I. Cf. de Rossi, Inscript, christ, t. I, p
Intérieurement Ste-Marie-du-Transtévère est une des plus gracieuses basiliques romaines. Elle a conservé sa forme du XII^ siècle. La diversité de ses colonnes atteste la multiplicité de leur origine. Il est regrettable que sous Pie IX on ait cru devoir mutiler les chapiteaux pour en effacer des figures du culte égyptien ; on y voyait auparavant, entre autres symboles du culte isiaque, l'image d'Harpocrate, appelé par les Grecs dieu du silence ('). La confession a été transformée à la même époque.
La grande mosaïque de l'abside fut exécutée sous le pontificat d'Innocent II (1130-1143), de la famille Papareschi qui habitait le Transtévère. Le portrait de ce pape figure dans la composition, son nom dans l'inscription tracée audessous :
HAEC IN HONORE TVO PRAFVLGIDA MATER HONORIS REGIA DIVINI RVTILAT FVLGORE DECORIS IN QVA CHRISTE SEDES MANET VLTRA SAECVLA SEDES DIGNA SVIS DEXTRIS EST QVAE TEGIT AVREA VESTIS CVM MOLES RVITVRA VETVS FORET HINC ORIVNDVS INNOCENTIVS RANG RENOVAVIT PAPA SECVNDVS.
L'inscription sépulcrale d'Innocent, aujourd'hui sous le portique, nous fournit la date précise de ce travail :
+ HIC REQVIESCVNT VENERABILIA OSSA SCISSIMAE MEMORIAE DnIiNNOCENTII PAPAE II DE DOMO PAPARESCORVM QVI PRAESENTEM ECCLESIAM AD HONOREM DEI GENITRICIS MARIAE SICVT EST A FVNDAMENTIS SVMPTIBVS PROPRIIS RENOVAVIT A . D . MCXL ET COMPLETA EST A • D • MCXLVIII
I. Les Grecs avaient empranté aux égyptiens la fifirure d'Horus enfant suçant son doigt, et par suite d'une fausse interpréution de ce geste, en avaient fidt le symbole du silence*
Ex^utée par des artistes vënïtieas, dans le style de la première renaissance italienne, la mosaïque fut restaurée par Clément XI et dernièrement par Pie IX. Nous en avons une
reproduction dans un manuscrit de la bibliothèque Barberini (20-r 0 intitulé : Mosaici e piiture délia basHica di S. Maria in Trastevere copiate fedelmente da Antonio Eclissi {1640) (■). I. Cf. de Rossi, Bullell. . i B6â, p. 76, Q4 ; — el Htnaiei.
Au centre de cette belle compositîon,on voit assis, Notre-Seîgneur et la Très Sainte Vierge, en costume byzantin, le Sauveur posant sa main droite sur Tépanle droite de la Vierge ; à leur gauche, S. Pierre, S. Calîxte, S. Jules et S. Calépode ; à leur droite, S. Corneille, S.Laurent, le pape Innocent II ayant en main une réduction de la basilique. Sur le livre que tient le Sauveur on Ht ces paroles : VENI electa mea et ponam IN te THRONVM mevm ; et sur celui de la T. Ste Vierge :
LEVA EIVS SVB CAPITE MEO ET DEXTERA EIVS AMPLEXABI-
TVR me. Au-dessous sont représentés l'Agneau divin et les douze brebis ; en haut, la main divine sortant d'un nuage, et le monogramme constantinien;à la partie extérieure,la croix et les lettres apocalyptiques Ao, les symboles des quatre Évangélistes, les prophètes Isaïe et Jérémîe avec les inscriptions : ECCE VIRGO CONCIPIET ET PARIET FILIVM — XPC
DNS CAPTVS EST IN PECCATis NOSTRis, qui font comprendre que l'oiseau en cage, figuré à côté, est un symbole, rare d'ailleurs, de l'Incarnation du Verbe dans le sein de Marie.
Les sept tableaux en mosaïque de la zone inférieure, attribués au célèbre peintre romain Pierre Cavallini (<), sont du XIII® siècle. C'est une série de scènes de la vie de la T. Ste Vierge («). On y remarque un personnage à genoux appelé BERTOLDVS FiLivs PET; ce Berthold était fils de Pierre Stefaneschi et majordome de Nicolas IV. Il y a aussi l'inscription :
VIRGO DEVM COMPLEXA SINV SERVANDO PVDOREM VIRGIN EVM MATRIS FVNDANS PER SECVLA NOMEN RESPICE COMPVNCTOS ANIMOS MISERATA TVORVM
Le pavé de la basilique est en i opus romanum >, dans le genre des travaux des Cosmates. Il a été fortement restauré sous Pie IX, ainsi que l'autel.
1. Cet artiste travailla aussi à la basilique Vaticane. à VAra caeli, etc. Cf. Guiraud, L Église et les origines de la Renaissance, p. 12 sq.
2. < Les mosaïques de Ste-Marie du Transtévère se ressentent beaucoup de l'influence deGiotto... Par la science de la composition, la vie des figures, la beauté du dessin et des couleurs, elles témoignent d'une véritable révolution dans l'art ; les Cosmati étaient dépassés. » J. Guiraud, loc. cit.
Innocent II, enterré d'abord i Ste-Marie-da-Transtévère, a été ensuite transporté au Latran. Son premier tombeau resta longtemps dans l'oubli ; Pie IX l'a fait décorer. La basilique transtévérine renferme plusieurs beaux monuments sépulcraux postérieurs au XV® siècle ; on peut noter ceux du cardinal Armellini, qui mourut pendant le sac de Rome (1527), et du célèbre archéologue M^ Bottari.
§ II. Ste-Cécile (').
Le lieu où s'élève l'église de Ste-Cécile ne fit pas d'abord partie du Transtévère proprement dit. Il s'y construisit cependant des habitations, — les récentes fouilles l'ont prouvé. — dès les temps de la république. La ligne du € pomerium > s'étendit bientôt jusque-là ; on a en effet trouvé sous la basilique, malheureusement pas à sa place primitive, un des cippes qui formaient cette ligne, il est du temps de Vespasien (75) :
Imperator Cae