‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 5)Chapitre 338 sur 361 · I. Lib. ponti/., t. II. p · texte numérisé non relu

I. Lib. ponti/., t. II. p

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LE CIMETIERE DE ST-AGAPIT A PRÉNESTE («)

LA ville de Préneste ou Palestrîna, à 25 milles de Rome, est une ville très ancienne, peut-être plus ancienne que Rome même. Elle était célèbre par son sanctuaire de la «Fortunaprimigenia>, appelée aussi f Fortuna praenestina >. D'abord ville libre, puis municipe, elle fut prise par Sylla, dont elle avait protégé les ennemis, les deux Marins. Sylla massacra les habitants, détruisit les édifices, et fonda dans la vallée une nouvelle colonie, qui eut une certaine importance sous TEmpire; on y voit encore des ruines de l'époque impériale. Au moyen âge, la ville se transporta de nouveau sur la colline, où elle est restée.

Une ancienne tradition locale, qui n'a rien d'invraisemblable, attribue à S. Pierre Tévangélisation de Préneste. Il est certain qu'il y eut là, dès les premiers siècles, un centre de christianisme. Le fait le plus ancien de l'histoire de l'Église prénestine est le martyre de S. Agapit (*). Les Actes, rédigés au VI* siècle, disent qu'Agapit fut martyrisé sous Aurélien. Le juge fut Flavius Antiochianus ou Antiochus, très probablement le même personnage qui fut consul en 270, et auquel les Actes donnent quelquefois le titre de gouverneur et même de roi. Sur son refus de sacrifier aux idoles

1. Cf. Cecconi, Storia di Paiesirina, 1756 ; — Marucchi. Guida archeologica del- Vantica Préneste, 1885 ; Nuove osservationi iul musaicodi Paiestrina, dans le Bullett. arck. comun., 1895 ; S. A^apito Preneslino, 1898 ; — Bulle t. di archeol. crist., 1883, p. 88*89. p. 112- 113; — Scognamiglio. Délia primitiva basilica del tnartire S. Agapitû, 1865 ; — Nuovo bullett., 1898, p. 97 ; 1899, p. 225 sq.

2. La fêle de S. Agapit est marquée au 18 août par tous les Martyrologes même les plus anciens. Voici le texte du Martyrologe romain actuel : < Praeneste, natalis S. Agapiti martyris, qui cum essetannorum quindecim et amore Christi ferveret. jussu Aureliani imperatoris tentus est ac primo nervis crudis diutissime caesus, deindesub Antiocho praefecto graviora supplicia passus, exinde cum ex praecepto imperatorio leonibus objiceretur et minime laesus esset, gladio ministrorum coronandus percutitur. >

devant le temple de Jupiter Imperator, Agapit fut exposé aux bêtes dans Tamphithéâtre, puis décapité. Il est facile de déterminer exactement le lieu du martyre. Une inscription, trouvée au XVI I« siècle, parle d'une restauration de l'amphithéâtre faite au temps de Claude, par un riche affranchi du

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nom de Varenus Tyrannus,elle est même gravée sur une marche de cet amphithéâtre ; de la maison privée où on Tavait fixée, elle a été transportée récemment dans la basilique de St-Agapit ('). Elle fut recueillie aux environs de la chapelle de la Madone dei Corî. Or cette position correspond parfaitement aux indications des Actes, qui placent le lieu du martyre « ubi sunt dure columnae >, et, suivant un manuscrit (2), € contra civitatem praenestinam ubi sunt duae viae >. Les deux colonnes n'existent plus, mais là se trouve encore, comme autrefois, la bifurcation de deux voies.

r. Le dic^amnia «'•oliqne .j (V) est caractéristique de l'époque de Claude. 2. Ms. Vat. Regin. 511 (XI* s.).

Le corps du martyr fut enterré à une petite distance de là, € mîlliario primo a civitate in agro >. Au IX^ siècle, il fut transporté dans la basilique de Palestrina (898), puis, quand

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la ville eut été détruite, à Corneto (1437). Au temps de Sixte V, le cardinal Colonna obtint que le chef du martyr fût rendu à sa ville natale. La basilique qui avait été cons-

Guide des catacombes romaines. 36

truite sur le tombeau, peut-être dès l'époque constantinieoDe, et restaurée par S. Léon III (0» ne tarda pas à être abandonnée ; elle tomba en ruines et fut oubliée jusqu'au XIX^ siècle. En 1864, l'Institut archéologique allemaftd voulat continuer les fouilles qui avaient amené, en 1774, au lieo appelé i Quadrelle >, la découverte de fragments du calendrier gravé sur le Forum de Préneste par ordre de Verrius

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