Cf. Boito, Uarchitettuia cosmoUsca, Milano, l86û
Cosmates nen n'ont pas été les inventeurs ; d'autres familles d'artistes l'avaient pratiqué avant eux. Le vrai nom nous est fourni par une inscription du cloître de Sassovivo près Foligno (1). qui dit qu'il a été décoré « romano opère et maestria ». De même dans une inscription de Civita-Castellana les artistes sont appelés « magistri doctissimi romani ». Les œuvres de ces artistes romains se rencontrent à Rome, à Venise, à Ravenne, dans l'Italie méridionale, en Sicile, et jusqu'en Angleterre (-\ Ort y sent parfois l'influence byzantine : ce qui 'ne doit pas surprendre, puisque la chronique de Léon d'Ostie nous apprend que Didier, abbé du Mont- Cassin, fit venir des artistes de Constantinople pour décorer son église.
En étudiant Jes mosaïques de l'église de Ste-Marie in Castello. à Corneto, M. de Rossi a pu reconstituer la généalogie d'une première famille de marbriers qui florissait du XI L- siècle au XI 11^ (3):
Petrus et Nicolaus Ranucii romanus (1143) Joannes (fils de Nicolas) et Guitton 1168) Joannes Guittonis (filius) civis Romanus (1209).
Un second groupe est formé par la famille du marbrier Paul qui décora le « ciborium » de St-Laurent-hors-les-Murs, par ordre de l'abbé Hugues (1148), avec ses fils Jean, Pierre, Ange et Sasso. Les mêmes travaillèrent au tabernacle de St-Marc, ainsi que l'atteste l'inscription copiée par de Winghe (*) et par un manuscrit de la bibliothèque Chigi (^) :
IN N. D. MAGISTER gÏl (bertUS). PBR. GARD. S. MARGE IVSSIT HOG FIERI PRO REDEMPTIONE ANIME SVE ANN DNI M. G. L. IIII. IND. II FAGTVM EST PER MANVS lOHIS PETRI
ANGELI ET SASSONIS FILIOR. PAVLI. Trois d'entre eux exé-
1. Cf. Faloci-Pulignani, Del chiostro di Sassovivo, Foligno, 1879.
2. Cf. de Rossi, Bnlletlino, 1875, p. iiosq. ; — 1888-89, P- 156 sq. ; 1891, p. 73 sq.