‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 5)Chapitre 18 sur 361 · I. Bosio, /iom., soit., L II. c · texte numérisé non relu

I. Bosio, /iom., soit., L II. c

se trouvent des fragments d'une inscription qui parlait d'un concile tenu là par Grégoire III contre les Iconoclastes.

Les i Grotte vecchie > présentent, entre autres monuments intéressants, trois petits morceaux de l'inscription sépulcrale de S. Grégoire l«r (i); un fragment d'inscription rappelant la fameuse donation de la comtesse Mathilde, au XII^ siècle; le tombeau d'Othon II ; l'inscription funéraire de son cousin le pape allemand Grégoire V, qui prêchait < francisca, vulgari et voce latina > ; les tombes de Boniface VIII, Nicolas V, Alexandre VI ; auxquelles font suite celles de la basilique supérieure. L'inscription de Nicolas V est une des plus belles que nous ait léguées la Renaissance.

Il convient de mentionner à part, dans ces mêmes € Grotte vecchie >, un fragment d'inscription damasienne,jadis transformée en dalle, dont le marbre a été usé et les caractères presque effacés par les pieds des passants. M. de Rossi l'a publiée en la complétant (^). Elle rappelle les travaux exécutés dans la basilique vaticane par les soins du préfet de Rome Longinianus et de sa femme Anastasie :

Lou^inianus v. c, praef. urb. ET ANASTASIA G F EIVS

ad augenâum sphndorem BASILICAE APOSTOLI PETRI pavimcntum parietes ITEM COELVM sacri fontis quem diidiim DaMASVS VIR SANCTVS IN ea.,. cxstruxit sumpiV PROPRIO MARMORVm cuHu et musivo opère DECORARVNT

Avant de quitter la région du Vatican, signalons sous le Janicule, l'existence d'un cimetière absolument inconnu jusqu'à ces dernières années. En juin 1898, au cours de travaux exécutés sous le couvent des Dorothées, près de St>Onuphre, on a remarqué une rangée de € loculi > et l'inscription : ALEXANDER • IN • FACE, accompagnée d'une palme.

2. BuiUt., 1877, p. 8. — Sarti {Append, adcrypt. Vat., p. 91, pi. xxxill) en avait donné une restitution un peu différente.

Gl)apitre Dtuxitmt.

NOUS savons par les inscriptions sépulcrales des € curatores viarum > qu'il y avait autrefois deux voies Aurélîennes. La « Via Aurclia vêtus > fut tracée probablement par C. Aurelius Cotta, censeur en Tan 512 de Rome. Elle commençait au Janicule (porte actuelle de St-Pancrace) et descendait vers la mer : c'était la route de Centumcellae (Civita vecchia). On en voit des traces dans la villa Pamfili. Au VII* siècle de Rome, elle fut prolongée jusqu'à Gênes, La route actuelle, Via Aurélia antica, s'identifie i peu près avec elle. — La € Via Aurélia nova >, tracée sous Marc- Aurèle, dont elle prit le nom, commençait près du pont Aelius, traversait en partie le Vatican et regagnait la < Via Aurélia vetus> au 3« mille ; elle sort aujourd'hui de l'enceinte

