IN PACE
Le IIII IDVS MAIAS est justement le jour de la fête des SS. Nérée et Achillée. Une autre inscription, celle d'un certain Zenodoros, tracée sur la chaux d'un < loculus >, sous la basilique (»), porte la même date fu A lAlON MAlLON (12 mai). ZeNOACOPOC CAAPHNOC AycorKioc
eNeAAe kgitg rR a iacon maicon gn ipcng
Évidemment les fidèles se faisaient enterrer là par dévotion pour les saints martyrs. Ces deux saints étaient d'ailleurs très vénérés.
Il faut remarquer dans cette basilique les trois nefs avec leurs colonnes antiques (trois seulement sont modernes) ; les tombes primitives au-dessous du pavé, les restes de la € schola cantorum >, l'abside avec sa niche pour la chaire épiscopale. En avant de l'abside s'élevait l'autel érigé sur le
I. Elle n'est plus visible. Elle fut trouvée en 1874, et je la copiai immédiatement, sous les yeux de Mgr de Mérode, qui voulut descendre dans le souterrain pour la voir.
tombeau des deux martyrs ; les fragments de balustrade de marbre, la colonne sur laquelle est sculpté le martyre de S. Achillée, le morceau de corniche avec le nom du même saint, en sont des débris. A noter, près de l'abside, un fragment de grand vase qui a dû servir à brûler de l'huile devant le tombeau des martyrs.
RîeiT ne marque d'une manière précise le tombeau de Ste Pétronille ; il ne devait pas être éloigné, puisque la basilique portait aussi son nom. A droite de l'abside, on remarque une petite chambre avec peintures, qui fut ensuite remplie de maçonnerie. Elle rompait la régularité architecturale de la basilique ; pour qu'on l'eût conservée, il fallait
ce semble, qu'elle renfermât un tombeau vénéré ; le corps ayant été enlevé plus tard, on l'aura fermée de manière à con-
OU
solider la basilique. Comme la peinture de Veneranda et Petronella se trouve dans le voisinage, M. de Rossi a pensé,
— la chose n'est cependant pas certaine, — que cette chapelle était précisément la place du tombeau de Ste-Pétronille. Le sarcophage qui fut transporté au Vatican par Paul l^^ (VIII<^ siècle) avec le corps de la sainte portait cette simple inscription :
AVRELIAE . PETRONILLAE • FIL • DVLCISSIMAE
Elle appartenait donc à la famille romaine Aurélia, apparentée aux Flaviens ; et si elle était fille de S. Pierre, c'était seulement d'une manière spirituelle, en ce sens qu'elle a pu être convertie et baptisée par lui. La similitude de son nom a fait croire qu'il dérivait de celui de S. Pierre. Il vient plutdt de Petro, nom qui était usité dans la famille des Flaviens (par exemple, Flavius Petro). Ce lien de parenté explique comment son tombeau se trouvait dans ce cimetière.
Dans la niche du fond de l'abside [7] était certainement la chaire épiscopale. C'est là, et non, comme l'a cru Baron ius, dans la basilique urbaine des Sts-Nérée-et-Achillée, que S. Grégoire le Grand prononça une de ses homélies (^), car nous y lisons : 4: Sancti isti ad quorum tumbam consistimus spreverunt mundum > : or, à cette époque, les corps des martyrs étaient encore dans leur tombeau primitif. M. de Rossi a vu une allusion à cette homélie dans un < grafiito > tracé sur l'enduit, mais aujourd'hui presque invisible, qui représenterait un prêtre priant ou parlant.
La basilique appartenait au titre de Fasciola, comme en font foi trois débris d'inscriptions (à droite de l'abside) :
Hic quiesCir PASCENTIVS LECTOR DE FASCto/a qui vixit anNVS XXI DEPOSITVS IN PAC«/// ///CONS DN . HONORIO fe
IIIBaSlUVslll ///FASCIOLAE///
lllde FaSClOL AI II
I. ffom. in EvangeLt 1. II, hom. xxviii (/'. Z», t LXXVI, coL zaxo sq.).
L'origine de ce nom de Fasciola est douteuse ; suivant une légende, consignée dans les Actes des SS. Pierre et Paul, il rappellerait le souvenir d'une bandelette (< fasciola >) perdue par S. Pierre dans sa fuite sur la voie Appienne et recueillie par une matrone.
