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Guide des catacombes romaines. 34
(642 649) fit achever les travaux (i). Les ruines récemment découvertes indiquent bien un monument du VII*^ siècle. On voit, en les étudiant, que la basilique avait son « atrium »
PERSPECTIVE ET PLAN DE LA BASILIQUE IMMEDIATEMENT APRES LA DÉCOUVERTE (il
près de la voie Flaminienne, trois nefs séparées par des colonnes, au milieu de l'abside une niche pour la chaire épiscopale, en avant l'autel, précédé de degrés, et la « schola cantorum ». On a retrouvé des fragments des «transennae » de l'autel, dont un porte les lettres mar (tyri ?), un petit chapiteau du baldaquin, un de ces coussins en marbre ornés de croix et caractéristiques de l'époque byzantine, enfin un autre fragment en marbre, avec inscription votive du V^ ou Vl^siècle.dont il ne reste que ces mots :///i\i • semper -et • VBIQ • DEVOTI. La confession était formée par une galerie souterraine, analogue à celles de Ste-Praxède, de Ste-Cécile, des quatre Saints Couronnés. On y remarque dans les
I. « Fecit et ecclesiam beati Valentini juxta pontem Molbium, a solo quam et ipse dedicavitet dona multa obtulit ». Lid. pontif., éd. Duchesne, t. I, p. 333.
parois des niches pour les lampes. Près du milieu une petite fenêtre encore reconnaissable permettait de voir le sarcophage du martyr ; c'était la « fenestella confessionis ». En avant de l'autel devaient être placées les inscriptions dédiées au saint, et parmi elles deux inscriptions damasiennes, autant qu'on en peut juger par deux fragments dont l'un semble conserver la finale d'une formule tout à fait damasienne : « supplex tibi vota rependo » :
Détail important, car on ignorait que S. Damase eût orné ia crypte de S. Valentin. Un autre fragment, également damasien, et trouvé non loin de la voie Flaminienne, près du chemin de l'Acqua Acetosa, est ainsi conçu :
BEATIS'// PRESBY///
i Beatissimus ;» est le titre donné aux martyrs. La mention à cet endroit d'un prêtre martyr fait penser naturellement à S. Valentin, et l'analogie permet de restituer cette inscription dans la même forme que celle de S. Janvier au cimetière de Prétextât :
BEATISiiTHO martyri VahntuiO PREbBY/t;/-o Damasus episcopus fecii
Elle est maintenant dans la crypte.
A l'extrémité des nefs latérales, il y a des traces de chapelles, qui, selon le rite ancien encore usité dans l'Église grecque, ont dû servir pour la préparation du sacrifice, <<: oblationarium ». Celle de gauche était dédiée aux autres martyrs du lieu et à S. Zenon. On y a en effet relevé des fragments avec les lettres peintes
SCh ET BE Missimis (') et l'inscription, maintenant dans la catacombe,
-j- S. ZEXO
Pendant le moyen âge, on venait là en procession, le jour de S. Marc, de l'église de St- Laurent in Lucina ; il y avait pour la station une oraison propre, après laquelle on faisait mémoire de S. Zenon. Ce martyr, déposé dans une crypte du cimetière de Prétextât, est appelé par un des Itinéraires « frater Valentini », sans doute <i frater in passione», et plusieurs martyrologes marquent sa fête au 14 février. Pascal I^i fit construire en son honneur un oratoire célèbre dans l'église de Ste- Praxède, où on voit encore une mosaïque représentant les
deux martyrs Zenon et Valentin {-).
