I. Garrucci, ibid
nouvelle preuve que les Juifs, en dehors de leur pays, se conformaient aux coutumes étrangères, au point d'abandonner la langue paternelle pour y substituer celle du milieu où ils vivaient. Toutefois même dans les inscriptions grecques et latines ils employaient parfois des acclamations hébraïques, notamment le salut solennel di^, € Schalom, paix >, tiré de la formule biblique : € In pace in idipsum dormiam et requiescam.> Les inscriptions proprement hébraïques sont assez rares dans les cimetières juifs du monde romain. Bosio n'en signale pas dans le cimetière de la voie de Porto ; aucune n'a été trouvée dans celui de la voie Appienne, et il n'y en a que très peu dans celui de Venosa. Sur la voie Labicane on en aperçoit seulement quelques traces.
Voici la liste des fragments épigraphiques et des symboles, peints ou tracés à la pointe, que j'ai relevés dans ce dernier cimetière.
1. Fragment de terre cuite ayant fermé un « loculus >. Sur la chaux qui le fixait au tombeau sont peintes en rouge les lettres eN6/////. évidemment les premières de la formule bien connue : eNOAAÊ KêITAI, € hic jacet >. Au-dessous, également peint en rouge, le symbole solennel du culte judaïque, le chandelier à sept branches, que nous retrouverons tout à l'heure (n^ 6) avec tous ses accessoires.
2. Fragment de terre cuite semblable au précédent. Sur la chaux, les lettres ///*OC///, que je complète ainsi : TA*OC, i tombeau », puis le nom du défunt, maintenant entièrement eilacé. Au-dessous, le chandelier à sept branches.
3. Autre débris de terre cuite, fragment d'une inscription qui devait être plus longue que la précédente, à en juger par les lettres subsistantes. En complétant les mots, et en la rapprochant d'autres inscriptions connues, je propose de la lire ainsi :
|ivHMH SixodoD liex' èyxwiifcov èv e^pV^vY) xocfiHCIC ArxoO € Memoria justî cum laudibus (expression empruntée au livre des Proverbes, X, 7). In pace dormitîo ejus. >
GUIDE DBS CAT-
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de tombeau cop* chambres sé^
Des vr autres [^
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'"■^-r'^flc chambre [H], tombe à € absis > ffUP^fygid de vagues traces de caractères
,. crîp^^^^ ^^^ ®" caractères cursifs et de lecture difficile. ^/f ft^pprochée d'une autre semblable, tirée du cimetière ^^ VetïOSBt c* ^^°^ v^^^* '® fac-sîmile :
Garrucci la transcrit ainsi en caractères communs :
i^e ligne : nanoiB C' nn'J*»
2® > oh::* e'w nii
et traduit :
SEDES FAVSTINAE REQVIESCIT CORPVS PAX
Que Ton rapproche les deux premiers signes de notre inscription des premiers de l'inscription de Venosa, 2^ ligne. Il est évident qu'ils se ressemblent. Le premier signe est formé d'un nun et d'un vav réunis, le second est un chet. Nous lirons donc: ni3, ^ nuah, requies>. Dans les signes qui suivent je reconnaîtrais le nom de la propriétaire du
tombeau, nnt^, ^ Sarah » ; et en laissant de côté la première ligne, effacée et indéchiffrable, je lirais l'inscription de cette manière : niîî' nii, « nuah Sarah, repos de Sarah >.
6. ^Graffito> représentant le candélabre juif et d'autres symboles. Il est tracé sur l'enduit qui recouvre le côté d'un «loculus» [S] dans la galerie [IL], non loin de l'escalier [I]. Nous avons ici un candélabre beaucoup plus nettement dessiné que ceux que nous avons précédemment vus peints sur des briques. La forme de ses bras recourbés est très
régulière ; aux extrémités on distingue les € techae > rondes destinées à recevoir les lampes mobiles de métal. C'est le symbole le plus solennel du culte judaïque ; il rappelait aux Hébreux dispersés le tabernacle du temple de la sainte Sion : c'est pourquoi nous le trouvons très souvent figuré sur les monuments de ce peuple en exil. Le candélabre de Jérusalem est décrit dans V Exode (») ; Flavius Josèphe en fait mention, à propos du triomphe de Titus : il rapporte que ce fut un des objets sacrés pris par le vainqueur dans le sac de la ville et transportés à Rome (2). Suivant Lamy, les Romains n'auraient emporté qu'une imitation ou une copie du vrai candélabre, et celui-ci aurait disparu dans l'incendie du temple (3). Mais Rolando a réfuté cette opinion, et prouvé que c'est bien du candélabre à sept branches que Titus s'empara, qu'il faut par conséquent en reconnaître une image authentique dans les bas-reliefs célèbres qui ornent l'arc triomphal érigé au sommet de la voie Sacrée {^). En effet le