‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 4)Chapitre 70 sur 365 · DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

DÉCEMBRE

13 Ste Lucie

25 Noël

36 S. Etienne

27 S. Jean

38 SS. Innocents

31 S. Sylvestre

A ces fêtes fixes il faut ajouter les fêtes mobiles de Pâques» TAscension et la Pentecôte.

Maintenant quelques observations à propos de ces fêtes. La date de Noël, — et par conséquent celles des fêtes qui en dépendent, Circoncision, Epiphanie, Purification et Annonciation, Naissance de S. Jean-Baptiste, — a été choisie arbitrairement. Les calculs des auteurs les plus anciens aboutissent à des résultats contradictoires. Cependant la date du 25 décembre fut adoptée dès la fin du III« siècle(ï). Un peu plus tard Rome emprunta à l'Orient la fête de TÉpiphanie ; celle de la Circoncision a la même origine, elle ne figure pas encore dans le Sacramentaire d'Hadrien, qui au i^r janvier marque seulement l'octave de Noël. Il faut en dire autant des quatre grandes fêtes de la T. Ste Vierge mentionnées par le même Sacramentaire.

L'apôtre S. Pierre était naturellement très fêté à Rome. Nous voyons au mois de février le <L natale S. Pétri de cathedra », le 29 juin le « natale SS. Pétri et Pauli », et le i^raoût la solennité € ad S.Petrum ad vincula ». La fête de la Chaire de S. Pierre rappelait l'établissement du pouvoir apostolique ; la fête du 29 juin, la mort des deux apôtres, et aussi leur translation < ad catacumbas » sous Valérien ; celle du i^i* août, la dédicace sous Sixte III de l'église qui possédait

I. Voir dans Duchesne, op. cit., p. 350 sq., les explications qu'on a données de ce choix.

l'année liturgique. 6i

les chaînes de S. Pierre (^). C'est aussi l'anniversaire d'une dédicace d'église qui avait fait fixer au i^^ mai la fête des SS. Philippe et Jacques et au 6 mai la fête de S. Jean devant la Porte latine, au 14 et au 29 septembre celle de l'Exaltation de la croix et celle de l'archange S. Michel.

L'histoire ecclésiastique nous a conservé le souvenir de toutes les querelles que suscita la question du comput pascal, querelles qui commencèrent dès le II® siècle et ne prirent fin qu'au VI^ (2). Dès l'origine, la fête de Pâques fut précédée d'un jeûne, dont la forme et la durée varièrent suivant les époques et suivant les pays. A Rome, dès le V^ siècle, le carême durait six semaines ; vers le VII^ siècle, on y ajouta les quatre jours qui précèdent le premier dimanche: ils étaient nécessaires pour compléter la quarantaine, puisque le dimanche était exempt du jeûne.

Le carême avait pour caractéristique liturgique l'usage des stations. On appelait ainsi des réunions solennelles, ordinairement présidées par le pape, et qui se tenaient tous les jours du carême dans un certain nombre d'églises déterminées d'avance (?). L'origine de cette institution n'est pas absolument claire. On peut la rattacher aux assemblées des premiers chrétiens dans les cimetières souterrains et les églises, les jours de jeûne précédant les solennités et les anniversaires des martyrs. Tertullien, parlant de ces assemblées, emploie comme synonymes les expressions ^ solvere jejuoium > et € solvere stationem >.Le nom même de station est, suivant le même apologiste, emprunté aux coutumes militaires : € Statio de militari exemplo nomen accepit, nam et roilitia Dei sumus. > Il indiquait proprement la caserne, le corps-de-garde, et aussi le lieu où les employés d'une administration avaient leurs bureaux : <L Statio primae cohortis, Statio annonae,Statio aquarum.» D'après le Liber pontificalis^

I. L'origine de ces fêtes soulève plusieurs problèmes historiques qu'on trouvera discutés dans de Rossi. Bulleit., 1867, p. 37 sq., et Duchesne, op. cit., p. 265-270.

a. Cf. Duchesne, Les oriçines chrétiennes, ch. XVI.

3. Cf. VOrdo du chanoine Benoit [P. L., t. LXXVIII, col. 1038 sq.); — Pompeo Ugotuo, Historia délie stationi di Roma, 1588; — Plazza, Eorterologio owero le sacre siasioni romane, Roma, 1702.

les Stations liturgiques furent réglées vers 460 par le pape Hilaire : i Constituit in urbe ministeriales, qui circumirent constitutas stationes. > L'organisation qu'en fit S. Grégoire le Grand est, à peu de chose près, celle qui subsiste encore aujourd'hui. Le même pape établit pour ces réunions un cérémonial spécial, qui fut suivi pendant tout le moyen âge, et dont nous avons la description dans VOrdo du chanoine Benoît. Les fidèles, convoqués dans une église voisine de la station (»), s'y rendaient processionellement avec le clergé de la région à laquelle ils appartenaient; le pape y venait accompagné du clergé palatin. Là on chantait la collecte ; puis la procession se reformait et se dirigeait, au chant des litanies, vers l'église stationale, où était célébrée la messe. Avant la communion, un sous-diacre annonçait la station du lendemainrf Crastinadie venientestatioerit inecclesia sancti N. >. Et la € schola > répondait : < Deo gratias >. Dans la journée, un acolythe portait au pape une petite étoupe imbibée d'huile prise à la lampe du maître-autel, et la lui offrait en disant: iHodie fuitstatioad Sanctum N.quisalutatte.> — i Deo gratias >, répondait le pontife. De tous les morceaux d'ouate ainsi recueillis on formait un oreiller qui se plaçait sous la tête du pape après sa mort.

La station de Ste-Sabine, € in capite jejunii >, était la plus célèbre, elle est encore plus fréquentée que les autres ; le pape y assistait toujours. Il faut observer que l'imposition des cendres ne se faisait pas à Ste-Sabine même, mais dans l'église de la « collecta >, à Ste- Anastasie.

Voici la liste de toutes les stations et des jours où elles tombent. Un humaniste de la Renaissance l'a mise en vers; on ne lira pas sans plaisir cette pièce encore inédite {^) :

Qui tua praesidio sanctorum crimina toUi

Qoaesieris voti me duce compos eris Festa quadragenae nec sit grave tempora serva

Quaeque dies veniam continuata dabit

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