‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 3)Chapitre 165 sur 366 · CR · texte numérisé non relu

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vrit une crypte ornée de mosaïques. Le P. Marchi (^) a publié plusieurs monunîents de ce cimetière, mais en se plaçant surtout au point de vue architectural. Les constructions du cimetière moderne ont beaucoup endommagé la catacombe. Commencé en 1837, ce cimetière ne comprenait d'abord que la partie basse où s'étend le portique ; plus tard, on eut la fâcheuse idée de la prolonger jusque sur la colline appelée «Pincetto>> ; alors beaucoup de galeries furent détruites ;

des inscriptions, des arcosoles, des peintures, restèrent en plein air, exposés à toutes les dégradations ; et les choses demeurèrent en cet état jusque vers 1894, malgré les protestations des archéologues. Enfin leconseil communal a accordé un subside qui a permis de faire quelques restaurations et de prévenir de nouveaux dégâts.

Actuellement on peut visiter trois régions de la catacombe; on y pénètre du cimetière moderne, par trois entrées distinc-

I. I monumenti délie arti cristiane primitive,^. 109-121, 225-227.

tes (ï). La première et la principale avoisine la basilique de St-Laurent et arrive jusqu'au tombeau de Pie IX et à la chapelle de Ste-Cyriaque ; la porte d'entrée est près du caveau de la famille Odescalchi [a]. Non loin de l'entrée, on remarque un arcosole qui porte l'inscription : ZOSIMIANE IN DEO VI VAS, et dont les peintures représentent, au milieu, le Sauveur assis entre deux Saints ; sur les parois latérales, Jonas et Moïse ; à la voûte, le bon Pasteur au milieu d'arbres ; à droite et à gauche, le jugement de l'âme; à la partie antérieure de l'arcosole, des brebis paissant devant une grille, pour donner l'illusion d'un tombeau isolé. Près de là, dans une galerie adroite, on voit une inscription grecque dans laquelle le monogramme sert encore d'abréviation du nom du Sauveur :

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« Antonin, vis justifié dans le Christ ! ^

En poussant plus avant, du même côté, on visite une région assez étendue, mais fort dévastée, et où beaucoup de galeries sont comblées. Retournons à l'arcosole peint, traversons quelques galeries, descendons plusieurs degrés, et pénétrons par un trou moderne dans un petit hypogée très curieux [h]. On le prit d'abord pour une chapelle chrétienne ; c'est en réalité un colombaire païen, ainsi que le prouvent les peintures mythologiques (Apollon), les urnes et les inscriptions. Il y avait primitivement une porte spéciale, dont les traces sont encore visibles, et un escalier aboutissant à la rue ; les chercheurs de reliques sont passés par là et ont percé les parois pour arriver à la catacombe. On peut signaler dans ce colombaire une marque de brique jusqu'ici unique, avec les mots (I^ DIBVS M ART (-;. Faut-il y voir un sou-

1. Vu la difficulté de lever un plan exact du cimetière dans son état actuel, j'indique seulement les entrées de la catacombe dans le cimetière moderne de manière qu'on puisse les retrouver sans fjeine.

2. Les ides << parricides »■ Les consuls nommés sur la brique sont ceux de l'année 123 : PETINO • ET • APRON • COXSS . La fabrique est appelée EX . FIGLUnis) • MIRINIAXIS.

venir delà mort , de César arrivée à la même date? Une inscription est encore à sa place :

D • M M • AEMILIO . ELPIDE PHORO • PAPIRIA • SE CVRA • COIVGI • BENE MERENTI • CVM • Q.VO • VI XIT • ANN • VIII . M . III QVI ■ VIXIT • ANN . XXXX FECIT

De la région de ce colombaire on peut arriver jusqu'à la basilique de St- Laurent. Les tombeaux sont pauvres ; beaucoup n'ont jamais été ouverts. Les noms sont simplement tracés sur la chaux. Il y a cependant aussi quelques fragments de marbre, sur l'un desquels était gravé le buste d'une défunte entre deux saints.

Une seconde entrée [c] se trouve sous la chapelle même de Mgr Annivitti. Dans cette région, comme dans la précédente, les tombeaux, dont un grand nombre sont encore intacts, ne présentent rien de remarquable.

Enfin il y a une dernière entrée [b] à côté de la tombe De Romanis. Près de cette entrée, les travaux du cimetière moderne avaient mis à découvert un arcosole peint très important ; on l'a transporté dans un «cubiculum» construit tout exprès. La peinture est du IV^ siècle. Elle représente Notre-Seigneur au milieu des vierges sages et des vierges folles; le reniement de S.Pierre,dans le style des sarcophages; le miracle de la manne ; une Epiphanie, dont il ne reste qu'un mage et l'étoile au milieu de laquelle est inscrit le monogramme ; enfin, à la partie antérieure, une orante introduite par deux saints dans les tabernacles célestes (0- Cet arcosoleétait évidemment le tombeau d'une vierge chrétienne.

r. Cf. de Rossi, Bnlletfino, \i

Dans les galeries de cette région on peut remarquer

l'image du gril, l'instrument du supplice de S. Laurent, tracée sur la chaux de plusieurs « loculi ». On a aussi trouvé près de là (1876) une chapelle et quelques «graffiti » qui

PEINTURES d'un ARCOSOLE DU IV<= SIECLE.

pouvaient marquer un lieu historique. Peu de temps après sa découverte, la chapelle fut détruite ; M. Stevenson y avait transcrit les « graffiti » suivants (i) :

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