STE-SABINE
pie de Juno Regioa ; sur la seconde à gauche en entrant on lit le nom RVFENO, le même que BianchJni déclare avoir vu
sur une colonne de Ste-Mar!e-Majeure{').CeRufînus serait-il le célèbre Rufin, magistrat sous Arcadius ? C'est plus proba-
I. t Columnae fetnie siagulne nnvei Rofini od jmum scapum snliquitu; ii (/>. i.. LCXXVIII, col. 333).
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blement le propriétaire des carrières d'où venaient ces colonnes, ainsi que le pense le P. Grisar (') après le P. Bruzza(^). Des restaurations furent faites sous Léon III à la fin du Vni« siècle et sous Grégoire IV au IX«. A côté de l'église était la résidence du cardinal titulaire, encore assez bien conservée, mais transformée au moyen-âge en forteresse. Honorius III (1216) en fit une résidence pontificale qui s'appela palais Savelii (3) ; on reconnaît encore les traces de ses travaux en < opéra saracinesca >. II y confirma la règle des Frères-Prêcheurs, y reçut aussi S. François ; puis, il légua le palais à S. Dominique, qui y demeura longtemps, ainsi que S. Thomas d'Aquin.
L'église a conservé sa forme basilicale. Les deux portes sont anciennes. La principale est dans le monastère, du côté où se trouvait anciennement V < atrium >. Quand on a franchi celte porte, on voit au-dessus, à l'intérieur, une belle inscription en mosaïque à lettres bleues sur fond d'or :
CVLMEN APOSTOLICVM CVM CAELESTINUS HABERET PRIMVS ET IN TOTO FVLGERET EPISCOPVS ORBE HAEC QVAE MIRARIS FVNDAVIT PRESBYTER VRBIS ILLYRICA DE GENTE PETRVS VIR NOMINE TANTO DIGNVS AB EXORTV CHRISTI NVTRITUS IN AVLA PAVPERIBVS LOCVPLES SIBI PAVPER QVI BONA VITAE PKAESENTIS FVGIENS MERVIT SPERARE FVTVRAM.
Cette inscription, écho peut-être du concile d'Éphèse, est un remarquable témoignage en faveur de la suprématie de l'évoque de Rome. Elle parle de la fondation même de l'église, non d'une simple restauration. Elle complétait une grande composition en mosaïque dont il ne reste plus que les deux personnages qui sont à droite et à gauche de l'inscription, deux femmes voilées portant un livre et représentant l'Église sortie des Gentils et l'Église issue du Judaïsme :
ECLESIA EX GENTIBVS, ECLESIA EX CIRCVMCISIONE. Sui-
1. Storia dei papi, vol. I, p. 11^, p. 401 ; et AnaUcta rofnann, t. I. p. 454.
a. Iscritioni dei marmi f^rezzi, dans les Ann. delt Istit. çenn., 1870, p. 106 sq.
3. La famille Savelii a donné à l'Église les deux papes Honorius III et Honorius IV.
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vant Ciampini ('), il y avait en outre, en haut, les symboles des Évangélistes; au-dessus de V <Ecclesîa ex circumcisione>, S. Pierre recevant la loi divine; au-dessus de V < Ecclesia ex gentibus >, S. Paul prêchant.
Les colonnes ne sont pas surmontées d'une architrave, comme dans les monuments antérieurs au V^ siècle, mais séparées par de petits arcs décorés en <L opus sectile >. Les fragments de marbre figurent des objets qui semblent des miroirs surmontés de la croix. La basilique date en effet de répoque où on commençait à figurer la croix sous sa vraie forme. L'arc majeur était décoré de mosaïques maintenant remplacées par des peintures ; Ciampini nous apprend qu'elles représentaient le buste du Sauveur au milieu des bustes des Apôtres et de quelques disciples.
L'autel et la confession sont modernes. Ils renferment les corps de Ste-Sabine, des SS. Alexandre, Eventîus et Théodule. Plusieurs débris de l'ambon et de la i schola cantorum > avaient été employés pour former le dallage ; on les a relevés il y a quelques années et fixés aux parois de l'église. Les pierres noires que Ton montre comme ayant servi au supplice des martyrs sont d'anciens poids, semblables à ceux que l'on a trouvés dans plusieurs maisons romaines et à Pompeî.
• Le monument le plus précieux est la grande porte en bois sculpté, encore assez bien conservée, quoiqu'elle ait été endommagée par des restaurations modernes («). On la considérait autrefois comme un ouvrage du XII* ou du XII I« siècle. Un archéologue russe, M. Kondakoff, a démontré qu'elle remonte au V«,qu'elle est d'un style qui rappelle beaucoup celui des nombreux sarcophages chrétiens de cette époque, qu'elle n'a au contraire aucune analogie avec les sculptures du moyen-âge. Elle doit donc être contemporaine de Célestin I^ ou de Sixte III. Les tableaux dont elle se