome. •<

Mutules et denticides. Les mutules sont des ornements

propres à l'ordre dorique. On appelle mutule un modillon ou pièce saillante quadrangulaire qui sert de couronnement aux trif/li/phes. — Les denticules , que l'on voit dans les ordres dorique, ionique , corinthien et composite, sont de petites pièces quadrangulaires qui ornent la partie inférieure de la corniche. Elles ressemblent à des dés, ayant en hauteur le

double de leur largeur, et en épaisseur leur largeur.

Base atticiue. Avant de passer à la description des or-

dres suivants, il est néces-

Base attique.

Mutule.

Denticules.

saire de dire un mot de la base appelée ctttique. Cette base peut s'adapter à tous les ordres; elle est d'un usage très fréquent dans nos contrées; l'on n'en rencontre guère d'autre. Elle se compose d'une plinthe a, et de deux tores h réunis par une scotie c.

Ordre ionique. — L'ordre ionique est plus gracieux que les deux ordres précédents. Notre gravure montre clairement les moulures et les ornements qui entrent dans sa composition.

Dans l'ordre ionique, et aussi dans les ordres corinthien

et composite, les cannelures du fût diffèrent de celles de la colonne dorique. En effet, plus profondes et moins rapprochées que dans ce dernier ordre, elles sont séparées non par de simples arêtes, mais bien par un filet ou listel; ensuite, la concavité de leurs cannelures est quelquefois remplie toute entière par une moulure convexe , en forme de baguette, appelée hâto7i ou rudenture. Les colonnes ornées de cette manière s'appellent colonnes rudentées.

Les deux faces principales du chapiteau ionique sont composées d'une échine , de volutes en spirale c, et d'un tailloir (fio-. 1). L'échiné est ordinairement découpée en oves, ou petits ornements ovales, ainsi nommés parce qu'ils ont la forme d'un œuf. Les faces latérales ont l'aspect de rouleaux sur lesquels sont souvent sculptés des feuillages. La fig. 3 qui présente le plan du chapiteau ionique, donne une idée exacte de ces enroulements. Le chapiteau dont nous venons de parler est le chapiteau ionique ancien. 11 y a aussi le chapiteau ionique moderne. Le premier n'a que deux faces sem-

blables, tandis que dans le second toutes les quatre faces ont la même forme. Dans l'ancien, les volutes se trouvent dans un même plan; dans le moderne, elles dévient de cette position pour se rapprocher. Nous donnons ci-dessous le cha-

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