Pendant les IX"^ et X^^ siècles, la catacombe de St- Valentin resta en honneur. Nous en avons la preuve dans une inscription du pape Jean IX (898) conservée à Ste-Marie in Cosmedin, où il s'agit de donations faites au monastère, et dans une bulle du pape Agapit (946 955) qui parle d'un monastère annexé au cimetière et l'incardine à l'église de St-Sylvestre in Capite. Voici le texte de l'inscription de Jean IX:
SVME VALENT INE MARTIR HEC DON A BEATE Q.VE TIBI FERT OPIFEX TEV j BALDVS CORDE BENIGNO • HEC ITAQ SVNT QVE TIBI BEATISSIME | MARTIR IDEM TEVBALDVS CONCESSIT • QVATINVS SINT IN VSV | SACERDOTV IN PERPETVV DÔ TIBIQ. HIC SERVIENTIVM ,1 IDEST • DOMVS DVAS SOLARATAS IVNCTAS IN VICINO TVAE ECCLÂE | CELLA . IVXTA EAMDE ECCLÂxM • ORTICELLV CV OLIVIS RETRO ECCLAM SCI | NICOLAI/// VINËA IN ANTONIANO • MISSA ! LE . I • ANTIFONARIA • II • VNV DIVRNI • ALIVQ. . NOCTVRNI OFFICII FERIALES II | LIBRV GENESEOS CV ISTORIIS CANONICIS • PASSIONARIV . DÎALOGV CVM |
1. « Sanctis et beatissimis (?) ». Cette formule se rencontre aussi dans une inscription de Porto. Cf. infr., liv. III, ch. IV.
2. Cf. Éléments d'archéologie chrit., III, Basiliques et églises de Rome, p. 330.
SCINTILLARIO • IMNARIA • II LIBRV EX MORALIB • CALICE ARGENTEV EXAVRA | TV CV CALAMO ET SVA PATENA • TVRIBVLV ARGENTEV • MANVALË- I | SI • QYIS VÔ BEA- TISSIME xMARTIR EX • HIS QVE TIBI A l DICTO THEV- BALDO CCE^ I SA SVNT ET VEL AB ILLO AVT AB ALIIS CONCEDENTVR TEMERARIO AVSV ALICiVID | ABSTVLERIT • DISTRAXERIT • VEKDIDERIT • VL FRAVDAVERIT • SIT SËPATVS A DO OMIV i Q - XPIANOR • CSORTIO • QVIN • ET PPTVO . PCVSSVS ANATHEMATE ATQ. • CV DIABOLO ET | OfBVS IMPIIS- IVNCTVS . AETERNO INCENDIO EXVRATVR • TÉPORE PONTIFICIS NO, NI SVMÎQVE lOHÎS • EST SACRATA DIE SVPREMO HEC AVLA NOVËBRIS 1 DV QVfTA ELABENTE INDICTIO CVl^RERET ANNVM
Un document du XI»^ siècle raconte qu'un pèlerin allemand obtint des reliques « a quodam cimeteriorum custode », demeurant sur la voie Flaminienne, près d'un cimetière « ubi semper ardent lampades ». Il s'agit évidemment du gardien de St-Valentin ('). A la même époque, sous Nicolas II (1058-
I. Ce document est inséré dans la chronique du monastère de St-Michel sur Meuse, Mabillon l'a publié dans ses Vetera arialecia, éd. de 1723, p. 350-356. En voici le passage principal : <<i ... Haec dicens (le pèlerin anonyme) properat ad quemdam cimiteriorum custodem apud S. Valentinum commorantem, cuncta quae didicerat per ordinem edocet: qui auditiseiusmodi causis, affatim gavisus est, rriagis autem promissis illectus pecuniis, assensum praebuit corpus sancti Callisti papae se daturum pollicitus omniaque, sicut abbas ipse requirebat, seextensurum promisit.et intactum usque nunc sepulcruni et quemadmodum in Gestis passionum legitur in superficie tabulae marmoreae epitaphium e.xaratum, dummodo in dandis promissis fides adhibeatur dictis. Conventione igitur facta ventum est ad cimiterinm ubi semper ardent lampades, quo in loco altrinsecus fit iuranientuni, abbate cimiterii custode in eodeni loco. ut libri Passionum et praesens epitaphium docebat, corpus esse Callisti papae propria manu iurante, et e contra iussu abbatis Xanteri monacho sao super sacra spondente, quod promissum erat pecuniarum die denominato mittendum.
