‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 2)Chapitre 77 sur 384 · Ep, XCVII{P. L., t. CXIX, col · texte numérisé non relu

Ep, XCVII{P. L., t. CXIX, col

5. On peut en voir les rites dans le .Sacranr.entaire d'Hadrien (/'. /.., .t. LXXVHI, col. 233 sq.).

été témoins et qui, sans être des sacrements, présentent cependant quelque analogie avec l'ordination ou le mariage et avec la consécration papale: la vêture des vierges et le couronnement des empereurs.

I\'. La « velatio » constituait aussi un des rites essentiels de la bénédiction des vierges. La cérémonie avait lieu le jour de l'Epiphanie, le lundi de Pâques et aux fêtes d'apôtres. On bénissait les vêtements que la vierge allait revêtir comme signe de sa nouvelle profession, puis on récitait sur ellemême plusieurs oraisons, dont l'une peut passer pour un des plus beaux morceaux liturgiques. La messe qui suivait avait des oraisons et un Hanc igitvr propres, où le jour est qualifié de « dies natalis » de la vierge consacrée y^).

Le premier empereur couronné à Rome fut Charlemagne 25 déc. 800'. La cérémonie fut des plus simples: quelques acclamations, l'imposition de la couronne, le sacre du fils de Charles, et rien de plus. Comme elle devait se renouveler souvent, elle prit vite de grands développements rituels. Le récit du dernier couronnement, celui de Frédéric III par Nicolas \' il452j, en fera connaître exactement la physionomie.

Le jour de leur entrée à Rome, « le roi et la reine, placés chacun sous un dais, se rendirent à l'église de St-Pierre, prince des Apôtres, et, arrivé auprès des degrés, le roi mit pied à terre, et quelques cardinaux, s'étant portés au-devant de lui, lui firent monter l'escalier et le conduisirent auprès du Saint-Père le Pape, qui se tenait assis au haut des degrés, entouré de son clergé et de ses serviteurs ; le roi lui baisa le pied, et offrit de l'or, après quoi le pape se levaet le reçut en lui tendant la main, que le roi baisa aussi, et à la .troisième fois le pape l'embrassa et lui donna le baiser de paix sur une joue ; alors le roi s'agenouilla devant lui, et le pape fit une longue oraison sur lui et ensuite lui impwsa les mains...

« Le dimanche suivant, dimanche de Laefare, était le jour

I. Sacrain. leon. (P. L., t. XV, col. 129); Sacram. gelas. {P. L., t. LXXI\^, col. ii^2S(\.); Sacram. gregor. (P. L., t. LXXVIII, col. 173). — Cf. Duchesne, Op. cit., p. 404 sq.

Élém. d'archéol. chrél. — III, , 7

fixé pour le couronnement de l'empereur ; on avait, à cet effet, fait venir de Nuremberg les insignes impériaux. Le pape était assis sur son trône, en avant du maitre-autel de Saint-Pierre, ayant à sa droite le collège des cardinaux, à sa gauche des évêques et des prélats en grand nombre. Deux tribunes avaient été élevées en dehors de la balustrade pour le roi et pour son épouse. Frédéric dut d'abord prêter le serment qu'avait, suivant la tradition, prêté Louis le Pieux ; après quoi il fut reçu dans le collège des chanoines de Saint-Pierre et revêtu des ornements impériaux. Ces préliminaires achevés, on mena le roi et la reine devant l'autel de Saint-Maurice, et là, le roi d'abord, puis la reine, reçurent l'onction faite avec les saintes huiles sur l'épaule et sur le bras droit. Après cette cérémonie, ils retournèrent à leurs tribunes pour entendre la grand'messe solennelle du couronnement. « Pour lors, raconte Gaspard Enenkel, on entonna la messe; après le Gloria, le pape dit les collectes, d'abord celle du jour, puis celle pour l'empereur, qui se tenait debout dans une stalle de côté, vêtu du sacré manteau de l'empereur Charlemagne, chose qui n'était arrivée' à aucun empereur depuis bien des siècles et qui fut regardée par tout le monde comme un grand honneur et comme une faveur spéciale de Dieu ; après Tévangile, le pape mena l'empereur et l'impératrice devant l'autel de Saint-Pierre, où l'empereur s'agenouilla, et le pape lut sur lui une oraison assez longue, puis il lui posa sur la tête la couronne de l'empereur Charlemagne, et lui parla tout le temps en latin, après quoi il lui mit en main l'épée sacrée de Charlemagne, nue, et ainsi l'empereur fut fait champion de Saint-Pierre ; puis il ceignit l'épée. la dégaina, la brandit et ensuite la remit au fourreau.