I. Index coemeteriorum e notitia regionum : < Coemeterium Calepodii Ad S. Calixtum via Aurélia. > — Itinéraire de Saltbourg: f Deinde ambulas ad S. Pancratium, cujus corpus quiescit in formosa ecclesia via Aurélia, quam S. Honorius papa magna ex parte reaedifîcavit, et in illa ecclesia intrabis longe sub terra et invenies Ardhiroium iiiartyrem ; et in altero ioco S. Paulinum martyrem, et in altero antro S. Sobiam martyrem et duae fîHae ejus Agapite et Pistis martyres, et ascendis sursum et pervenies ad ecclesiani ; ibi quiescunt S. Processus et Martinianus sub terra, et S. Lucina virgo et martyr in superiori. Deinde pervenies eadem via ad sanctos pontifices et martyres duos Felices. Postea eadem via pervenies ad ecclesiam ; ibi invenies S. Calistum pai>am et martyrem, et in altero (Ioco) in superiori domo S. Julius papa et martyr. > — De iocis S S, Martyr um : < Inde haud procul in sinistra manu juxta viam Aureliam S. Processus, S. Martianus, S. Pancratius, S. Paulinus, S. Arthemius. S. Félix, S. Calistus, S. Calopus cuni multis sepulti jacent. > — Itinéraire de Gui/' laume de Malmesbury : < Quartadecima porta et via Aurélia, quae modo porta S. Pancratii martyris dicitur, quod juxta eam requiescit in sua ecclesia ; et alii martyres Paulinus, Arthemius, S. Sapientia cum tribus filiabus Fide, Spe, Charitate. In sdtera ecclesia Processus et Martinianus, et in tertia Felices duo, et in quarta S. Calixtus et Calepodius, et in quinta S. Basilides duodecimo milliario. > — Itinéraire eT Einsiedeln : f £n via Aurélia extra civitatem S. Pancratii, in dextera Processi et Martiniani. > — Vita Hadriani / .* < Basilicam beati Pancratii martyris nimia vetustate dirutam atque ruinis praeventam in integruni a novo nimio décore una cum monasterio S. Victoris ibidem sito restauravii. > — Index coemeteriorum e libre mirabiiium urbis Romae: < Coemeterium Calepodii ad S. Pancratium. Coemeterium S. Agatbae ad girulum. Coemeterium Julii via Aurélia. >

de Léon IV par la Porte Cavalleggieri. Au 2« mille, une autre voie s'en détache et se dirige à droite vers Ste-Rufine, dans la direction de l'ancienne € Via Cornelia ».

La topographie des anciens cimetières chrétiens de la voie Aurélienne est très obscure ; on a fait très peu de fouilles de ce côté. D'après les Itinéraires des pèlerins, nous devons y distinguer quatre centres historiques, qui sont, en suivant

l'ordre chronologique, les cimetières des Sts- Procès et Martinien (âge apostolique), de St-Calépode ou de St-Calîxte (III« siècle), de St- Pancrace ou d'Octaville, et des deux Félix (IV« siècle). L'ordre topographique, conservé par l'Itinéraire de Salzbourg, la Notitia Ecclesiartim et l'Itinéraire d'Einsiedeln, est le suivant : St- Pancrace, Sts- Procès et Martinien, les deux Félix, St-Calépode. Nous allons les étudier dans cet ordre.

§ I. Cimetière de Si- Pancrace,

Ce cimetière a porté primitivement le nom d'Octaville : c'est celui sous lequel il est désigné dans les Actes apocryphes de S. Pancrace, rédigés peut-être au VI® siècle. S. Pancrace est un jeune martyr de douze ans, victime peut-être de la persécution de Dioclétien. Son histoire est très obscure. Il fut décapité sur la voie Aurélienne ; une matrone, Octaville, recueillit ses restes et les déposa dans le cimetière privé qu'elle possédait sur la même voie, € Via Aurélia in praedio suo >. A partir du IX® siècle, on confondit ce cimetière avec celui de Calépode. Il en était cependant bien distinct. De bonne heure on avait construit sur le tombeau du martyr une basilique qui fut, à la fin du IV® siècle, restaurée et ornée par le pape Sîrice(i). Au VU® siècle, Honorius l^ (630) la rebâtit, changea un peu la position du sarcophage du martyr qui, lors de la construction de la basilique (IV® siècle), avait été laissé à sa place primitive, € ex obliquo aulae >, et plaça dans l'abside une inscription qui nous est connue par l'Itinéraire d'Einsiedeln : i Ob insigne meritû et singulare beati Panchratii martyris beneficium basilicam vetustate confectâ extra corpus martyris neglecti antiquitatis extructâ Honorius ëps Dî famulus abrasa vetustatis mole ruinaq. minante a fundamtis noviter plebi Dî construxit et corpus, martyris quod ex obliquo aulae jacebat altari insignibus ornato metallis proprio loco collocavit> (2). Le corps n'ayant jamais été transporté à l'intérieur de la ville, ce lieu resta toujours en grande vénération : c'est ce qui explique comment on a concentré là au moyen âge tous les souvenirs chrétiens de la voie Aurélienne.

De l'ancienne basilique il ne reste presque plus rien. On a porté au musée de Latran quelques fragments de mosaïque ayant appartenu à l'ambon, avec l'inscription en vers rimé du X*ou XII® siècle:

Qui legit attendat ad quid sacra lectio tendat.

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