FILIO
M/ . ACILII . GLABRIONIS
CONSVLIS
Voici les autres inscriptions de cette crypte
On rappelle ici un Claudius Acilius Valerius. Le dernier mot peut se lire : vsaNICKOT, c jeune homme >.
Cette dernière inscription, à laquelle on a fait allusion plus haut, rappelle un Acilius du III« siècle dont la femme s'appelait Arria Flavia Veria Priscilla. Le nom de Priscilla fait penser à la fondatrice du cimetière et confirme une fois de plus Thypothèse d'une parenté entre la famille de Pudenset la f gens Acilia > («).
Nous pouvons reconnaître dans cette crypte la chambre sépulcrale de Manius Acilius Glabrio, le consul de l'an 91 martyrisé sous Domitien. Il est probable qu'il fut enterré dans un riche sarcophage adossé à la paroi du fond devant laquelle se dressent les deux colonnes (s).
La galerie qui part de cette chapelle [D, page 421] renferme des niches autrefois ornées de mosaïques et de fragments de sarcophages ; la voûte est décorée d'étoiles. Au fond [E], on voit un arcosole peint, avec des paons.
L'importance de cet hypogée est confirmée par son escalier spécial qui a été construit à côté [E]. Au pied de cet escalier, on remarque, fixée au sol, une belle inscription avec la doxologie : € Gloire à toi en Jésus-Christ. > 0 IIATliP Ta)N TANTCON • OYC . enOTHCGC . K IIAPGAARHC: . eiPHNHN • ZOHN • K • MAPKEAAON COI . AOSA . GN
€ O Père de tous les hommes, reçois ceux que tu as créés, Irène, Zoé et Marcel. Gloire à toi en Jésus-Christ. >
1. Une inscription du musée Chiaramonti (cippe no 119) nous montre le même fait ; elle mentionne un M • ACiLivs . PRiscvs . kgrilivs • plasianvs.
2. L'inscription moderne rappelle les fouilles pratiquées à l'occasion de la 60" année de J.-B. de Rossi.
Dans la même région fut aussi trouvée une intéressante inscription grecque, qui se termine par une mention de la < résurrection éternelle», 61C ANACTACIN AltUNlON :
pCYA xijNeOC • enOir^ffa
'cuvfibf à<rvYX?lTU) . . . ifvviZHCev fier' ^MOY
fgjjvAC AGKA n€NT€KAi/%.iOAOYCA • KA AANiTtfiç
/A€NYNANAnAY€TAITHPOYCAKAMOITo .
^eiCANACTACINAlUNION *
De Tescalier E, que des constructions postérieures ont presque entièrement couvert,on voit une autre partie au fond de la galerie M (au point N).
Un autre escalier monumental, celui qui descendait de la basilique de St-Sylvestre, est dans une galerie voisine ; on y arrive en avançant dans une galerie fort étroite [F] jusqu'au point G. Il a été construit, au IV^ siècle, dans une chapelle plus ancienne et adossé à un sarcophage. Il aboutissait près de Tautel de la basilique, à laquelle l'hypogée servait de confession. De cette basilique même on a reconnu en 1889-1890 la ligne de soubassement des murs. En descendant quelques degrés, on arrive à une chapelle [I] qui a été très visitée, car la paroi est couverte de < graffiti >. L'un de ces € graffiti > (niche à gauche) parle des € limina sanctorum >. Deux autres (en face) ont un intérêt spécial, ce sont des invocations à Ste Priscille, < domnae Priscille béate (?) >, et à S. Crescention. Ils sont tracés, non au-dessus d'un tombeau, mais au-dessus d'une niche maintenant effondrée.
Le nom de Priscille est écrit à la seconde ligne.
Et au-dessus :
SALBA ME DOMNE CRESCENTIONE MEAM LVCE//// Ce Crescention fait penser au Crescentianus de l'époque de Dîoclétien, dont le corps fut déposé dans le cimetière de Prîscille. Toutefois on ne saurait en conclure que son tombeau fût ici même ; on peut dire seulement que les pieux visiteurs, qui invoquaient les martyrs tout le long de leur trajet, passaient par ici. On a vu plus haut que la sépulture de S. Crescentianus doit être cherchée de préférence aux environs de la chapelle grecque, ainsi que celle de S. Marcellin. Rien n'empêche d'ailleurs qu'il y ait eu un Crescention et un Crescentianus.
Il ne serait pas déraisonnable de supposer qu'ici à l'origine se trouvaient les corps des SS. Félix et Philippe, transportés plus tard sous l'autel majeur de la basilique de St-Sylvestre, dont l'abside était directement au-dessus de cette partie de la catacombe. Parmi les nombreux < graffiti > que nous voyons tracés sur la paroi [H], il y a là des noms grecs et latins, l'acclamation VIVAS, et une inscription importante, sur laquelle j'aurai à revenir en parlant des souvenirs de la chaire de S. Pierre ; il y est fait mention d'une libation, € ad calicem benimus >, faite en ce lieu l'an 375.
Avant d'aller plus loin, pénétrons dans une courte galerie [K]. Elle nous conduit à une chapelle [L], dont les murs portent les traces de peintures très endommagées. Celles de la paroi de droite, encore assez visibles, représentent les jeunes Hébreux refusant d'adorer la statue de Nabuchodonosor. Ici encore beaucoup de « graffiti ». On peut remarquer notamment,sur la même paroi, cette formule très affectueuse : PAVLINA REQ.V1ESCAS IN PAGE ET FILII TVI OMNES DEVM HABEANT PROTECTOREM/// De Rossi avait cru reconnaître dans cette chapelle le 4: cubiculum clarum > du pape Marcellin. II faut observer, à
rencontre de son opinion, que le lucernaire, identique à celui de bien d'autres chapelles, ne justifierait pas le qualificatif attribué à celui-ci , qu'il n'y a d'ailleurs aucune raison de dire de cette crypte « quod patet >, attendu qu'elle n'est ni plus ouverte ni plus accessible que n'importe quelle autre.
LES TROIS HÉBREUX REFUSANT D'ADORER LA STATUE DE NABUCHODONOSOR (IV« siècle.)
Retournons maintenant à la chapelle où nous avons vu les < graffiti > de Priscille et de Crescention [1] ; par l'ouverture pratiquée dans la paroi et une autre que nous trouvons ensuite à droite, nous entrons dans une région séparée du reste du cimetière, mais très ancienne elle aussi et riche en inscriptions. Nous rencontrons auparavant celle-ci :