STE-MARIE-IN-TRIVIO. 4O
devenu par corruption « in Sinodocno », puis « in Synodo », ce qui fit penser que des conciles y avaient été tenus. Cn l'appela encore « in fornica, in fornice », en souvenir de l'aqueduc de l'eau Vierge qui alimente la fontaine voisine. Le nom de « in Trivio » lui vient de ce qu'elle se trouvait à la bifurcation de trois rues; il a été changé ensuite en « Trevi » et appliqué aussi à la fontaine et à l'excellente eau qui était Vaqua virgo des anciens. L'église a été rebâtie sous Grégoire XIII (1575>. Elle n'a plus rien d'ancien, sauf l'inscription en vers léonins, du XI*^ siècle environ, placée extérieurement sur le mur de l'église, dans la via Poli :
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Une madone très ancienne, de style byzantin, est en vénc ration sur le maître-autel de cette église.
Gljapitre Iii;rièine.
LA Vl^ REGION.
LA Yl^ région ecclésiastique correspond à la IX^ région civile, « Circus Flaminius ». Cette dernière était la plus vaste de toutes; elle s'étendait entre le Capitole, la « Via Flaminia » et le Tibre. Le « Circus Flaminius », d'où elle tirait son nom, avait été construit par le consul Flaminius, mort au lac Trasimène dans la 2^ guerre Punique (537). C'était le cirque plébéien, tandis que le « Circus maximus » était réservé aux patriciens. On peut en fixer la position entre la place d'Ara caeli et la place du Gesii; il y en a quelques ruines près de Ste-Lucie de' Ginnasi, et la Via délie Botteghe oscure doit son nom aux boutiques qui, au moyen-âge, occupaient les sous-sols de ce cirque. Les autres monuments à remarquer dans cette région étaient : les temples de Bellone et de Mars, dont la position n'est pas connue; — celui d'Hercule près de St-Nicolas de Cesarini, édifice rond de l'époque républicaine, son style est analogue à celui du temple de la Fortune de Préneste élevé au temps de Sylla; — les portiques de Philippe, de Metellus et d'Octavie (S. Angelo in Pescheria), il y avait dans le premier des statues grecques rapportées au VI^ siècle de Rome; — les théâtres de Balbus (près du Ghetto), de Marcellus (Piazza Montanara) et de Pompée (entre la Chancellerie et le campo de Fiori); — - le marché aux légumes, « Forum olitorium », avec son portique (Piazza Montanara); — le temple de la Piété, bâti par Glabrion, vainqueur d'Antiochus : ce sont les ruines de ce temple, et non, comme l'a cru Baronius, celles de la prison Mamertine, qui existent dans les souterrains de St-Nicolas in Carcere; — le stade de Domitien. sur la place Navone qui
en a même conservé la forme; les maisons voisines de la place sont bâties sur des ruines; — le Panthéon et les Thermes d' Agrippa ; — les Thermes de Néron (piazza Madama), qu'Alexandre-Sévère prolongea jusqu'à la place Navone; — le Portique des Argonautes (piazza di Pietra), avec le Poseidion ou Temple de Neptune (Bourse de commerce actuelle) où résidaient les amiraux romains ; ce temple, de l'époque d'Auguste, regardait la voie Flaminienne, son portique était décoré de bases en marbre, qui portaient les statues des provinces romaines et qui sont maintenant, les unes au Palais des conservateurs, les autres au palais Odescalchi et au Musée de Naples; — la colonne dédiée par le Sénat à Marc-Aurèle après sa campagne contre les Quades et les Marcomans; quelques archéologues ont donné à la place Colonna le nom de F*orum de Marc-Aurèle, mais gratuitement ; — les « Septa Julia » réservées aux réunions des comices centuriaux (places de St-Ignace et du Collège romain) ; — le « Serapeum », plus important que celui de l'Esquilin et comprenant deux sanctuaires : celui d'Isis (Minerve) et celui d'Osiris (S. Stefano in Cacco); on avait formé là un .vrai musée d'antiquités égyptiennes, originaux ou copies, d'où proviennent les obélisques du Panthéon, de la Minerve et de la gare; — le Mausolée impérial, où furent déposées les cendres des empereurs, d'Auguste à Nena, et aux murs duquel était fixé le fameux testament d'Auguste; les deux obélisques qui ornaient l'entrée ont été portés sur les places du Quirinal et de Ste-Marie-Majeure.
§ I. St-Laurent-in-Lucina.
L'église de St-Laurent-in-Lucina a été bâtie au milieu de souvenirs classiques. Il y avait à côté, sur le Corso, l'arc de Marc-Aurèle. rappelant sa victoire sur les Quades et les Marcomans. Il a été détruit au XVI P siècle, sous Alexandre VII (1665 , qui jugea l'opération assez heureuse pour que le souvenir en dût être fixé dans une inscription à l'angle de la Ma della ^'ite); une partie de ses bas-reliefs a été
déposée au Palais des Conservateurs. Comme cet arc était voisin du palais Fiano, résidence des ambassadeurs portugais, on l'appela pendant le moyen-âge Arc de Portugal. A côté s'élevait 1' « Ara pacis Augustae », monument commémoratif des victoires remportées par Auguste en Espagne sur les Cantabres, ainsi qu'on le voit dans le Testament d'Auguste (1) ; chaque année on y faisait une procession solennelle (-) ; il y en a des fragments au palais Fiano et ailleurs (^). Près de là encore était le célèbre cadran solaire dans la construction duquel Auguste employa l'obélisciue rapporté d'Héliopolis d'Egypte. Pline nous donne la description du monument (*) : « Ei (obelisco) qui est in campo divus Augustus addidit mirabilem usum ad deprehendendas solis umbras, dierumciue ac noctium ita magnitudines, strato lapide ad magnitudinem obelisci cui par fieret umbra brumae confectae die, sexta hora; paulatimque per régulas quae sunt ex aère inclusae singulis diebus decresceret, ac rursus augesceret. Digna cognitu res et ingenio Facundi Novi mathematici ». Ainsi il y avait sur le sol, devant l'obélisque, une plaque de marbre et une lame de bronze sur lesquelles la pointe de l'obélisque projetait son ombre, de telle sorte que le point le plus rapproché où l'ombre s'arrêtait marquait le solstice d'été (21 juin), et le plus éloigné le solstice d'hiver (21 déc). L'obélisque, longtemps caché derrière l'église, fut retrouvé sous Sixte V. Benoît XIV le fit extraire et Pie VI le transféra à sa place actuelle, devant le palais de Montecitorio (1792). Il porte encore le cartouche du roi Psamtik II, de la XXVP dynastie (594-589 avant J.-C), successeur du Pharaon Nekao dont le livre des Rois nous rapporte la victoire sur Josias (608 av. J. C). En bas on voit l'importante inscription d'Auguste (731 de Rome, 23 av. J.-C):