‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 80 sur 307 · Loc. cit · texte numérisé non relu

Loc. cit

fois accusé d'avoir sacrifié aux idoles. Cette légende, consignée dans le Liber pontificcUis, est empruntée à une Passio apocryphe. Le récit qu'elle fait est certainement faux; elle parle d'un concile d'évêques qui aurait été tenu à Sinuessa, or pareille réunion était impossible en temps de persécution (»). Toutefois il semble bien que Marcellin, s'il ne s'est pas rendu coupable d'apostasie, ait eu une certaine responsabilité dans la tradition des Livres Saints ( 2 ).

Après la mort de ce pontife, le siège de Rome resta vacant pendant quatre ans. Il faut placer à cette époque le martyre des SS. Pierre, exorciste, et Marcellin, prêtre. S. Damase recueillit de la bouche même du bourreau les détails de leur supplice :

Percussor retulit Damaso mihi cum puer essem ( 3 ).

Leurs corps, cachés en haine des chrétiens, furent découverts par une matrone nommée Lucille, qui les transporta sur la voie Labicane. On dut pareillement rechercher les restes de Ste Candide, de S. Castule, de S. Eutychius. Candide, convertie par SS. Pierre et Marcellin, fut arrêtée à la sortie d'une catacombe où elle avait assisté à la messe de ce dernier, transportée sur la voie de Porto et précipitée par un lucernaire dans la catacombe de Pontien. Le corps de S. Castule fut aussi caché par les soldats dans une carrière de la voie Labicane, qui ensuite devint un cimetière. Enfin S. Damase eut beaucoup de peine à retrouver, pour le rendre à la vénération des fidèles, le corps de S. Eutychius jeté <L in barathrum », ainsi qu'il le rapporte dans son inscription en l'honneur «de ce martyr ( 4 ). Ce « barathrum » devait être la partie la plus profonde de la prison.

A cette persécution on peut rattacher aussi la mort des

1. Cf. Gesta Marcellini papae (P. L. , t. VI, p. 11 sq. ) ;— Ltà. ponHf. , éd. Duchesne, t. I, p cxxxm; — Héfélé. Histoire des Conciles, t. I, ch. 3.

a. Aussi S. Augustin ne le défend-il que faiblement, sans même prononcer son nom, contre les attaques de Pétillien : € Episcopos nominas, quos de traditione codicum soletis arguere. De quibus et nos solemus respondere : Aut non probatis, et ad neminem pertinet; aut probatis, et ad nos non pertinet >. Comtr. litt, Petilliatii, 1. II. c. XCH {P. L., t. XLIII, col. 322 sq.).

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