‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 5)Chapitre 13 sur 361 · ThefombofS. Peter · texte numérisé non relu

ThefombofS. Peter

rium primum in corpore quiescit, et pontificalîs ordo, excepto numéro pauco (ceux qui avaient été déposés à St-Calixte, à Priscille ou i St- Laurent) in eodem loco in tumbis propriis requiescit > ('). Nous avons dans le Liber pontificalis la même indication. De ces anciennes tombes pontificales il ne reste rien ; elles ont été détruites par les travaux de construction des deux basiliques successives. Dans les travaux exécutés au XVI« siècle, on trouva des restes de tombeaux, dont le plan a été relevé par Benedetto Drei et publié dans les Inscriptiones de M. de Rossi (2). Un fragment en marbre portait le nom de LINVS, sans aucune autre mention. Ce ne peut être que le nom du pape S. Lin, car on ne le voit jamais dans répigraphie ancienne, et il est d'ailleurs peu invraisemblable qu'on ait enterré un chrétien quelconque de ce nom justement à côté du Prince des Apôtres.

On possède deux inscriptions très anciennes (11^ siècle) et très précieuses qui proviennent du cimetière du Vatican. L'une a été trouvée à la fin du siècle dernier, elle est aujourd'hui au Louvre ; elle était gravée à la partie antérieure d'un

LIVIANICAR.VS LIVIAEPR.lMtTÎVAl S0R.0R1 JFECIT QrV-ANXXnilMVim

sarcophage, et présente les images symboliques du bon Pasteur, du poisson et de Tancre. L'autre, recueillie plus tard entre l'église Ste-Marthe et l'abside de St-Pierre, est tracée sur un cippe de forme païenne ; mais on y lit l'in-

z. Dt locis SS. Afartyrum.

a. Inscrip. christ, t. II, p. «35.

scriptîon certainement chrétienne IXeVC • ZCONTtUN, < le poisson des vivants >, au-dessous de laquelle sont représentés deux poissons se dirigeant vers une ancre. Comme tous

IXeYOZœNTCUN ■UCINIAÎAMIATIBE

les cippes, celui-ci devait être placé dans un cimetière extérieur. Il est actuellement au Musée Kircher.

Le corps de S. Pierre ne resta pas toujours dans son tombeau primitif. Pendant la persécution de Valérien (258), ainsi que l'indique le calendrier filocalien, il fut caché, avec celui de S. Paul, dans la célèbre Platonîa du cimetière de St-Sébastien. Il dut être rapporté au Vatican en 260, après la restitution des cimetières à TÉglise sous Gallien (<).

Constantin fit construire sur le tombeau une magnifique basilique, dont nous avons la description. Le Liôer pontifi" calis ajoute qu'il fit orner le sarcophage de l'apôtre et y plaça une croix d'or sur laquelle était gravée cette inscription, dont le texte a été copié par Pietro Mallio :

CONSTANTINVS • AVG • ET . HELENA • AVG . HANC DOMVM . REGALEM mro décorant quavi SIMILI FVLGORE . CORVSCANS . AVLA . CIHCVMDAT (a)

Cette croix était probablement monogrammatique, car la vraie forme de la croix n'était pas encore en usage.

1. Cf. Notions générales, p. 50-53, où on trouvera indiquées différentes opinions relatives à ces translations.

2. Restitution de M. Rossi, Inscript, christ,, II, p. 200. Cf. Lib, fontif. in vit. Sylvestri.

PLAN DE ST-PIERRE, d'après Bencdctto Drci.

La basilique coastnihe, le cimetière prit ane grande extension ; le Vatican se couvrit d'ëdicnles, de tombeaux, de mausolées. Le pape S. Damase 7 exécuta des travaux considérables, édi6a le baptistère, réunit les eaux qui envahissaient les tombes. L'inscription qull composa pour le baptistère (<) ne parle pas de S. Pierre ; sans doute H jugeait que son tombeau était assez connu au Vatican ; à la Platonia, où le souvenir de la translation pouvait se perdre, il eut soin, au contraire, de le perpétuer par une inscription.

Parmi les monuments anciens les plus importants du cimetière Vatican, il faut noter les sarcophages de Junius Bassus et d'Anicius Petronius Probus. Junius Bassus mourut préfet de la ville, peu de temps après son baptême (359). Son sarcophage est aujourd'hui dans les grottes Vaticanes.

Le mausolée d'Anicius Petronius Probus (3) et de sa femme Anîcia Proba se trouvait à gauche derrière l'abside. Il resta intact jusqu'à Nicolas V ; on le détruisit lors de la construction de la nouvelle basilique. Les sarcophages sont conservés dans la chapelle actuelle de la Pietà, ainsi qu'une copie de l'inscription originale. Voici un passage remarquable de cette inscription :

OrVES OPVM CLARVSQVE GESX PRAECELSVS HONORE

FASCIBVS ILLVSTRIS CONSVLE DIGbTV'S AVO TRANSCENDIS SENIOR DONATVS MVNERE CHRIST!

HIC EST VERVS HOXOR HAEC TVA NOBILITAS LAETABARE PRIVS MENSAE REGALIS HONORE

PRINCIPIS ALLOQVIO REGIS AMICITIA NVNC PROPIOR CHRISTO SANCTORVM SEDE POTITVS

LVCE NOVA FRVERIS LVX TIBI CHRISTVS ADEST.

{Cad. Fat. OttobiVL sS6)).

Il y avait encore les mausolées de la famille impériale. Valcntinîen II y fut déposé au IV« siècle. Le tombeau d'Honorius et de sa femme Marie, fille de Stilîcon (►î* 423)^

2. Ce personnage exerça une haute charge à la cour de l'empereur Honorins.

dont Paul Diacre (') indique la place < juxta B. Pétri Apostoli in mausoleo >, fut retrouvé sous Paul III (1544). Le trésor qu'il renfermait a malheureusement été dispersé ; mais Bosio (^) nous en a laissé la description.

Au VI® siècle appartient le tombeau de S. Grégoire le Grand, l'illustre pape dont les conquêtes pacifiques lui ont fait donner dans son épitaphe le titre de i consul de Dieu > (3) ; au VI I«, celui de Cedwall, roi des Saxons, mort à Rome où il était venu recevoir le baptême, comme nous l'apprend le vén. Bède (^).

Dans la seconde partie du VI 11^ siècle, Paul I«r fit du monument d'Honorius une chapelle en l'honneur de sainte Pétronille, dont le corps venait d'être transporté de la voie Ardéatine au Vatican. L'inscription primitive

AVRELIAE . PETRONILLAE . FIL • DVLCISSIMAE .

est aujourd'hui perdue ; M. de Rossi en a retrouvé le texte dans un manuscrit de Pierre Sabin (XV® siècle) de la bibliothèque de St-Marc à Venise (S).

Au IX® siècle, la basilique fut profanée par les Sarrasins, sous le pontificat de Serge II (846), ainsi que l'atteste le Liber pontificalis. On peut supposer que le sarcophage de S. Pierre était resté visible jusqu'alors et qu'on le cacha en cette circonstance ; nous n'avons en effet sur ce précieux monument aucune indication postérieure au IX® siècle.

La basilique actuelle fut commencée au milieu du XV® siècle et achevée au XVII®. De la basilique Constantinienne nous avons plusieurs descriptions et représentations graphiques faîtes par des écrivains des XV® et XVI® siècles.

Les plus récents essais de reconstitution sont ceux de M M. Muntz, Geymiiller, Lanciani, de Rossi (^), le P. Garrucci,

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