« Post compositas ntrinque sponsiones, monacus arrepta securi tentabat marmoreum avellere tabulatum quo claudebatur sepulcrura, nam undique caementario artificio septum durius lapide fuerat effectum, nec ullo modo iunctum potuit caementum dividi : quin etiam recusae secures et bipennes confrigebantur, in eminenti loco prospiciente speculatore, ne aliquo superveniente furtum, quod cum operandi fiebat pavose, quodque illis erat in reatum, isti in remedium, quoquo modo foret deprehensum. Sed cum monachus nulla ratione marmoream tabulam, ut praefatum est, indissolubili glutino caementi non valeret effringere, levata securi librat ictum in tabulae médium, quae cldudebat monumentum : defossumque thesaurum omni gemma pretiosius invenit reposituminterius, quod assumens detulit abbati ad hospitium qui ineffabili suscepit laetitia ».
1061), la basilique fut de nouveau, ainsi que le rapporte une inscription conservée à St-Sylvestre in Capite, restaurée par les soins de l'abbé Théobald et solennellement inaugurée le 3 février 1060 :
QVE AD LAVDË Dl" IN ECCLA SVA FIVNT N • INHERTIE RELINaSED AD POSTERITATIS MEMORIAM «oMS PC.IPIVNT MANDARI SrC Il'SA VERITAS DICIT • LVCEAT OPA VRA BONA . NVLLIVS • INSOLENT | timORE SED DÏ ET S^ VALEN- TINI MAR El AMORE: Q.VE HVIC ECCLE ABBAS TEDBDAD VL DIRVTA I «/)<;;AVIT VL PDITA RESTAVRAVIT VL EX SVO ADQ.SIVIT VT OMÏB • PATEFIERENT CÔPENDIOSO | /;VIC LAPIDI INSERI CVRAVIT IN TECTO HVI ECCLE TRES TRA- VES MVTAVIT PORTICVS Q.VE ! CIRCA ST OMS RENO- VAVIT • YCONAS VO Q.NQ. • FECIT EXÂVRATAS • CRVCES • IIIIOR • EXAVRA I tas coDICES • IIII • PASSIONARÏV • MISSALE • COLLECTAKEV • PASSIONARÏV • IN FESTIVITATE S • VA- LENTINI I hwipaduRlOS II • PSALTERIV • I • ALB • I • CALICE ARGENTEV • I • PALLAS • ALTARIS ■ II • CORTINAS • II • VE- STES ! scricaS • II • FANONES • XX • ARC^ GIPSE"V • CAP DE AVRICALCO X . CRVCË • SIMILITER DE AVRICAL | co tuRRË QYA CÂPANILE DICIM • I • CÀPANAS • II • DOMÔ • IIII • CLAV- SVÎÏ MONASTERII A FVN UawéjNTO CONSTRVXIT • ARCV . ANTE . lANV . ECCLE • VINEARV PETIAS XÎÎÎÏ • PEDIC | îéMTARITIE TERRE III • HEC ÔTvïï DOMN • TEB ALD • PARTI • DIRVTA ET DEFECTA REEj-i/^cANS PARTI AVTE ADQRENS HVIC ECCLË APPLICVIT-DATO EX PROPRIIS SVPTIB |/»re;</o Z;BRAR CXX • CREDITORIB: KEC N ECCLË: REDDIDIT LIB VIII ; weuse FEB D III • 1N"DÏC XIII • TE^ORIB • DÔNI NICOLAI •
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Après la translation du corps de S. Valentin à Ste-Praxède (XlVe siècle), l'église de la voie Flaminienne fut abandonnée. « Ecclesia S. Valentini extra portam sive mûris non habet sacerdotem », lisons-nous dans le codex de Turin (i). Au XVI^ siècle, Bosio put reconnaître (1594) les