‹ Éléments d'archéologie chrétienneChapitre 6 sur 69 · Drî»rc taôCrtu. Cet ordre (fig · texte numérisé non relu

Drî»rc taôCrtu. Cet ordre (fig

17) est le plus simple mais, en même temps, le plus solide des cinq ordres d'architecture.

Si l'on examine ses membres en commençant par le sol, on trouve que la base du piédestal se compose d'une plinthe a et d'un filet b ; le dé d est un socle quadrangulaire relié à la base par un congé c, la corniche e est un talon couronné d'un filet /.

La base de la colonne se compose d'une plinthe carrée g et d'un tore h.

Le fût proprement dit a la forme d'un cône tronqué; il se relie à la base par un congé et un filet /, et au chapiteau par une astragale k. Dans l'ordre toscan, comme dans tous les autres ordres, l'astragale et le filet qui relient le fût au chapiteau et à la base de la colonne, sont taillés dans le même bloc que le fût et font corps avec lui. Cet évidement exigeait un travail pénible; il s'obtenait le plus Ordre toscan. souvent au moyen du tour.

A la naissance du chapiteau se trouve un gorgerin /, surmonté d'un quart de rond m et d'un tailloir n. On donne le nom à' abaque ou tailloir à la plinthe carrée n qui couronne le chapiteau. Un filet o sépare le tailloir de l'entablement.

Les principales parties de l'entablement sont V architrave p, séparée de la frise r par un filet q. A la corniche on remarque le talon s, le larmier t^ et le quart de rond u,

3. ®rî>re >0ritïUe. Chez les Grecs l'ordre dorique n'avait pas de piédestal; les colonnes, dépourvues de base, reposaient sur un simple socle. Le piédestal et la base qu'on a donnés plus tard à la colonne dorique sont presque en tout semblables à ceux de l'ordre toscan; ils n'en diffèrent que par le plus grand nombre de filets dont ils sont ornés.

Fig. 18.

Corniche.

Le fût de la colonne dorique est quelquefois décoré de rainures longitudinales qu'on nomme cannelures. Ces cannelures, au nombre de vingt environ par colonne, sont très rapprochées et séparées seulement par une arête vive.

Le chapiteau dorique ressemble au chapiteau toscan; il a cependant quelques moulures de plus que ce dernier. Le gorgerin, l'échiné ou quart de rond et le tailloir sont parfois décorés de sculptures.

La frise est ornée de triglyphes b et de métopes c.

Triglyphe. Le triglyphe (du grec rpiiz^ trois, et \}^î>^tù, sculpter) est un ornement saillant rectangulaire ayant deux cannelures ou rainures verticales au milieu de sa face, et deux demi-cannelures sur chaque angle latéral (fig. 19 T).

Ces cannelures portent le nom de glyphes, et, comme elles sont au nombre de trois, l'ornement a reçu le nom de triglyphe. A chaque triglyphe de la frise correspondent, Ordre dorique. sur l'architrave, six petits cônes

ou six petites pyramides d, appelés gouttes (fig. 19). On trouve aussi parfois des gouttes sous la partie saillante ou larmier a de la corniche.

Métope el bucrane. L'intervalle carré c (fig. 18) qui sépare les triglyphes s'appelle métope; il est assez souvent couvert de sculpttires. Les ornements les plus usités dans l'antiquité pour la décoration des métopes étaient les bucranes (fig. 19), qu'on trouve aussi parfois sur les frises des ordres ionique et corinthien. On a donné le nom de bucrane (du grec |3ovç, bœuf, et /pavîov, crâne) à dés têtes de bœuf décharnées. « Dans la frise dorique, dit Bachelet (Dictionnaire des lettres^ art. Bucrane)^ le bucrane occupe l'espace de la

métope, sans autres accessoires que les bandelettes dont on ornait les têtes des victimes. Dans les frises des ordres ionique et corinthien il est accompagné en outre de guirlandes de fleurs ou de fruits. On voit des bucranes autour des autels, comme à celui de Cora, ainsi qu'aux tombeaux , comme à celui de Cecilia bucrane et triglyphe. Mételle, surnommé pour

cette raison Capo di bove. Il y en a aussi dans les frises du temple de la Fortune Virile, à Rome. »

