‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 4)Chapitre 11 sur 365 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

§11. Les sept collines.

L'ensemble des sept collines de Rome,le < Septimontium >, était une chose comme sacrée, en l'honneur de laquelle se célébrait chaque année une fête spéciale.

Au centre du groupe se trouve le Palatin, berceau de la ville. Son nom dérive de celui de Paies, la déesse des pasteurs latins d' A Ibe-la- Longue. On distingue sur cette colline trois sommets : le Palatium proprement dit (St-Bonaventure^, le Germains (au-dessus de Ste-Anastasie), et la Velia (Arc de Titus).

Le Capitole, primitivement i Mons Saturnins >, parce que Saturne y aurait fondé un village, tire son nom du sanctuaire de Jupiter qui lui donnait une importance singulière, <L caput, mons capitalis >. Il avait deux sommets : le septentrional, correspondant à l'Ara caeli, et le méridional (Palais Caffarelli), où se trouvait le temple de Jupiter Capitolin (').

Le Quirinal, le Viminal et TEsquilin, forment ensemble un petit groupe. Le Quirinal (< quir >, lance, en sabin), n'était pas appelé i mons >, mais € collis > ; d'où les noms de « Regio collina, porta coUina >. Pour construire le Forum de Trajan, on supprima l'élévation de terrain qui unissait le Quirinal au Capitole, et qui était de la même hauteur que la colonne Trajane, ainsi que le marque l'inscription de cette colonne. — Le Viminal a son sommet vers St- Laurent în panisperna. — L'Esquilin comprend deux sommets: leCispius, (Ste-Marie-Majeure) et TOppius (St-Pierre-aux-Liens), séparés par la Suburra.

Le Coelius va du Palatin, dont il est séparé par la voie Triomphale, à St-Jean de Latran. Sur le sommet principal s'élève l'église de St-Grégoire ; sur le Coeliolus, celle des Quatre Saints Couronnés.

Enfin l'Aventin est séparé du Palatin par la € Vallis Murcia> (du nom d'un temple de Venus Murcia, près du grand cirque). Les noms anciens de ses deux sommets nous

I. Pour plus de détails sur celte importante partie de la topographie urbaine, consulter ma récente Description du Forum et du Palatin, Rome, 1902.

l'enceinte de ROME. XXI

sont inconnus. Nibby les appelait, sans raison plausible, vrai et faux Aventin ; mieux vaudrait les nommer grand Aventin (Ste-Sabine, St-Anselme) et petit Aventin (Ste-Balbine, St-Sabas).

Le Janicule et les autres collines du Transtévère ne faisaient pas anciennement partie de la ville proprement dite.

Les vallées qui séparaient les sept collines étaient : la « Vallis Murcia >, entre le Palatin et T Aventin ; le Vélabre, entre le Palatin, le Capitole et le Tibre (St-Georges in Velabro) ; la Suburra, entre le Quirinal et TEsquilin Oppius ; le € Vicus Longus >, entre le Quirinal et TEsquilin Cispius (Via Nazionale) ; le < Vicus Patricius >, entre le Viminal et l'Elsquilin Cispius (Via Urbana) ; le € Campus Martius >, en dehors de la vieille ville, dans la plaine qui s'étend entre le Capitole, le Pîncio et le Tibre : cette région était beaucoup plus étendue que le quartier qui porte actuellement le nom de Campo Marzo.

§ III. L'enceinte de Rome.

La muraille qui entourait Rome au temps de Constantin était de construction récente, Aurélien l'avait élevée dans la seconde moitié du lll^ siècle. Mais la ville avait eu auparavant deux autres enceintes successives, l'enceinte attribuée à Romulus et celle de Servius Tullius.

Avant Romulus, il y avait sur le Palatin un village de pasteurs albains. Le Capitole et le Quirinal étaient habités par des Sabins, l'Esquilin et le Viminal par des Étrusques. Le nom de Rome lui vint, suivant l'étymologie proposée par M. Guidi ('), du fleuve (<rumon > en ancien italique) qui coulait alors au pied du Palatin. Celui de Romulus aurait une origine analogue et signifierait le Romain par excellence. Le chef de pasteurs qui porta ce nom entoura son village d'une enceinte : ce fut la <L Roma quadrata > (^). Les indications

z. Cf. BuiUti. arckeolog. comun., 1881. p. 63 sq., où il s'appuie sur Corssen.

3. Plus tard on donna aussi ce nom à une excavation, surmontée d'un autel (< Mandas >), dans laqtielle se conservaient des objets jetés là par les Latins, les Sabins et les Etrusques, en signe de leur union.

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