‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 5)Chapitre 90 sur 361 · RÉGION DE STE-SOTÈRE ET GALERIE DE ST-EUSÈBE. I · texte numérisé non relu

RÉGION DE STE-SOTÈRE ET GALERIE DE ST-EUSÈBE. I

y était suspendue. C'était une crypte liturgique, comme un appendice de la chapelle dite de Ste-Sotère.

A fond de cette région se trouve une chapelle à coupole [N] dont les tombeaux, encore fermés pour la plupart, sont ornés de € graffiti > tracés sur la chaux (I V^ siècle) ; une croix de fleurs entre deux colombes [e]; une peinture représentant une scène de la vie réelle, une marchande de légumes assise devant une table [d] ; en revenant, après avoir traversé la grande galerie de St-Eusèbe [13], un arcosole [f] dans lequel est peinte la résurrection de Lazare ; plus loin, sur la droite, une grande chambre anonyme [O] où se sont réunis Pomponius Laetus et ses académiciens, ils y ont écrit leurs noms sur les parois : 1475 XV Kl FeB

PANTAGATHVS MAMMEIVS PAPIRIVS MINICINVS AEMILIVS VNANIMES PERSCRVTATORES ANTIQVITATIS REGNANTE

POM • PONT • MAX MiNVTivs. Une autre main a ajouté: ROM • PYP • DELITE • ('). C'est un important souvenir des premières explorations faites dans les catacombes. Dans la galerie [12] qui conduit de cette chambre à la galerie de St-Eusèbe [13] on remarque, à droite, un arcosole orné d'une peinture du III® siècle qui représente l'Adoration des Mages [g]. La Vierge, assise sur une chaire,a TEnfant Jésus sur ses genoux ; devant elle sont trois princes orientaux, l'un derrière l'autre. A'cet arcosole fait face un groupe de quatre chapelles réunies l'une à l'autre et dont trois sont éclairées par un même lucernaire ; elles ont dû servir à des usages liturgiques ; Tune d'elles renferme l'inscription funéraire d'un certain Ulpius Florentins. C'est là qu'ont commencé en 1871 les pieuses réunions qui ont donné naissance au collège des a cultores martyrum > (2).

1. Sur les souvenirs de Pomponius Laetus dans les Catacombes, cf. de Rossi, Hom. sotierr,, I, p. 3-9 ; — Buliettino, 1870, p. 81-94.

2. Voici les noms des premiers membres de ces réunions, qui avaient un double but, un but d'étude et un but de piété: Marien Armellini, Horace Maruccbi, Raphaèl Sanumbrogio, D. Joseph Lauri Colocci, Faustin Ceccarelli, François Pelami. Bientôt se joij^^nit à eux M. le chanoine J. B. Storti, puis plus tard Henri Stevenson, D. Raphaël Celli et beaucoup d'autres. Le collège des < cultores martjrnim > prit, quelques années après, sa forme officielle et définitive sous les auspices de Mgr de Waal (février 1879).

l6o GUIDE DES CATACOMBES ROMAINES.

A l'extrémité de cette galerie, nous tournons à gauche et nous nous trouvons dans celle de St-Eusèbe [13].

A l'entrée de la première galerie transversale à gauche,

une famille s'est fait représenter en peinture, sous forme

. d'orantes, au-dessus de son tombeau [l]. Au delà de cet ar-

cosole s'ouvre une chapelle [Q'] au fond de laquelle est ins*

crit en lettres rouges le nom de son propriétaire patricivs.

Un peu plus loin, dans la galerie de St-Eusèbe, on voit une inscription ainsi conçue :

PETRONIAE AVXENTIAE -CF. aVAE VIXIT

ANN • XXX . LIBERTI • FECERVNT • BENEMERENTI • IN • PAGE

Cette Pétronia, € clarissima femina >, était de famille sénatoriale. L'inscription fut placée par ses affranchis. La mention des affranchis est assez rare poui^ mériter d'être remarquée ici. C'étaient apparemment des esclaves mis en liberté, «manumissi >, au moment du baptême de leur maîtresse.