Avant de quitter la basilique, signalons encore plusieurs sarcophages, généralement du IV^ siècle, ornés des figures du bon Pasteur ou de quelques Saints. Deux fragments représentent le baptême de Notre-Seigneur et l'adoration des mages. Beaucoup de marbres sont païens et proviennent de la propriété supérieure. Un fragment laisse voir la partie inférieure d'un agneau, le pied d'une croix et la tête d'une colombe. M. de Rossi a reconstitué le sujet et en a donné une belle interprétation :
< L'agneau au pied de la croix est le symbole de la victime divine^de Notre-Seigneur immolé sur le Calvaire. La colombe avec le rameau d'olivier est le symbole de l'âme chrétienne jouissant de la paix : ici elle tend à se reposer sous le cou et sur la poitrine de Sauveur > (').
Ce groupe a certainement une importance spéciale. Toutefois sa reconstitution n'est pas tout à fait certaine ; et si je la donne ici, c'est moins pour me porter garant de son exactitude que pour enrichir ma description d'un souvenir personnel de l'illustre maître (3).
Près de ce marbre on remarquera d'autres fragments de sculptures et d'inscriptions, entre autres ceux, déjà cités, qui mentionnent le titre de Fasciola, et un autre qui fait allusion à la récente construction de la basiliqne : 4: in basilica noba >. Il y a aussi une longue inscription, peut-être datée (fin du I Ve siècle), primitivement placée sur le tombeau d'une famille qui comptait parmi ses membres des prêtres, des évèques et un diacre de la V® région (3).
1. Note manuscrite, maintenant en ma possession, et pour la première fois publiée dans le Nuovo bulUtt. di arch. crist. , 1899, p. 33-34.
2. Mgr Wilpert pense que l'agneau n'est pas au pied d'une croix, mais au pied d'un arbre. Même dans cette hypothèse, la scène n'en aurait pas moins une belle signification symbolique.
3. Cf. Marucchi, Di alcune iscrizioni recenttmenie trovatt 0 ricomposte nella basi' Hca dis. Petronillat dans le Nuovo buUtt» di arch, crist. ^ 1899, p. 24 sq.
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LE CIMETIÈRE DE DOMITILLE. lOÇ
O IXIT • ANN A DE//////A
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ORIGA DP IDVS lAN ORIO /////////// EST S L III ///// ATRE///// SBYTERO
CRESCEN ////// EPOS AC • REG • V ///// POS NEP MARCELLI • EPIS POS CE // ES // TRONA PRESB AB NEPOS BASILI SOCRVS • EPIS • EPISCOP VRSINI • ALBANENS
On connaissait seulement, depuis 1874, le fragment
PRESB AB
CRVS • EPIS • EP
ALBANENS
Cet Ursin, évêque d'Albano, est d'ailleurs inconnu.
Sur les deux parois de la basilique, en dehors du < presbyterium >, à droite de qui regarde l'abside, sont fixés de nombreux fragments de sculpture païens et chrétiens ; et à gauche, diverses inscriptions consulaires du IV^ ou du V^ siècle. Les inscriptions païennes ont été réunies dans le vestibule de la basilique, près des fragments damasiens consacrés à SS. Nérée et Achillée et à Irène, sœur de Damase, dont il sera question plus loin. Derrière l'abside est le tombeau de la matrone Veneranda (IV« siècle) et l'image de Ste Pétronille l'introduisant au ciel. La galerie qui conduit à cette chapelle est très courte ; on y voit deux inscriptions avec dates consulaires de la seconde moitié du
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IV<^ siècle. De là on peut faire un petit tour à travers des galeries de la méaie époque qui, passant derrière l'abside, vont déboucher dans la basilique de l'autre côté de cette abside. Ou bien par d'autres galeries on peut se rendre au vestibule des Flaviens.