CHAIRE DE ST-PIERKE
I. Phoebeus, De identitate cathedrae S. Pelri in qtca Romac priniuvi sedit et de antiqiiilate et praeslantia solemnitatis cathedrae Romanat^ Rome, 1666,
128 ÉLÉMENTS d'aRCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
dans la chapelle du T. St-Sacrement. Il a constaté que la chaire actuelle n'a pas la forme des chaises curules antiques ; elle est byzantine et a dû être faite vers le VP siècle. Quatre ou cinq petits fragments tout rongés y sont enchâssés : c'est sans doute tout ce qui reste de la chaire primitive. Les décorations sont en ivoire et de style classique ; elles représentent les travaux d'Hercule. On ne les eût pas laissées si la chaire était primitive, si même elle datait du III^ ou du IV^ siècle ; au VI^, elles ne pouvaient plus avoir aucune signification païenne. On n'a d'ailleurs découvert aucune trace d'inscription arabe (}).
On a fait également les suppositions les plus diverses relativement à la Statue de S. Pierre. Les uns ont voulu y voir un Jupiter transformé : hypothèse inadmissible, car d'un Jupiter nu on n'aurait pu faire un S. Pierre drapé, à moins de fondre jie bronze (-) ; celle-ci ne peut pas même être, comme le croyait le card. Bartolini (3), du temps de Philippe (III'^ siècle). D'autres la font remonter seulement au moyen-âge (^). On a dit aussi que ce serait un ouvrage du temps de Léon I^"^ (V^ siècle). Cette opinion est plus vraisemblable, car on peut certainement reconnaître dans le monument des traces de style antique ; elle est acceptée par les savants allemands Platner et Bunsen (^). Peut-être S. Léon I^^' fit-il faire cette statue après avoir chassé Attila, car on sait qu'après la libération de Rome, il manifesta envers S, Pierre une vive reconnaissance. On avait pensé qu'elle avait pour auteur un artiste byzantin; on se fondait sur une inscription grecque que l'auteur du manuscrit d'Einsiedeln a vue « IN IGONA SCI PETRI ^>. Cette inscription se rapporte plutôt à une statue de S. Pierre honorée à Pavie ; le reste du document concerne en effet cette ville (^). La statue du Vatican était placée pri-
1. Cf. de Rossi, Bulleitino, 1867, p. 33 sq. — Mgr Duchesne ne croit pas pouvoir admettre toutes les conclusions de AI. de Rossi, par rapport à la fête de la Chaire de Pierre. Cf. Origines du culte chrétien, p. 268, not. 3.
2. Torrigio, Le Sacre grotte Vaticane, Viterbo, 16 18, p. 104.
3. Deila celehratissima statua ai bronzo ciel principe degli aposioli, Roma,
4. Wickhoff, Zeilschrift fiir bildende Kunst, 1890, p. 109 sq.
5. Beschreibîing der Stadt Jxoj/i, II, p. 167-178. Cf. Marucchi, .S". Fietro e S. Paolo in Roma, 1900, p. 169 sq. Le P. Grisar {Analecia Romana, t. I, XV) reconnaît aussi que cette statue se rattache à l'ancienne sculpture chrétienne.