I. Is., IX, 2 : XLir
du 11^ siècle. Du reste, après les dernières fouilles, on reconnaît au-dessous du niveau primitif de la chapelle des tombeaux très anciens, car ils portent des inscriptions rouges, et néanmoins postérieurs aux € loculi » supérieurs et à cette peinture : il faut donc qu'elle soit elle-même d'une haute antiquité. Cette peinture, la plus ancienne image de Marie
trouvée jusqu'à présent dans les catacombes, est de la plus grande importance pour établir l'antiquité du culte de la T. Ste Vierge. C'est évidemment un sentiment de vénération et de confiance en son intercession qui dès le 11*^ siècle l'a fait représenter ici.
Il y a dans la même chapelle une belle inscription grecque
à la fin de laquelle se lisent les mots : eiCOQeiON AOPIIMA <ï>GPoj5a), « qui porte le don divin ».
La galerie qui passe sous le pont établi pour permettre de mieux voir la peinture de laAIadone est remplie d'inscriptions rouges fermant encore les tombeaux-.
.A droite :
CAECILIA SILVINA
PAX TECVM VALERIA
A gauche, un tombeau qui pourrait être celui d'une martyre, avec la belle inscription :
IVLIA MAr/(vr?)
VIRGO AKM.MA SIMPLt-'.V
La première ligne est peinte en rouge, la seconde tracée à la pointe sur la chaux.
On peut ensuite revenir sur ses pas jusqu'à la crypte de la Madone.
Dans une petite chapelle voisine on remarque sur la paroi le nom de Partenio ; et dans une autre galerie toute proche, à gauche, la belle inscription
LVCRETIA • PAX TECVM ]X . DO .
OÙ la formule IN DO peut signifier soit «in Deo » soit «in Domino X>.
En rentrant dans la chapelle de la Madone, prenons une galerie, au-dessous de l'escalier en fer. Dans une chapelle de cette galerie, Marangoni et ses amis ont tracé, en 17 17, une inscription dans laquelle ils prennent le titre d' « inclyti lustratores totius coemeterii ». Cette chapelle est à gauche de la galerie. Une autre chapelle, à droite, renferme des peintures représentant le cycle de Jonas. Enfin la galerie se termine à un arénaire. Près de cette extrémité, dans un fond de galerie, au bas de quelques marches, il y a une belle
inscription grecque encore à sa place, qui se termine par cette forniule : O KVPto; META COr, « Le Seigneur avec toi. »
THCGMNOTATH KAI i:AYKYTi CYMBILJ POAINH AYP AlOClOV^w
poc xeeeiKA^ orypivigtacoy^
Il est bon d'achever la visite de cette région primitive à inscriptions rouges peintes sur briques, avant de pénétrer dans une autre région du cimetière. Qu'on reprenne donc la galerie [G] qui a été visitée la première. A l'extrémité de cette galerie [N] on voit à gauche l'inscription
MARCIANVS . HIC • DORMIT • IN • PAGE peinte en noir sur brique ; puis les suivantes, à droite :
PROBVS • FIRMINE • BHNEMEllENTI
(Sur marbre)
PROFVTVRA ACINKPITOC (En rouge)
Après avoir tourné à droite, on a sur la gauche un fragment grec écrit en caractères latins sur marbre :
///EPOESEN
puis, à droite :
PRIMILLAE ALVMNAE BENEM/// PAX Ucum
(Sur marbre)
à gauche :
EMILIVS . AVSPICALIS • FECIT EMILIAE • AVGVRINE FILIE • SVE
(Ancre)
(Sur marbre)
NOVIGIAE COMVGI VENEMFREXTI
(Sur marbre)
4l6 GUIDE DES CATACOMBES ROMAINES,
à droite :
eveAniCTOG
(En rouge)
à gauche à l'angle de la galerie :
IVLIA . SABBATIA (En rouge)
On arriverait ensuite à l'arénaire, où il n'y a plus de tombeaux.
En revenant par le même chemin jusqu'auprès de la Madone [O], nous remarquerons à droite un fragment de sarcophage avec l'inscription d'une «alumna» du nom d'Euporia :
THAHAOrC TATH KAI niG TH ePEnTH
ErnopiAi
APTCOPIA nATPCDNA
et ensuite, dans une longue galerie [P], encore à leur place, à droite :
EVEMERVS EVFRATA
(En rouge ; (Hn rouge)
à gauche :
AVRELlVS $IAOnATPOC
(tn rouge) (En rougt;
à droite, sur une mince plaque de marbre : IlAKTOrMHIAN HAT A AN KAI OxVHBLlîsON OAÏMniOK
(^Ancre entre deux foissom).
