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Ce tombeau fut orné par S. Damase d'une inscription dont les recueils nous ont conservé le texte. Elle devait se trouver devant Tarcosole. On y rappelle que les deux martyrs furent diacres de Sixte II et compagnons de son martyre:
ASPICE ET HIC TVMVLVS RETINET CAELESTIA MEMBRA SANCTORVM SVBITO RAPVIT QVOS REGÎA CAELI HI CRVCIS INVICTAE COMITES PARITERQVE MINISTRI RECTORIS SANCTI MERITVMQVE FIDEMQVE SECVTI AETERIAS PETIERE DOMOS REGNAQVE PIORVM VNICA IN HIS GAVDET ROMANAE GLORIA PLEBIS QVOD DVCE TVNC XYSTO CHRISTI MERVERE TRIVMFHOS FELICISSLMO ET AGAPITO DAMASVS (i)
On*a recueilli quelques fragments damasiens qui ont pu appartenir à cette inscription ; ils sont fixés près du tombeau :
RA (membra?) RAP (rapuit quos Regia cacliï)
ES {comités?)
IS (ministri ?)
E D (petiere domos?)
Un autre fragment plus ancien a été trouvé à côté [14]:
///VS-MARTYS
Cest certainement une épitaphe primitive, peut-être celle de S. Agapît ou celle de S. Félîcissime. On reconnaît que leurs corps étaient déposés dans deux « loculi > distincts (2).
I. Sylloge de Clostemetibourg. Cf. Marini, dans Mai, Scripi. veter., V, 377, 4 ; — de Rossi, Inscript, christ., t. II, pari. i*. p. 66, 22.
a. M. Kanziera proposé (A'^z/ov. bulUtt., 1895, p. 172 sq. et planches IX. X) une ingénieuse restitution de cet important monument. Il y marque la balustrade en marbre qui fermait le tombeau des martyrs au-dessus de l'inscription, et une autre qui servait de clôture à 1' € area > de l'abside.
Dans Tabside [2] située en face du tombeau on voit sur l'enduit un curieux < graflito >,qul a été lu ainsi :
SVCVRIT/// VT
VINCA/// IN DIE IVD/// (?)
{SuccurriU ut vincam in die iudicii}).
En avançant dans la galerie, on arrive à une chapelle très ornée [4] ; l'entrée est décorée de pilastres et d'une corniche en briques ; les peintures de la voûte ressemblent beaucoup à celles des tombeaux de la voie Latine et doivent être attribuées au II<^ siècle. Cest la chapelle de S. Janvier, un des fils de Ste Félicité, martyrisé en 162. Une grande inscription damasienne, placée en face de l'entrée, et primitivement au-dessus de la porte ou près de Tautel, ne laisse aucun doute à ce sujet :
BEATISSIMO.MARTYRI
lANVARIO
DAMASVS.EPISCOP.
FECIT
Les élégantes peintures de la voûte représentent les quatre saisons: le printemps par des fleurs, Tété par des épis, Tau* tomne par la vigne, l'hiver par le laurier ; des oiseaux, des génies, y sont mêlés. Ce symbole, emprunté à l'art païen, fut assez souvent employé par les chrétiens pour signifier la brièveté de la vie humaine et la vanité des choses de ce monde. A la paroi de gauche, une peinture du bon Pasteur a été coupée par un i loculus > du IV^ siècle, sur la chaux duquel se lit ce € graflfîto >, une prière aux martyrs locaux pour l'âme du défunt : REFRIGERI lANVARlVS AGATOPVS FELICISSIM MARTYRES. Le corps de s. Janvier reposait, au fond de la chapelle, dans un sarcophage de marbre. Comme on le voit en d'autres endroits, une galerie « rétro sanctos > part de cette chapelle ; la dévotion des fidèles y a fait creuser de nombreux <L loculi >.
En continuant la grande galerie, on voit, à gauche,dans une niche, une inscription opistographe [6] rappelant, d'un côté un M • AVRELIVS AVG • LIB • SECVNDVS, de l'autre le chrétien HERCVLivs. Il est remarquable qu'on trouve l'épi-
CHAPELLE DE ST JANVIER (au moment de la découverte, 1863).
taphe païenne d'un affranchi deMarc- Aurèle dans le voisinage de la villa d'Hérode Atticus, qui était un contemporain et un familier de cet empereur. Puis on rencontre, à droite, une construction en briques [7]» de même style que la chapelle de S. Janvier. D'après les indications des Itinéraires, là pouvait être le tombeau de S. Quirin, martyr de l'époque d'Hadrien. La crypte est trop ruinée pour qu'on puisse jusqu'à présent l'identifier avec certitude.
Un peu plus loin, près d'une inscription consulaire de 403 (ThEODOSIO AvG. ET FL • RVMODORO W CC CONSS), s'ouvre une galerie dans laquelle on remarque deux niches, l'une carrée,rautresemî-circulaire,creusées en face l'une de l'autre; la seconde semble avoir été disposée pour faire brûler des lampes devant quelque souvenir vénérable [8]. Or un € graffito > tracé sur un marbre voisin représente une chaire : ne peut-on pas supposer que dans la niche carrée se conservait la chaire même de S. Sixte II ou un fac-simile de celle sur laquelle il
zi
reçut le coup du martyre: ^ adveniunt subito rapiunt qui forte sedentem ? > C'est en effet dans le voisinage de la voie Appienne, vraisemblablement entre les cimetières de Calixte et de Prétextât, que le saint Pape fut mis à mort ; et dans l'Itinéraire d'Einsiedeln, le lieu « ubi Syxtus martyrizatus est > se trouve uni à la station m ad S. Januarium >.
Au delà de cette galerie et du même côté de la € Spelunca magna», on aperçoit les traces d'une galerie venant peut-être d'une ancienne entrée du cimetière [13]. Prenons adroite une des galeries qui viennent déboucher à peu près en face de l'endroit indiqué plus haut [11]. Dans une chapelle, nous ren*controns une peinture unique, expliquée récemment par Mgr Wilpert (0, représentant le bon Pasteur ayant à sa droite