‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 4)Chapitre 5 sur 49 · ORDRE DORIQUE · texte numérisé non relu

ORDRE DORIQUE

trave p, séparée de \a frise r par un filet q. A la corniche on remarque la cymaise inférieure s y en forme de talon, le larmier t, et la cymaise supérieure u, en forme d'échiné.

Ordre dorique. — Chez les Grecs, Tordre dorique n'avait pas de piédestal ; les colonnes, dépourvues de base, reposaient sur un simple socle. Le piédestal et la base qu'on a donnés plus tard à la colonne dorique sont presque en tout semblables è ceux de Tordre toscan ; ils n'en diffèrent que par le plus grand nombre de filets dont ils sont ornés.

Le fût de la colonne dorique est décoré quelquefois de rainures longitudinales qu'on nomme camielures.

Ces cannelures, au nombre de vingt environ par colonne, sont très rapprochées et séparées seulement par une arête vive.

Le chapiteau dorique ressemble au chapiteau toscan; il a quelques moulures de plus que ce dernier. Le gorgerin, Téchine et le tailloir sont parfois décorésde sculptures.

La frise est ornée de trigly plies b et de métopes c.

Le triglyphe est un ornement saillant rectangulaire présentant deux cannelures ou rainures verticales, au milieu de sa face, et deux demi - cannelures sur chaque angle latéral. Ces cannelures portent le nona de glyphe%y et, comme elles

sont au nombre de trois, l'ornement a reçu le nom de trifflyphe. A chaque triglyphe de la frise correspondent, sur Tarchitrave, six petits cônes pyramidaux d, appelés gouttes. On trouve aussi parfois des gouttes sous la partie saillante ou larmier a de la corniche.

L'intervalle carré c qui sépare les triglyphes s'appelle métope; il est assez souvent couvert de sculptures. Les ornements les plus usités dans l'antiquité pour la décoration des métopes étaient les bucrânes, qu'on trouve aussi parfois sur les frises des ordres ionique et corinthien. On a donné le nom de bucrâne (du grec ?ov;, bœuf, et xpavto;, crâne) à des têtes de bœuf décharnées. « Dans la frise dorique, dit Bachelet {Dictionnaire des lettres, art. Bucrâne), le bucrâne occupe l'espace de la métope, sans autres accessoires que les bandelettes dont on ornait les têtes des victimes. Dans les frises des ordres ionique et corinthien il est accompagné en outre de guirlandes de fleurs ou de fruits. On voit des bucrânes autour des autels, comme à celui de Cora, ainsi qu'aux tombeaux, comme à celui de Cecilia Mételle, surnommé pour cette raison Capo di bove. Il y en a aussi dans les frises du temple de la Fortune Virile, à Rome. "

Mutules et denticules. Les mutules sont des ornements

propres à Tordre dorique. On appelle mutule un modillon ou pièce saillante quadrangulaire qui sert de couronnement aux triglyphes, — Les denticules, que l'on voit dans les ordres dorique, ionique , corinthien et composite, sont de petites pièces quadrangulaires qui ornent la partie inférieure de la corniche. Elles ressemblent à des dés, ayant en hauteur le

double de leur largeur, et en épaisseur leur largeur.

Base attique. Avant de passer à la description des or-

dres suivants, il est néces-

Base aitique.

Motale.

Denticules.

saire de dire un mot de la base appelée attique. Cette base peut s'adapter à tous les ordres ; elle est d'un usage très fréquent dans nos contrées; Ton n'en rencontre guère d'autre. Elle se compose d'une plinthe a, et de deux tores b réunis par une scotie c.

Ordre ionique. — L'ordre ionique est plus gracieux que les deux ordres précédents. Notre gravure montre clairement les moulures et les ornements qui entrent dans sa composition.

Dans l'ordre ionique, et aussi dans les ordres corinthien

et composite, les cannelures du fût diffèrent de celles de la colonne dorique. En effet, plus profondes et moins rapprochées que dans ce dernier ordre, elles sont séparées non par de simples arêtes, mais bien par un filet ou listel; ensuite, la concavité de leurs cannelures est quelquefois remplie toute entière par une moulure convexe, en forme de baguette, appelée bâton ou rudenture. Les colonnes ornées de cette manière s'appellent colonnes rudentées.

Les deux faces principales du chapiteau ionique sont composées d'une échine , de volutes en spirale c, et d'un tailloir (fig. 1). L'échiné est ordinairement découpée en oves, ou petits ornements ovales, ainsi nommés parce qu'ils ont la forme d'un œuf. Les faces latérales ont l'aspect de rouleaux sur lesquels sont souvent sculptés des feuillages. La fig. 3 qui présente le plan du chapiteau ionique, donne une idée exacte de ces enroulements. Le chapiteau dont nous venons de parler est le chapiteau ionique ancien. 11 y a aussi le chapiteau ionique moderne. Le premier n'a que deux faces sem-

blables, tandis que dans le second toutes les quatre faces ont la même forme. Dans Tancien, les volutes se trouvent dans un même plan; dans le moderne, elles dévient de cette position pour se rapprocher. Nous donnons ci-dessous le cha-

OBDRB IONIQUE.

Fig. 1. Fig.2.

Chapiteau

et entablemeat

de Tordre ionique

moderne.

Fig. 3.

Plan du chapiteau ionique ancien.

Fig. 4.

Ordre ionique ancien.

Plan du chapiteau ionique moderne.

piteau ionique moderae (fig. 2) , le plan du chapiteau ionique ancien (fig. S), et celui du chapiteau ionique moderne (fig 4).

Le chapiteau ionique moderne est quelquefois orné de festons suspendus aux volutes, et de fleurons placés entre les volutes à la naissance du tailloir.

L'architrave est divisée en trois plates-bandes e, surmontées d'un talon/. La frise ^ est unie; elle admet cependant aussi des ornements sculptés.

Ordre corinthien. — L'ordre corinthien se distingue des précédents par une élégance plus grande, unie à une noble magnificence. On prodigue les plus riches sculptures sur tous les membres de cet ordre. Le piédestal lui-même est parfois orné de palmettes et de décorations sculptées.

Le fût de la colonne est uni ou cannelé. Les cannelures, comme nous l'avons déjà dit, sont entièrement semblables à celles de la colonne ionique.

Le chapiteau corinthien est garni de deux rangs superposés de feuilles d'acanthe. A la partie supérieure de chacun des quatre angles du chapiteau, deux volutes sortent des feuiljes d'acanthe et semblent soutenir le tailloir; deux moindres volutes sont accouplées au centre de chacune des quatre faces. Ces dernières, qui portent le nom à' hélices, sont ordinairement surmontées d'un fleuron.

L'architrave est, comme dans l'ordre ionique, composée de trois plates-bandes. Des moulures sculptées les séparent entre elles et de la frise. Celle-ci est tantôt unie, tantôt ornée de rinceaux ou de diverses sculptures. (Voyez la gravure de l'ordre corinthien p. 21).

La corniche corinthienne est beaucoup plus ornée que celle de l'ordre ionique et offre de plus que celle-ci un rang de

modillons richement travaillés.

Le modillon est une espèce de console qui semble soutenir le larmier de la corniche.

Vitruve ,> dans ses écrits , raconte de la manière suivante

ModlUon.

rinvention du chapiteau corinthien. « Un enfant, dit-il, vint à mourir dans la ville de Corinthe; sa nourrice recueillit

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