Acta sanctorum, septemb. vi, p
CIMETIÈRE DE COMMODILLE. 87
ces deux vierges ; on a supposé qu'il y avait là seulement le tombeau de Ste Emerita, qu'une mauvaise lecture de l'éloge de cette jeune fille, < virgini dignae >, avait fait croire à l'existence d'un autre personnage nommé Digna» et qu'ainsi se trouve expliqué le silence des Itinéraires ('). Mats le Martyrologe romain fait mention (22 sept) des saintes Digna et Emerita, € sub Valeriano et Gallieno > ; et les Actes distinguent aussi deux martyres. En 1720, Boldetti pénétra dans une grande galerie de ce cimetière, près de laquelle s'ouvrait à droite une petite basilique. C'était sans doute la crypte historique formant une basilique souterraine au-dessous de la basilique supérieure, comme à St-Hippolyte, à Ste-Félicité, à StS'Pierre et Marcellin. Dans cette chapelle, Boldetti vit des peintures qui, d'après sa description, étaient de style byzantin. L'une d'elles représentait le Sauveur entre deux Saints ; la seule figure qui restât était accompagnée de l'inscription verticale SCA mérita; de l'autre côté était apparemment Ste Digna. Il y avait aussi l'image de S.Félix (ses FÉLIX) habillé en prêtre, et de S. Adauctus (ses adivtvs) en costume de soldat ; et une image de la Vierge. Boldetti raconte que huit jours après sa découverte la voûte de la chapelle s'écroula. Il en a si bien déterminé la position, qu'on pourrait facilement la retrouver, et trancher par des constatations positives la question de la distinction des deux vierges («).A priori, on peut dire que si cette distinction reposait uniquement sur la transformation en nom propre d'un qualificatif attribué à Ste Emerita, il n'y aurait pas de raison de ne pas nier également l'existence de Ste Emerita ellemême: on trouve en effet les deux titres < digna, mérita >, accolés au nom d'une seule et même vierge, par exemple dans une inscription du Musée de Litran (XI): ADEODATE DIGNAE ET MERITAE VIRGIN f. Or la découverte de Boldetti ne laisse aucun doute sur l'existence de Ste Emerita. De nouvelles fouilles pourraient donner quelque lumière sur la ques-
1. Delehaye, bolland., Les Saints du cimetière de Commodille, Bruxelles, 1897, et dans les Analecta bollandiana, t. XVI, fasc. I, p. 17 sq.
2. Osservazioni sui cimiteri, p. 542-543. La crypte était à gauche de l'allée principale de la vigne.
tioa: il est prudeat de n'en pas préjuger les résultats. Nous avons plusieurs inscriptions provenant du cimetière de Commodille. M. de Rossi avait acheté et sa famille possède encore la suivante :
HuseBlVS IKFANS PER AETATEM SENE PECCAto ûCf^jDENS AD SANCTORVM LOCVM IN ?Ace
€ Accedens ad locum sanctorum » peut signifier : porté dans le lieu consacré par les corps des martyrs, — ou bien : reçu au ciel ('). — Une autre inscription est au Latran (VIII, 28):
PASCASIVS VIXIT PLVS MINVS ANNVS XX FECIT FATV IIII IDVS OCTOBRIS c;II ANTE NATALE DOMNI AS TERI DEPOSITVS IN PAGE o
L'expression ffecit fatum (mourut) > est assez remarquable. La date 411 ANTE NATALE DOMNI ASTERi ne se rapporte pas à la mort de Pascasius, mais à sa déposition. En effet le Martyrologe mentionne au mois d'octobre un Asterius, dont la fête tombe le 21 : € Apud Ostîa Tiberina S. Asteriî presbyteri et martyris.> Or le huitième jour avant le 21 n'est pas le 12 (llll IDVS), mais le 14. De sorte qu'on n'indiquait pas seulement l'octave de la fête des martyrs, comme nous Pavons dit à propos d'une inscription de la voie Aurélienne (^), mais aussi les jours qui précédaient cette fête. Le nom du Saint est ici donné, parce qu'il n'appartenait pas au cimetière même où se faisait la sépulture, mais à la ville d'Ostie.
Le Musée de Latran possède encore (VI, 26) une autre inscription, grossièrement composée, qui provient de la