Puis on rencontre une chapelle double éclairée par un grand lucernaire [F]. Une inscription, tracée sur une grille en marbre qui a dû fermer un arcosole, donne le nom du propriétaire de cette chapelle. Sévère, diacre du pape S. Marcellin ; nous savons ainsi qu'elle fut creusée, avec son lucernaire, au commencement du IV^ siècle, sous Dioclétien : les chrétiens possédaient donc alors la surface du sol, autrement ils n'auraient pu pratiquer des lucemaires. L'inscription fait l'éloge de la sœur de Sévère.

CVBICVLVM DVFLEX CVM ARCISOLIIS ET LVMINARE | IVSSV PAPAE SVI MARCELLINI DIACONVS ISTE | SEVERVS FECIT MANSIONEM IN PAGE OyiETAM j SIBI SVISQYE MEIIOR Q.VO MEMBRA DVLCIA SOMNO | PER LONGVM TÇMPVS FACTORI ET IVDICI SERVET | SEVERA DVLCIS PARENTXBVS ET FAMVLISQVE j

REDDrorr vin febrv arias virgo calendas | oyxu dominvs nasci aura

SAPIENTIA ET ARTE | IVSSERAT IN CARNEM CiVOD CORPVS IN FACE QyiETVIl | HIC EST SEPVLTVM DOKEC RESVRGAT AB IPSO | Q.VIQyE ANIMAM RAPVIT SPIRrrV SANCTO SVO I CASTAM PVDICAM ET INVIOLABILE SEAIPER | QVAIIQVE ITERVM DOMINVS SPIRITALI GLORIA REDDET | QVAE VIXIT ANNOS VUII ET XI MEKSES I XV QVOQyE DIES SIC EST TRANSLATA DE SAECLO.

Remarquer dans la même chapelle (arcosole à droite) un fragment de marbre portant la mention : ad MARTyres (?>

RÉGION DE STE-SOTÈRE ET GALERIE DE ST-EUSÈBE. l6l

P&RW^lTE^^VSFACIBRJHiVDl(iSE«5/lFT |SïVERADVLC]SB4RENriBVî;ErFMVilS(!/r

KlVAMDOMSNAsaMIR\sA?lENTIAErAPXE f I ÏVS SERATIMcAR.r^£iM Q V0DC(!PjA;spy\ztqy[Fr| SmcESriïEPVLlVMJONgCRESVIWABlKOil iÛVIQVMN rMAMW vns PI RnrvsAMcTwvt) . ' (:AniMEVDlGAryET!NVlû|.ABiESf MK

'i^VAMQVE'lTERVM DOMSSPIWTAUàÉ.

A QVÀEVDCfr^OsvmuTkllvENSES

Et un peu plus loin un autre fragment qui semble renfermer une indication analogue :

///E PROCT/// ///VIXIT.AN/// ///D.III.Q.VAE/// ///IN PAGE/// ///SANCT/// (Sanctorum in locoî)

La chapelle opposée [Q], appelée chapelle des Cinq Saints, appartient à la même époque. La paroi du fond est décorée de peintures. On voit au milieu d'un jardin, symbole du Paradis, cinq personnes orantes, trois femmes et deux hommes ; leurs noms sont au-dessus : DIONISAS IN PAGE — NEMESI IN PAGE — PROGOPI IN PAGE — ELIODORA IN PAGE — ZOAE IN PAGE ; et au-dessous, à droite et à gauche de i'arcosole, deux autres noms, dont un seul reste visible: ARGADIA IN PAGE. Il y a aussi des fleurs, des vases auxquels s^abreuvent deux colombes, etc. Toute cette scène rappelle

Gaide des catacombes romaines. i x

la célèbre vision de Ste Perpétue : a Vidî Dinocratem refrîgerantem... > (') Les noms indiqués ici sont inconnus, sauf celui de Zoé : quelques-uns ont pensé voir ici un souvenir de la sainte de ce nom, femme de Nicostratus, dont parlent les Actes de S. Sébastien.

Du même côté de la galerie, à l'entrée d'une autre chapelle [R] une main chrétienne a tracé à la pointe les noms des SS. Partène et Calocère ; il y eut donc là les corps de ces deux martyrs, victimes de la persécution de Dèce (250). La date écrite, m ID FEFRVA (< tertio idus februarias »), ne

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