‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 3)Chapitre 343 sur 366 · I. Lit. ponfif., t. II, p · texte numérisé non relu

I. Lit. ponfif., t. II, p

Gt)apitre Deuxième,

LE CIMETIERE DE ST-AGAPIT A PRÉNESTE (')

LA ville de Préneste ou Palestrina, à 25 milles de Rome, est une ville très ancienne, peut-être plus ancienne que Rome même. Elle était célèbre par son sanctuaire de la «Fortuna primigenia», appelée aussi «Fortuna praenestina ». D'abord ville libre, puis municipe, elle fut prise par Sylla, dont elle avait protégé les ennemis, les deux Marius. Sylla massacra les habitants, détruisit les édifices, et fonda dans la vallée une nouvelle colonie, qui eut une certaine importance sous l'Empire; on y voit encore des ruines de l'époque impériale. Au moyen âge, la ville se transporta de nouveau sur la colline, où elle est restée.

Une ancienne tradition locale, qui n'a rien d'invraisemblable, attribue à S. Pierre l'évangélisation de Préneste. Il est certain qu'il y eut là, dès les premiers siècles, un centre de christianisme. Le fait le plus ancien de l'histoire de l'Église prénestine est le martyre de S. Agapit (2). Les Actes, rédigés au VI* siècle, disent qu'Agapit fut martyrisé sous Aurélien. Le juge fut Flavius Antiochianus ou Antiochus, très probablement le même personnage qui fut consul en 270, et auquel les Actes donnent quelquefois le titre de gouverneur et même de roi. Sur son refus de sacrifier aux idoles

1. Cf. Cecconi, Storia di Paleslriiia, 1756 ; — Marucchi, Guida archeologica dell'antica Préneste, 1885 ; Niiove osservaziuni sul musaico di Palestrina, dans le Bullett. arch. cotnun., 1895 ; S. A^apito Preneslino, 1898 ; — Bullet. di archeol. crist., 1883, p. 88-89, P- 112-113; — Scognamiglio, Délia priniitiva basilica del martire S. Agapito, 1865 ; — Nuovo bullett., 1898, p. 97 ; 1899, p. 225 sq.

2. La fête de S. Agapit est marquée au 18 août par tous les Martyrologes même les plus anciens. Voici le texte du Martyrologe romain actuel : « Praeneste, natalis S. Agapiti martyris, qui cum esset annorum quindecim et amore Christi ferveret, jussu Aureliani imperatoris tentus est ac primo nervis crudis diutissime caesus, deinde sub Antiocho praefecto graviora supplicia passus, e.xinde cum ex praecepto imperatorio leonibus objiceretur et minime laesus esset, gladio ministrorum coronandus percutitur. »

devant le temple de Jupiter Imperator, Agapit fut exposé aux bêtes dans l'amphithéâtre, puis décapité. Il est facile de déterminer exactement le lieu du martyre. Une inscription, trouvée au XVI I^ siècle, parle d'une restauration de l'amphithéâtre faite au temps de Claude, par un riche affranchi du

M . JAREXr^ CLARI L. \T^yRANN{iis'\

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nom de Varenus Tyrannus,elle est même gravée sur une marche de cet amphithéâtre ; de la maison privée où on l'avait fixée, elle a été transportée récemment dans la basilique de St-Agapit {}). Elle fut recueillie aux environs de la chapelle de la Madone dei Cori. Or cette position correspond parfaitement aux indications des Actes, qui placent le lieu du martyre « ubi sunt duae columnae », et, suivant un manuscrit (2), « contra civitatem praenestinam ubi sunt duae viae ». Les deux colonnes n'existent plus, mais là se trouve encore, comme autrefois, la bifurcation de deux voies.

1. Le digamma éolique j (V) est caractéristique de l'époque de Claude.

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