I. Hist.,\. III, c
I l6 GUIDE DES CATACOMBES ROMAINFS.
De cette région, on va à gauche vers l'intérieur du cimetière. On rencontre beaucoup d'inscriptions grecques et latines, et deux chapslles d'une certaine importance. Une inscription grecque encore à sa place nous apprend que la première, fort ancienne, était celle d'une certaine Cyriaque. La seconde porte le nom de son propriétaire écrit en grec sur l'architrave de la porte : GVAÂAIOC G.WÏLu, « Eulalius pour soi-même.» Le nom de cet Eulalius, prêtre du IIl^ ou du IV^ siècle, est répété dans un « graffto ;^ de l'arcosole, qui donnerait à entendre qu'il s'agit d'un personnage très vénéré :
DOMINO EVAAAIO PRESBYTE KO SANCTO VOTVM FECERVNT...
IV. Le grand ESCALIER. RÉGION D'AMPLIATUS. — Non loin de là se trouve un autre centre historique, voisin du grand escalier qui conduit à l'étage supérieur du cimetière. Il y a, avant d'y arriver, quelques galeries à traverser.
Dans la plus grande s'ouvre la chapelle creusée (III^ siècle) par un chrétien, nommé M. Antonius Restutus, pour luimême et pour sa famille. L'uiscription est un beau témoignage de leur confiance en^Dieu :
M . ANTONI VS . RESTVTV S • FECIT • YPO GEV . SIBI • ET SVIS • FIDENTI BVS . IN • DOMINGO
Dans la même galerie, un peu plus loin, est fixée une autre inscription de la même époque, en partie latine, en partie grecque, avec une formule de prière adressée à Notre-
REGION DU GRAND ESCALIER ET DE LA CRYPTE D'AMPLIATUS. 'A] Grand escalier. [29' Chapelle à abside. [33] Chapelle d'Ampliatus.
Seigneur : « O Seigneur Jésus, souvenez-vous de notre
fille! »
AmiHTPIC . GT . LeONTIA -^ CGIPIKG (ï)GIATe . BGNGMGPGN TI MMIUOHU • THCOrC c^^^ 0 KIPIOO TGKNON //////
Plusloinencore, sur la paroi au delàd'unlucernaire, voici une belle inscription avec la figure du bon Pasteur et une acclamation à un défunt nommé Gerontius :
GHROXTl VIBAS IN DEO
Sous ce grand lucerna're on voit une chapelle qni offre des peintures décoratives très anciennes (génies, fleurs, lignes architecturales), à gauche et à la voûte deux figures du bon Pasteur, au fond un arcosole ; des i loculi » ont détruit des peintures antérieures. Deux inscriptions surtout sont à roter à cause de leur importance dogmatique, elles expriment la prière pour le rafraîchissement de l'âme et la foi en l'intercession des défunts pour les vivants :
VICTORIA REFRIGER?; ISSPIRITVS TVS IN BONo
///N.IVN///
///IVIBAS IN PAGE ET PETE PRO NOBiS
Il8 GUIDE DES CATACOMBES ROMAINES.
Les formules de ces inscriptions, la forme des caractères, montrent que cette région est très ancienne, qu'elle doit être une région primitive du cimetière.
L'esealier du fond, très ancien et très grandiose, est peutêtre le plus monumental de toutes les catacombes romaines. Il fut découvert en 1852 aussitôt après la création de la Commission d'archéologie sacrée, et Pie IX voulut immédiatement visiter les fouilles, ainsi que le rappelle une inscription à ses armes fixée sur la paroi.
Vers le milieu de ce grand escalier, on rencontre le premier étage. A gauche en montant, on voit [29] une chapelle avec abside qui a certainement servi de lieu de réunion pour les chrétiens. A droite s'ouvre une longue galerie. Elle est bordée de chapelles qui ont été creusées postérieurement. L'une d'elles, à droite, garde le souvenir de la société des « mattei ]», qui y tenaient leurs réunions au XVIII^ siècle et qui furent les prédécesseurs des « cultores martyrum ». Une autre, à gauche, fut probablement une crypte de martyrs ; on y lit ce «graffito » : SPIRITA SANCTA IN MENTE HABETE BASSVM PECCATOREM. Mais il y a au fond une grande crypte très ancienne [33], à laquelle on accédait par un escalier spécial. On y remarque un arcosole au-dessus duquel est encore à sa place l'inscription sur marbre : AM- PLIATI. Les lettres de cette courte épitaphe sont très soignées et d'une forme paléographique certainement antérieure à la seconde moitié du 11*^ siècle ; on peut la ju^er sans témérité de la fin du I^r. Les décorations de la chambre répondent aussi à cette époque, car sur les parois il y a des peintures décoratives du style appelé pompéien, que l'on voit dans les parties les plus anciennes des catacombes romaines. Enfin si l'on compare cette chambre avec les galeries et les autres chambres voisines, qui sont du III^ siècle, puisqu'on y trouve une inscription consulaire avec la date de l'an 289 (bas • ET QVINTI . ces • ), on doit conclure que le monument en question est beaucoup plus ancien, et que cette chambre a é:é un des noyaux primitifs du cimetière de Djmitille, c'està-dire un tombeau de l'époque des Flaviens, quand vivait
encore la génération qui avait conversé avec les Apôtres. Il faut remarquer qu'Ampliatus est un nom d'esclave, qui devint plus tard le € cognomen » des membres de la même famille affranchis et de leurs descendants (i). Or si un esclave a pu avoir pour lui-même et pour sa famille un tombeau si considérable dans le plus noble des cimetières chrétiens de Rome, il faut admettre qu'il a été un personnage de grande importance dans l'Eglise primitive. C'est pour toutes ces raisons
CRYPTE D'AMPLIATUS.
que M. de Rossi, en rendant compte de cette belle découverte dans son Bullettino {-), dit qu'on peut soutenir avec vraisemblance que l'Amplîatus du cimetière de Domitille est le même personnage que celui qui est salué par S. Paul(3) et qui était très cher à l'Apôtre. Dans la même chambre on a trouvé aussi une autre inscription plus récente qui parle d'un