Suétone, idid
ment de religion. On pouvait donc conjecturer, et les historiens des persécutions l'ont généralenient admis {\, que Acilius Glabrio et les autres victimes mentionnées par Suétone étaient des chrétiens. La conjecture est devenue certitude, depuis qu'on a découvert dans le cimetière chrétien de Priscille le tombeau de famille des Acilii, et dans cette chapelle des signes non équivoques de christianisme.
Ainsi Acilius Glabrio, noble personnage du l^"" siècle, qui peut-être vit les Apôtres et conversa avec eux, fit partie de ce premier groupe aristocratique de Rome qui, après avoir embrassé la foi, forma une société avec les pauvres, les délaissés, les esclaves de la grande métropole, proclamant par les actes, devant le monde païen, la vraie égalité préchée par le Christ. On se demande aussitôt s'il n'y avait pas des liens de parenté entre le consul martyr et le fondateur du cimetière de Priscille, Pudens, père de Pudentienne et de Praxède. De Rossi osait presque aller jusqu'à considérer Pudens comme un Acilius. Et si, comme il est probable, Prisca ou Priscilla des Actes des Apôtres était une affranchie de Pudens, Aquila son mari un affranchi d' Acilius Glabrio, le nom même d'Aquilius, Aquila, pouvait dériver de Acilius (^).
Examinons maintenant l'hypogée de cette illustre famille, où autour du consul martyr furent déposés ses descendants.
L'hypogée se compose de deux larges corridors souterrains, d'inégale longueur, se joignant à angle droit, et de deux chambres ouvrant sur la galerie principale. Dans les parois,couvertes d'une fine couche d'enduit et peintes, étaient disposées tout autour des niches ; et dans ces niches des sarcophages, dont il ne reste plus que des fragments dispersés, comme d'habitude, par les amateurs d'antiquités qui ont saccagé ce monument. Une des chambres est presque entièrement détruite. L'autre [C] était revêtue de marbre et ornée de deux colonnes : elle devait contenir le tombeau principal, celui du fondateur et propriétaire Acilius Glabrio. Du sarcophage il ne reste rien, rien non plus de ses pré-
1- Cf. Allard, Histoire des persécutions, t. I.p. 112 : — Aube. Hist. desperséc, p. 438. 2. Le nom « .Aquilius /> est appliqué à Aquila dans le ms. Vat. lat. 1193.
cieuses reliques ; tout a été emporté durant les siècles d'abandon de la catacombe. Les inscriptions des Acilii retrouvées jusqu'à présent sont toutes gravées sur marbre, les unes en latin, les autres en grec. Il y en a qui appartiennent à des descendants directs du consul Acilius Glabrio, d'autres à des personnages de branches collatérales, Acilii Veri, Acilii Valerii, Acilii Rufini. Ce n'est pas sans une vive curiosité qu'on lit sur l'une de ces inscriptions le nom d'une Priscilla uni à celui d'un Acilius Verus. Ce nom, dans ce cimetière, porte à penser que la personne qu'il désigne, parente des Acilii, devait avoir aussi quelque lien avec la fondatrice de la catacombe, quoiqu'elle n'ait d'ailleurs vécu qu'au II I^ siècle, par conséquent à une date fort éloignée de l'âge apostolique. Il rend, en tout cas, de plus en plus vraisemblable l'hypothèse de rapports de parenté entre la famille du consul Acilius Glabrio et celle de Pudens.
Au fond de la chapelle, à gauche, est fixée l'inscription d'un Acilius Rufinus :
La formule ZHCHC EN 66LU, « tu vivras en Dieu », prouve avec évidence le christianisme de la famille des Acilii.
Les fragments suivants, à droite sur un petit mur, rappellent d'autres membres de la même famille.
Il est probable que cet Acilius Glabrio fut un fils du célèbre consul martyr. On pourrait rétablir l'épitaphe de cette manière :
ACILIO . GLABRIONI