ST- JEAN-DEVANT-LA-PORTE-LATINE. I 7 I
cienne ; cependant nous n'avons sur l'église qui la rappelle aucun document des premiers siècles. Le fait même, sans indication de lieu, est rapporté par Tertullien (^) ; Renan ne le conteste pas (-). Il dut arriver avant l'exil de l'Apôtre à Patmos, car S. Jean semble y faire allusion dans le l'^'^ chapitre de son Apocalypse : « Ego Joannes frater vester et particeps in tribulatione et regno et patientia in Christo Jesu (^). » Mais il est impossible d'en préciser le lieu avec certitude. La porte Latine n'existait d'ailleurs pas au temps de S. Jean. Au moyen-âge, on a été naturellement porté à localiser beaucoup de souvenirs moitié historiques moitié légendaires dans cette région, voisine à la fois d'un quartier juif et de la route qui par Brindisi vient de l'Orient.
On croit que le premier oratoire fut érigé au V^ siècle par le pape Gélase. Hadrien P^ le rebâtit au VHP et l'unit à St-Jean-de-Latran. Il y eut d'autres restaurations au XI P siècle sous Célestin III (1190) et au XVP. Elle n'est devenue titre cardinalice que sous Léon X. Actuellement c'est une église à trois nefs ; les colonnes sont anciennes, le reste est moderne. On montre dans le jardin voisin un bassin, « cantharus », probablement l'ancien puits du baptistère, avec une inscription du X^ ou du XP siècle:
EGO STEF | jp^ NOMINE PAT(ris) ET FILII ET SPIRitUS
HANVS
sancti OMN(e)s siTiEntes venlTE ad aqvas.
Près de l'église s'élève un oratoire du XV^ siècle, « S. Joannes in oleo ». Ce serait l'endroit précis du martyre. De même le petit édicule construit par le cardinal Pôle près du « Domine quo vadis » marquerait la place même où se serait arrêté Notre-Seigneur. L'oratoire de S. Jean in Oleo fut terminé en 1509 par un Français, Mgr Benoît d'Adam, dont on voit encore au-dessus de la porte les armes et la devise :