Mutules et denticules. Les mutules sont des ornements propres à l'ordre Fig. 20. dorique. On appelle mutule (fig. 20 et fig. 19 M)

une table quadrangulaire qui se trouve sous le larmier, au droit des trigîyphes. — Les denti^ cilles (fig. 21), que l'on voit dans les ordres dorique, ionique, corinthien et composite, sont de petites pièces cubiques qui ornent la partie inférieure de la corniche. Elles ressemblent à des dés, ayant en hauteur le double de leur largeur, et en épaisseur leur largeur.

Base attique. Avant de passer à la description des ordres suivants, nous voulons dire un mot de la base appelée attique (fig. 22). Cette base peut s'adapter à plusieurs ordres; elle est d'un usage très fréquent dans nos contrées ; l'on n'en rencontre Base attique. guère d'autre dans les édifices de l'époque

de la renaissance. Elle se compose d'une plinthe a, et de deux tores b réunis par une scotie c.

Denticules.

Fig. 22.

4. (I^rï>re iautriUf . L'ordre ionique est plus gracieux que les deux ordres précédents. Notre gravure (fig. 2 3) montre clairement les moulures et les ornements qui entrent dans sa composition.

Les deux faces principales du chapiteau ionique sont composées d'une échine, de volutes en spirale c, et d'un tailloir (fig. 23). L'échine est ordinai-

Fig. 23. Fig, 24.

Chapiteau et entablement de l'ordre ionique moderne.

ionique moderne.

Ordre ionique ancien.

i*ement découpée en oves, ou petits ornements ovales, ainsi nommés parce qu'ils ont la forme d'un œuf. Les faces latérales ont Faspect de rouleaux sur lesquels sont souvent sculptés des feuillages. La fig. 2 5 qui présente le plan d'un chapiteau ionique, donne une idée exacte de ces enroulements.

Le chapiteau dont nous venons de parler est le chapiteau ionique ancien; mais il y a aussi le chapiteau ionique moderne. Le premier n'a que deux faces semblables, tandis que, dans le second, toutes les quatre faces ont la même forme. Dans l'ancien, les volutes se trouvent dans un même plan; dans le moderne, elles dévient de cette position pour se rapprocher. Nous donnons le chapiteau ionique moderne (fig. 24), le plan du chapiteau ionique ancien (fig. 2 5) et celui du chapiteau ionique moderne (fig. 26).

Le chapiteau ionique moderne est quelquefois orné de festons suspendus aux volutes, et de fleurons placés entre les volutes à la naissance du tailloir. Fig. 27.

L'architrave de l'ordre ionique est divisée en trois plates-bandes e (fig. 2 3), surmontées d'un talon /. La frise g est unie ; elle admet cependant aussi des ornements sculptés.

Dans l'ordre ionique, de même que dans les ordres corinthien et composite, les cannelures du fût diffèrent de celles de la colonne dorique. En effet, plus profondes et moins rapprochées que dans ce dernier ordre, elles sont séparées non par de simples arêtes, mais bien par un filet ou listel ; ensuite, la concavité de leurs cannelures est quelquefois remplie tout entière par une moulure convexe, en forme de baguette appelée bâton ou rudenture. Les colonnes ornées de cette manière ont reçu le nom de colonnes rudentées .N oyqz la fig. 27. Fût de colonne rudenté et cannelé.

5. ^rî>re C0nutl)icu. L'ordre corinthien (fig. 28) se distingue des précédents par une élégance plus grande, unie à une noble magnificence. On prodigue les plus riches sculptures sur tous les membres de cet ordre. Le piédestal lui-même est parfois orné de palmettes et de décorations sculptées.

