Fragment grec, avec le candélabre et le « lulab
Tout près d'ici, à gauche, se trouve un escalier antique qui conduit au dehors ; mais avant de remonter, nous pouvons remarquer quelques autres monuments. La galerie à droite renferme encore des « cocim > ; leur présence fréquente et l'absence totale de € loculi » permet de conjecturer que nous avons là une excavation fort ancienne. Dans l'un de ces € cocim » nous voyons un escalier qui aboutit à une chambre inférieure, tombeau de famille composé de i loculi >> et de « cocim ^. Il est vraisemblable que d'autres sépultures ont aussi cette chambre inférieure, mais que les éboulements de terre en rendent l'accès impossible.
1 18. Inscription latine, en caractères grecs, dédiée par un Marcellus à sa fille Marcella. Candélabre.
119. Inscription grecque de deux époux, Parthenius et Pollites, placée par leurs fils Eutikas et Atticus.
On tourne à gauche, et on est dans une galerie à vastes « loculi », présentant aussi des signes d'une haute antiquité.
120. Inscription grecque, dédiée par Constantius à sa mère Asclepiodotes et à son frère Alexandre, archonte de la Synagogue.
A droite, on entre dans deux chambres contiguës. La première renferme deux arcosoles. Sur la voûte est peinte, au milieu, une Victoire ailée qui semble couronner une figure jeune et nue ; aux extrémités, quatre paons. Sur les parois on remarque, derrière la porte d'entrée, deux chevaux ailés; puis, à droite, un bélier avec le caducée, et un paon ; à gauche, un coq et une poule ; sur la paroi de fond, deux autres paons. — La seconde chambre, plus petite, a deux arcosoles sur les parois latérales, et au fond deux tombeaux de style oriental, en forme de fours. A la voûte, on voit la Fortune avec une corne d'abondance ; en face, deux chevaux, des génies, des hippocampes, des vases et d'autres décorations. Ces peintures, qu'on peut attribuer au III^ siècle, n'ont aucun rapport avec le culte judaïque ; les sujets sont païens ou du moins simplement décoratifs. On pourrait d'ailleurs penser qu'originairement cette partie du souterrain fut païenne, et qu'on la réunit plus tard au cimetière des Juifs.
Guide des catacombes romaines. i^
A la sortie de cette chambre, nous voyons une galerie grandiose, sur laquelle s'ouvrent d'autres chambres maintenant remplies de terre.
En revenant à l'inscription [ii6J et en tournant à droite, on rencontre l'escalier de sortie, qui débouche dans la vigne à un endroit plus rapproché de la voie Appienne que celui oïl l'on descend dans le cimetière. Cet escalier est ancien. Audessus il y a une chambre de forme régulière,ses parois étaient couvertes d'enduit et de peintures ; tout autour court un banc pour s'asseoir. Elle devait servir pour les réunions funéraires, selon la coutume bien connue d'alors, ou même pour la prière.
Glîapttre septième.
LES SOUVENIRS CHRETIENS DE LA ^ VOIE LATINE c).
LA voie Latine commençait à la Porte Capène, ainsi que la voie Appienne ; elle se séparait de celle-ci à une petite distance (-), devant l'église actuelle de St-Césaire. Construite par Aurélien, la Porte Latine devint ensuite sa porte spéciale ; celle-ci fut rebâtie au VI^ siècle, mais elle est depuis longtemps fermée. La première partie de la voie n'a pas une grande importance. Elle se perd dans les vignes non loin de la porte. Nous pouvons néanmoins en fixer la direction avec certitude par les restes de tombeaux anciens qui la bordaient, en particulier par un élégant monument en briques,
1. Itinéraire de Sahbour^ : « Deinde pervenies ad S. Gordianum martyrem, cujus corpus requiescit sub altare ma'gno in ecclesia S. Epimachi, et Quintus et Quartus martyres juxtaecclesia incubiculo pausant, et longe in antro Trofimus martyr. Deinde
pervenies eadem via ad speluncam, hic requiescit eadem via S. Eugenia virgo
et martyr in cubiculo ecclesiae pansât, et in altero loco Emisseus martyr. /> — De locis SS. Alar/yrinn: « Juxta viam vero Latinam ecclesia est S. Gordiani, ubi ipse cum fratre Epiniacho in una sepultura. Ibi quoque Quartus et Quintus : ibi Sulpitius et Servilianus et S. Sophia et Trophimus cum multis raartyribus sepulti dormiunt. Et juxta eandem viam Tertuliani est basilica, ubi ipse cum multis martyribus jacet. Ecclesia quoque S. Eugeniae juxta eam viam est, ubi ipsa cum matre sua in uno tumulo jacet : ibi S. Stephanus papa cum toto clero suo numéro XXVIII martyres : ibi S. Nemeseus.S. Olimphius, S. Simpronius, S.Theodolus, S.Superius, S. Obloteris, S. Tiburticanus martyres sunt sepulti (d'une autre main : et eadem via ecclesia est S. Stephani protomartyris). » — Itinéraire de Guillaume de Malmesbury : «. Octava porta S. Joannis quae apud antiquos Assenarica (lire : Asinaria) dicebatur. Nona porta Metrosa (lire : îMetrovia) dicitur et coram istis ambabus via Latina jacet. Décima porta et via Latina dicitur. Juxta eam requiescunt in una ecclesia martyres Gordianus et Epimachus, Sulpicius, Servilianus, Quintus, Quartus, Sophia, Tryphenus, et ibi prope in alio loco Tertullinus et non longe ecclesia beatae Eugeniae, in qua jacet et Claudia mater ejus, et Stephanus papa cum clero suo numéro XIX et Nemesius diaconus. » — Itinéraire d' Einsiedeln : « In via Latina extra civitatem in sinistra oratorium S. Mariae, S. Gordiani ; in dexteraS. Januarii, oratorium S. Syxti, S. Eugenia, ad S. Theodorum. » — Vita Hadriani I : « Basilicam S. Eugeniae tcim intus quamque foris a novo restauravit. Simili modo et basilicam S. Gordiani atque Epimachi seu coemeterium ejusdem ecclesiae, Simplicii et Serviliani, atque Quarti et Quinti marlyrum, et beatae Sophiae una cum coemeterio S. Tertullini foris portam Latinam a novo in integrum renovavit. » — Index coemeteriorum e libro Mirabilivm : « Coemeterium Gordiani foris poitam Latinam. )>