I. Et. XII (/'. Z., t. LXXXLX, col
pour la détruire, le pape lui déclare que le peuple saura la défendre et qu'il ne répond pas du sang qui pourra être versé Toutefois il n'est pas absolument prouvé qu'il ne s'agisse pas d'une image autre que la statue en bronze actuellement vénérée.
L'autre statue de S. Pierre, en marbre, qui se voit dans les grottes Vaticanes, est une statue ancienne, dont la tête et les bras ont été changés à une époque relativement récente, peut-être au commencement de la Renaissance.
Enfin un certain nombre de souvenirs de l'ancienne basilique sont conservés dans les Cryptes Vaticanes (^). Ces vastes cryptes sont divisées, en deux parties: les « grotte nuove », qui représentent à peu près la projection de la coupole ; et les « grotte vecchie », qui s'étendent au-delà jusqu'à la chapelle du T. -S. -Sacrement. Les premières ont la forme d'un hémicycle sur les bords duquel s'ouvrent trois chapelles ; les secondes, la forme d'un long rectangle partagé en trois nefs par des piliers de maçonnerie. Quatre escaliers, construits par Urbain VIII, y conduisent; ils correspondent aux quatre grandes statues qui regardent la confession. On descend ordinairement par celui de Ste- Véronique.
Plutôt que de donner une description complète des Cryptes Vaticanes (^), il suffira d'indiquer ici les plus importants des monuments qu'elles renferment. Elles constituent un véritable musée, malheureusement un musée où règne le plus parfait désordre. Impossible de deviner quel principe a présidé au classement des 238 numéros. Inscriptions, sarcophages, peintures, mosaïques, statues, se succèdent sans aucun souci de la chronologie : une inscription damasienne suit de près une mosaïque de Giotto et précède un fragment
1. Elles ont été étudiées par divers auteurs, notamment par le cardinal liorgia, Vaticatia confcssio B. Petri^ Rome, 1776; Bonanni, Ntcmstnaia SS. PontifitUfH templi Vaticani fabricant, indicatiiia, Rome, 1700; Dyonisio, Sacrarum Vaticanae hasilicae cryptarutii niomiinenta, 2^ éd., Rome, 1818; Sarti et Settele, Ad Philip. Laur. Dyonisii opus de Vaticanis scriptis appendix, Rome, 1840.
2. l'iacée ici, cette description serait trop longue, et il n'y aurait plus proportion entre ce chapitre et les suivants. J'avais pensé la donner à la fin du volume, parce qu'elle était, d'une part, difficile à trouver ailleurs, et parce que, d'autre part, elle complète ce qui a été dit de la basilique de St-Pierre. Mais elle formerait un appendice démesuré. Je préfère renvoyer à celle que vient de publier M. Dufresne, Les C^yptcs Vaticanes, Desclée, iço2.
LA BASILIQUE MODERNE ET LÉS CRYPTEvS lYATICANES. I 3 l
de sculpture du XV^ ou du XVI^ siècle; des cpitaphes du Vl^ siècle avoisincnt un tombeau du XIIP"; bien: plus, les fragments d'un même monument sont dispersés de différents côtés, tandis que sont réunis sous un même chiffre des monuments qui n'ont absolument rien de commun.
. : ,\ R '>sS liN S c'^lVl'.'K ! ^ il M e M:F.N T (. ) -j
■NICiV MPOGMATE S,\NCTO ri hM V iMDVMRI;P].EVlTIiTORîM;iV!
';man^]TD(>(:tvsqvcsophi^
'} l s Q VÏ;M S EÎIV^ MTRÏGNATu ^' Pi
FRAGMENT DK l'iNSCRIPTIO.M SÉPULCRALK DE NICOLAS l'"''.
En groupant tous ces monuments suivant leurs analogies, on pourrait distinguer une collection épigraphique, une collection de sarcophages anciens, une collection d'objets ayant servi à l'ornementation de la basilique constantinienne ou de quelqu'une de ses parties, enfin une série de tombeaux de papes et d'autres grands personnages.
''f/v\nA\r'
FRAGMENT DE l'iNSCRIPTION SEPULCRALE DE GREGOIRE V.
La collection épigraphique s'ouvre chronologiquement par l'inscription, déjà citée, que S. Damase plaça dans le baptistère et qui rappelle les travaux exécutés par ses soins (n" 47). Elle se poursuit jusqu'à la fin du XV^ siècle. Les principaux éléments dont elle se compose sont 1° des épi-
taphes de papes (n^s 20, 99, 108, 124, 125, 143, 168, 169), 2" des inscriptions consulaires (n^^ 36, 42, 45, 76, 77, 107, 108, 120, 121, 130, 138, 142, 144, 146, 155), 3° des inscriptions commémoratives d'événements très importants, comme celles qui rappellent le concile tenu à Rome sous Grégoire III (nos 10, 12) et la donation de la comtesse Mathilde (n» 74). Parmi les éloges de Souverains Pontifes, ceux de S. Nicolas pr (no 99), de Grégoire V (n^ 108) et de Nicolas V (no 168), méritent une attention spéciale, soit pour leur forme littéraire, soit pour les faits auxquels leur texte fait allusion. Du bel éloge de S. Grégoire le Grand (n» 125) il ne reste malheureusement que deux très petits fragments. Toutes les mscriptions consulaires, sauf deux, sont du V^ et du VI^ siècle ; une des plus curieuses est celle qui mentionne le consulat de Bélisaire (n^ 120) :
HIC REQVIESCIT IN VACE IOANNIS
VH
OLOGRAFVS PROPINE ISIDORI QVI
ANN • PLVS M XLV DEP0 X KALEN
IVNI
CONSVLATV VILISARI VC Sf
Moins nombreux que les inscriptions, les sarcophages anciens (n^^ 7, 9, 108, 157, 159, 231) présentent pourtant un certain intérêt. L'un d'eux (n^ 231) est même un monument de premier ordre, non seulement parce qu'il servit de tombeau à un célèbre personnage du IV^ siècle, le préfet de Rome Junius Bassus, mais surtout parce que les sculptures dont il est orné en font un des plus beaux spécimens de l'art de cette époque. Elles représentent les scènes bibliques ordinaires, Adam et Eve, le sacrifice d'Abraham, Job, Daniel, la Passion de Notre-Seigneur, des miracles de l'Ancien et du Nouveau Testament, avec cette particularité qu'ils sont tous accomplis par un Agneau symbolisant le Sauveur (^). Trois autres sarcophages antiques ont été employés pour la sépulture des papes Grégoire V (n^ 108), Pie II (n» 159) et Pie III (no 157).