EAUX ET AQUEDUCS. XXXI
ensuite supprimée, et la «porta S. Peregrini », qu'a remplacée la porta Angelica.
§ IV. Eaux et aqueducs (•),
A l'origine, les habitants de Rome n'eurent d'autre eaa que celle du Tibre, des puits et de quelques sources, comme celles qui près du Quirinal firent donner à une porte de la Rome primitive le nom de « Porta fontinalis ». Le premier aqueduc fut construit par Appius Claudius, censeur et consul au \'^ siècle ; c'est lui aussi qui traça la voie Appiennei. La plus grande partie de cet aqueduc était sous terre ; on en a reconnu des traces près de St-Sabas. Il commençait au V^I^ mille de la voie Prénestine.
Différentes eaux furent ensuite amenées à Rome au moyen de nouveaux aqueducs. Le Curiosum urbûs Romae en compte jusqu'à dix-neuf (.-;. Voici les principales. 1° L' « Anio vêtus » (an 480i, qui sort au-dessus de Tivoli. Son cours était marqué par des cippes en travertin; on en a retrouvé plusieurs sur lAventin, ils sont aujourd'hui au musée national. — 2° L' « Aqua Marcia», amenée de Subiaco par Q. Marcius Rex, en 608, l'année de la prise de Carthage et de Corinthe. Elle se réunissait aux autres eaux près de la porte Majeure, au lieu dit « Ad spem veterejn », où on voit encore des ruines de son aqueduc. — • 3° L' « Aqua Tepula » (62-7), qui vient de la voie Latine. — 4° Sous Auguste, 1' « Aqua Julia » (.719), qui arrive aussi de la voie Latine, — et 1' « Aqua Virgo » (723), qui, partant de la voie Prénestine, passe par le Pincio et vient aux « Septa Julia » où se tenaient les comices par centuries: l'église de St-Ignace a été bâtie en grande partie avec les marbres de ce dernier aqueduc. — 5° L' « aqua Claudia », amenée par Claude 52». — 6° L' « Anio novus », dont on voit les aqueducs à la porte Majeure. — 7° Plus
1. Cf. Frontin, De aquis et aquaeductibus urbis Romae; — Fabretti, De aqtns et aquaedîtctibus veteris Romae, Rome, 1788.
2. « Aquse XVIIII. Traiana. Annia, Attica, Marcia,. Claudia, Herculea, Cerulea, Julia, Augusiea, .Appia, .Alseatina, Ciminia, Aurélia, Damnata, Virgo,. Tepula, Severiana. Antoniniana, .A.lc.xandrina. »
-XXXri INTRODUCTION.
tard, r « Aqua Alseatina », au Transtévère, peu estimée et employée surtout pour les machines du Janicule ; — 1' « Aqua Trajana ». aujourd'hui Aqua Paola, du nom de Paul \"' ; — r « Aqua Alexandrina », aujourd'hui Acqua Felice, du nom que portait Sixte-Quint avant son pontificat ; — 1' « Aqua Jovia ». Tous ces aqueducs amenaient à Rome de véritables fleuves. Au moment du siège de Mtigès (537 ap. J.-C), ils furent coupés, puis abandonnés, jusqu'à ce que les papes prissent soin de les rétablir.
.§ V. Les XIV régions.
Servius Tullius avait partagé la ville, au point de vue administratif, en quatre régions. Une nouvelle division fut faite par Auguste (^) en 747, l'année de la dédicace du milliairc d'or, probablement aussi l'année du grand recensement et de la naissance de Xotre-Seigneur. La ville, comprenant alors, outre le noyau primitif, le champ de Mars et les « expatiantia tecta », s'étendit, au nord vers le pont MilWus, au midi jusque vers le 2^ ou 3<^ mille de la voie Appienne et de la Voie Ardéatine, et vers le 2« mille de la voie d'Ostie. Les constructions du S*" mille de la voie Appienne, désignées sous le nom de « Roma vecchia », n'ont jamais fait i>artie de la ville ; ce sont des bâtiments de la villa des Quintilii. deux frères, contemporains de Marc-Aurèle et de Commode. On a parfois évalué à 6 ou 7 millions d'habitants la population de Rome. C'est une exagération manifeste. Les recensements cités par les anciens auteurs, le nombre des soldats de la garnison, le nombre et les dimensions des édifices tant publics que privés, ne permettent pas de croire qu'elle ait jamais dépassé un million d'habitants.
Auguste établit quatorze régions. Chacune était partagée ■en « vici », administrés chacun pvar quatre « vicomagistri » qui dépendaient du préfet de la ville. Nous ne connaissons pas les noms primitifs des XIV régions d'Auguste, mais seulement ceux que nous a conservés le catalogue régionnaire