‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 4)Chapitre 89 sur 365 · LE MONASTÈRE ET LE PALAIS · texte numérisé non relu

LE MONASTÈRE ET LE PALAIS

Le palais pontifical, qui fut la résidence des papes jusqu'au XI V« siècle, s'étendait de la basilique jusqu'au-delà du sanctuaire actuel de la Scala santa. Sur remplacement de l'aile du palais moderne qui regarde l'obélisque, se trouvait la salle du concile, magnifique basilique où se tinrent tous les conciles du moyen-âge. Ses onze absides étaient ornées de mosaïques. Elle se terminait, au nord, par la grande loge des bénédictions papales. Les peintures de Giotto dont elle était décorée en ont été détachées ; l'une d'elle est conservée dans la basilique, sur un pilier de la nef latérale de droite ; elle représente Boniface VIII promulguant le jubilé de 1300 (i).

L'entrée principale du palais, le € porticus palatii >, par où passaient les processions et les ambassadeurs, devait être derrière le couvent actuel des Passionnistes. Elle était défendue par une forteresse, la fturris Zachariae>, dans laquelle le pape Zacharie avait fait peindre les différentes parties du monde chrétien. Une idée analogue avait inspiré l'f Orbîs pictus > d'Auguste et donnera naissance plus tard à la galerie des cartes géographiques, au Vatican.

A droite de ce portique on vénérait la € Scala Pilati » ou € Scala santa >, placée entre deux autres escaliers (^). On n'a sur ce monument aucun document antérieur au XII' siècle ; il a été transporté à sa place actuelle par Sixte V. On a cru y voir une allusion dans le passage du Liber pontificalis où il est dit que Sergius II montra au peuple les i limina sancta>. Mais cette expression très vague peut, avec au moins autant de probabilité, désigner l'escalier du palais ou celui de la basilique. Nous n'avons de témoignages clairs que ceux du moyen-âge, XIII* et XIV® siècles, qui mentionnent la i Scala Pilati >. Il est vrai que ce nom était donné aussi à d'autres escaliers, qu'il y en avait un par exemple au Vatican. On peut croire que tous ces monuments étaient autant d'imitations de l'escalier du prétoire. La grande véné-

I. Dante vint à Rome pour ce jubilé. On croit qu'il logea à l'Albergo dellOrso. qui était alors le principal hôtel de la ville, et qui certainement est le plus ancien des hôtels actuellement existants.

a. Cf. Mazzucconi, Memorie itoriche délia Scala sanla, Rome, 1840.

lOO ÉLÉMENTS d'aRCHÉOLOG[E CHRÉTIENNE.

nONlFACE Vin PROMULGUANT LE JUBILÉ (').

^ devant d'un bnlcon. r«couv»i d'une tenture verte aux armeïdnOisini. debout en Ire deux clKrcs; i droite, on ïoil un quatrienit personnage ire un lai(|ue. Un des clercs diroule un parchemin sur lequel se lisent ouifacius episcopus > -, c'est la bulle d'inauguration du iubilé qui va être

un manusciitdel'Ambrosi celle fresque. Ciftait une , bnlcon Boniface VIll au m de personnages de toute ci bulle, n-tluiraud, /.'.rff/i

en présence du pape, a I ait de fianiface VIII. ce Iragnlenl serait restauré. Un dessin grossier, conservtdans 1 A M. Miinii de leconsliiuer l'ensemble de siiïon  deux étages qui représentait sur le r. et sur le sol de la place un grand nombre coslumes variés, écoulant la lecture de U isJeid Heiiaiisance. p. lO-II.

LE MONASTÈRE ET LE PALAIS. lOI

ration dont est entourée aujourd'hui la i Scala santa > a commencé vers le XV^ siècle et s'est développée surtout depuis Sixte V.

£n arrière se trouvait un oratoire de St-Sylvestre où le nouveau pape, le jour de sa prise de possession, recevait les clefs du Latran. Il y avait encore deux autres oratoires célèbres : celui de St-Laurent, appelé € Sancta Sanctorum > à cause des nombreuses reliques qu'il renfermait, et celui de St-Nicolas reconstruit par Calixte II.

L'oratoire de St- Laurent occupait l'emplacement de la chapelle actuelle du < Sancta Sanctorum > (^), Le Liber pontificalis l'appelle < S. Laurentius in Palatio >, parce que c'était la chapelle principale du palais, celle où le pape célébrait quand il ne descendait pas dans la basilique, une sorte de chapelle Sixtine du Latran. On Ta toujours considéré comme un sanctuaire de reliques insignes. S. Grégoire le Grand y déposa celles qu'il rapporta de Constantinople, où il avait rempli les fonctions d' < apocrisîarius >, de nonce apostolique. Il existe encore des restes d'une crypte souterraine ornée de peintures sous Honorius III, vers 1217 ; on y a fait des fouilles récemment .(3). La chapelle, dans son état actuel, date d'Innocent III ; elle fut restaurée sous Nicolas III par les marbriers romains, ainsi que l'atteste l'inscription :

COSMATVS

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