« Après cela, le pape lui mit le sceptre sacré dans la fiiain droite, le globe sacré dans la main gauche, accompagnant toutes ces cérémonies de belles collectes.

« Sur ce, tout étant terminé, le roi baisa le pied du pape et retourna s'asseoir dans sa stalle ; puis le duc Albert, son frère, et les autres princes, seigneurs, chevaliers et écuyers, ainsi que les députés des villes impériales, vinrent s'agenouil-

1er devant lui et lui présentèrent leurs souhaits de bonheur et de félicité de toute sorte.

« Puis le roi Ladislas ^et le duc de Teschen allèrent prendre la jeune, belle et gracieuse reine ; vêtue magnifiquement, ses beaux cheveux bien arrangés sur la nuque, et la tête entièrement découverte, elle était un délice pour les yeux ; ils l'amenèrent à lautel de Saint-Pierre, où elle fut ointe, et le pape dit sur elle beaucoup de collectes, puis il plaça sur sa tête une précieuse couronne faite tout exprès p>our elle et enfin on la ramena à sa place. »

« Pour terminer, Tempereur et l'impératrice reçurent la sainte communion de la main du-pape. Le service divin étant achevé, l'impératrice retourna dans son palais. Quant à l'empereur, étant sorti de Saint-Pierre avec le pape, il lui rendit le service de lui amener son cheval et de lui tenir l'étrier, après quoi il se mit à son tour en selle. Tous deux se rendirent ensemble à l'église cie Sainte-Marie au Transtévère, où le pape remit à l'empereur la rose d'or, après quoi ils se sép,arèrent. » (^)

Tel est en effet le cérémonial exposé par VOrdo XI\\ qui semble avoir été rédigé au XIV^ ou au XV^ siècle (-1. Le même s'observait, avec quelques petites différences, pour le couronnement des rois. C'est dans l'oratoire de Ste-Marie in Turri que remi>ereur prêtait serment et qu'il devenait chanoine de St-Pierre, «acanonicis S. Pétri receptus in fratrem». Il faisait ensuite son entrée par la « porta Argentea », où le cardinal évêque d'Albano chantait sur lui une oraison. Le cardinal de Porto en chantait une seconde quand on arrivait à la dalle circulaire de porphyre appelée «rota>;. A l'autel de St-Maurice, les onctions étaient faites par le cardinal d'Ostie. Quand,' le couronnement terminé, l'empereur retournait à sa place, les chœurs chantaient les « laudes » en son honneur. Enfin après l'évangile il faisait son offrande, ainsi

1. Pastor, Histoire des papes (trad. Furdy Ra\Tiaud), t. II, p. 141-145. Le chroniqueur Gaspard Enenkel, à qui sont empruntés ces détails, était conseiller impérial.

2. Ord. XIV, n. CV (/'. L., t. cit., col. 1238 sq.). — Ct. Mortier, O. P., Saint-Pierre d^ Rome, 1. II, c. 2.

6o ÉLÉMENTS d'aRCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

que l'impératrice; puis, « more subdiaconi », il présentait au pape le calice et la burette.

i; IV^ L'année liturgique.

Le calendrier liturgique de l'Église romaine ne comprit guère pendant longtemps que des saints locaux. Même au VIII<= siècle nous n'y voyons figurer, en dehors de ceux-ci, que quelques mystères de Notre-Seigneur et de -la T. Ste Merge, en très petit nombre, plusieurs apôtres, quatre ou cinq martyrs dont le culte s'était introduit à Rome avec la domination byzantine, et l'anniversaire de la dédicace de trois ou quatre églises. Le voici, tel que nous le fournit le Sacramentaire d'Hadrien (i) ; il est assez peu chargé pour que je puisse le reproduire ici en entier :

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