Les deux poissons tournés vers l'ancre représentent les fidèles se dirigeant vers la croix de Jésus-Christ.
TACVL
.VGUBPRAEPOSir
IS ORORIBEreMEKEN'I QVAEVIXIT-AiL ORORI- QVMIVIXI TANMSXVnSERAP L
FRATRI-QVIVrXITANvnSXXnNICEtî hE -
OIVlTArE OEf\;'SI)EHKSÇ]('SIDISl
iyJ
Cette belle inscription rappelle un affranchi impérial qui exerçait, comme S. Paul, Aquila et Prisca, la profession de fabricant de tentes, « praepositus tabernaculorum ^. Ce détail a son intérêt, après tout ce que nous avons dit de l'origine du cimetière.
Au-dessus, cette petite épitaphe, où est rappelé probablement le fils d'un affranchi de l'empereur Titus :
TITVS FLA VIVS FE LICISSIMVS /lie depositus ^ST A gauche, un peu plus loin :
//,NDER ^__^
Le poisson peut représenter ici le nom du Christ : «(Alexa^nder in Christo. » A côté il y a un escalier conduisant au second étage que nous visiterons ensuite.
Un peu plus loin à droite :
AornorAA
(Sur marbre)
En suivant toujours la même galerie, nous arrivons à une chapelle décorée de peintures du III^ siècle: Jonas à l'entrée, le sacrifice d'Abraham à gauche, les enfants dans la fournaise à droite. Mais le sujet le plus intéressant est celui du fond. Au milieu de la paroi est représentée sous forme d'Orante la personne enterrée dans l'arcosole ; à gauche, un évêque qui, assisté d'un diacre, donne le voile à une vierge
Guide des catacombes. 27
sacrée, et qui montre du doigt, comme un modèle à imiter, la T. Ste Vierge figurée à droite avec l'Enfant Jésus sur son
sein. Quelques archéologues n'ont voulu y reconnaître qu'une série de scènes de la vie réelle, la virginité, le mariage et la maternité, le bonheur du ciel ; mais cette interprétation se soutient difficilement et en tout cas est beaucoup moins naturelle que l'autre. Il semble que cette chapelle renferma le tombeau d'une vierge consacrée. La scène liturgique que nous y voyons est le seul exemple que nous offrent les peintures cimitériales, d'un évêque assis sur la « cathedra », et, détail à noter, cet évêque paraît avoir les mêmes traits que le type traditionnel de S. Pierre, Encore une nouvelle preuve du souvenir très vivant de l'Apôtre dans ce cimetière. Peutêtre a-t-on voulu représenter, sur cette tombe du III siècle, une consécration de vierge faite par S. Pierre dans ce cimetière même, et en même temps rappeler la profession de la défunte enterrée là.
Vis-à-vis de cette chapelle, une galerie conduit à deux autres «cubicula» où est tracé au charbon le nom d'un compagnon de Bosio, le célèbre Pompeo Ugonio.
Retournons vers la galerie principale. A droite, nous avons une galerie qui aboutit à un groupe de cryptes appelées par les fossoyeurs «délie botticelle», parce que dans l'une d'elles sont représentées des personnes traînant un tonneau.
C'est évidemment la chapelle funéraire d'un marchand de vin. D'autres peintures représentent le bon Pasteur, le cycle de Jonas et des Orantes (IV"'-' siècle). Sur la paroi est fixée l'inscription
BONAVIAE • CONIVGI SANCTLSSIMAE
Près de ce groupe nous pourrions entrer dans un arénaire et arriver à une ancienne porte qui servait d'entrée à la catacombe avant la construction de la porte actuelle.
Revenons plutôt au centre des inscriptions rouges, et visà-vis de la chapelle de la Madone prenons une large galerie [L] décorée de niches pour des sarcophages. Elle aboutit à un grand lucernaire qui descend jusqu'au second étage. Plusieurs inscriptions de cette région sont fort remarquables.
La suivante est à côté du lucernaire :
DORMITIONI ISIDORAE
En faisant le tour du lucernaire on arrive à la porte d'une chapelle où sur un fragment est répétée la même idée :