La corbeille du chapiteau corinthien (fig. 3o) porte deux rangs superposé^ •de feuilles d'acanthe. Du rang supérieur s'élève, sous chacun des quatre an- IF ÉD. 2

gles du tailloir, une double volute qui semble porter cet angle ; deux moindres volutes, appelées hélices et sortant aussi des feuilles d'acanthe, viennent s'accoupler au milieu de chaque face du chapiteau.

Fig. 28. Fig. 2g,

Ordre corinthien.

Ordre composite.

Fig. 30. Fig. 31.

Chapiteau corinthien. Chapiteau composite.

L'architrave est, comme dans l'ordre ionique, composée de trois platesbandes. Des moulures sculptées les séparent entre elles et de la frise. Celle-ci

est tantôt unie, tantôt couverte de rinceaux ou de diverses sculptures.

La corniche corinthienne est beaucoup plus ornée que celle de l'ordre ionique et offre, de plus que celle-ci, un rang de modillons richement travaillés. Le modillon est une espèce de console qui a ses deux faces latérales parallèles

Modillon. et semble soutenir le larmier de la corniche.

Vitruve raconte, dans ses écrits, l'origine du chapiteau corinthien. « Un enfant, dit-il, vint à mourir dans la ville de Corinthe; sa nourrice recueillit dans une corbeille les objets auxquels l'enfant avait été attaché pendant sa vie. Pour les mettre à l'abri des injures du temps, elle couvrit la corbeille d'une tuile et la posa sur le tombeau. Dans ce lieu se trouvait, par hasard, la racine d'une acanthe. Au printemps, celle-ci poussa des feuilles et des tiges; comme la corbeille était placée au milieu de la racine, les feuilles s'élevèrent tout autour. La rencontre des coins de la tuile força leurs extrémités à se recourber, ce fut là l'origine des volutes. Le sculpteur Callimaque, que les Athéniens appelèrent Katatechnos, c'est-à-dire l'ouvrier par excellence,... passant près du tombeau de l'enfant, remarqua cette corbeille gracieusement couronnée d'un feuillage naissant. Cette forme nouvelle lui plut, il l'imita dans les colonnes qu'il plaça plus tard à Corinthe, et il établit, d'après ce

modèle, les proportions et les règles de l'ordre corinthien. » De V architecture, liv. IV, ch. I. Inutile d'ajouter, nous semble-t-il, que ce passage renferme des idées poétiques plutôt que des données historiques.

6. d^tïHT^ compiîôitc. L'ordre composite (fig. 29) tire son nom de ce qu'il est un composé de deux autres ordres : l'ionique et le corinthien. Le piédestal, la base et le fût de la colonne, l'entablement, ont les mêmes proportions et, à peu de différence près, les mêmes moulures que dans l'ordre corinthien. A proprement parler, l'ordre composite n'est qu'une variété de l'ordre corinthien ; il ne devrait point être regardé comme un ordre spécial, quoiqu'on lui ait donné cette qualification. En effet, il n'y a de véritable différence que dans le chapiteau, dont la partie supérieure est empruntée à l'ordre ionique et la partie inférieure à l'ordre corinthien (fig. 3i). « Des chapiteaux ionique et corinthien, dit très bien Viollet-le-Duc, on avait fait un mélange que l'on est convenu d'appeler le chapiteau composite, mais qui par le fait n'est qu'un amalgame assez disgracieux de deux éléments destinés à rester séparés. )) Dictionnaire de V architecture , II, p. 480.

Les figures 29 et 3 1 suffisent pour donner une idée des différents membres de l'ordre composite.

Dans les chapiteaux composites, et quelquefois aussi dans ceux des ordres ionique et corinthien, les volutes sont remplacées par des figures ou des emblèmes.

A l'époque de la renaissance, l'ordre composite a été fréquemment employé en Belgique dans la construction et surtout dans l'ornementation des édifices.

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