‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 2)Chapitre 202 sur 400 · ST-THÉODORE · texte numérisé non relu

ST-THÉODORE

Caligula montait sur la basilique Julia et de là jetait au peuple des pièces de monnaie. Rapprochant ces deux phrases, on en a conclu que le temple d'Auguste se trouvait dans la grande salle du Palatin voisine de S. Maria Antiqua, et que le pont passait sur la basilique Julia, puis se dirigeait vers le Capitole. Un tel détour est peu vraisemblable, et c'est tout à fait arbitrairement qu'on rapproche deux textes qui n'ont aucun rapport. Il est plus naturel de croire que le pont allait directement du Palatin au Capitole. Le Temple d'Auguste pourrait alors avoir été situé sur l'emplacement de l'église de St-Théodore, d'autant mieux qu'une monnaie de Tibère nous le représente sous une forme assez semblable à celle du Panthéon. C'est une question encore discutée.

La transformation du monument en église chrétienne eut lieu à l'époque byzantine, vers le VII® siècle. Le titulaire, S. Théodore (i), fut martyrisé dans le Pont sous Dioctétien. Il était soldat, comme S. Siébastien et S. Georges, et ce n'est pas sans intention qu'on leur a dédié des églises près du Palatin, en un temps où était établie dans le voisinage la milice impériale. Suivant une légende recueillie par Torrigio, S. Théodore aurait apparu, dans une guerre, à un général byzantin et à ses troupes pour leur venir en aide : l'analogie entre ce rôle et celui qu'on attribuait anciennement aux Dioscures, honorés tout près de là, n'entreraitelle pas aussi pour quelque chose dans l'explication du choix du titulaire?

L'église devait exister au VI® siècle; S. Grégoire établit une diaconie de St-Théodore qui peut-être s'y rattachait. Elle fut en tout cas restaurée par Léon II (682), Hadrien I®^, Grégoire IV. Le nom de Nicolas V sur la façade (N. PP. V.) montre que ce pape y a fait exécuter d'autres travaux à la Renaissance. Dans son état actuel, elle n'a d'intéressant que la mosaïque byzantine de l'abside. C'est une composition de même caractère que celles des Sts-Côme-et-Damien, seulement un peu plus grossière, par conséquent un peu plus

I, Martyrol. rom., 9 novembre.

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récente. L'image du Sauveur assis sur le monde, tenant sa croix de la main gauche et bénissant de la droite, en occupe le centre; à ses côtés sont debout S. Pierre et S. Paul. S. Théodore et un autre Saint, peut-être son compagnon de martyre, S. Cléonique. L'église appartient, depuis 1721. à la confrérie des Sacconi. L'usage d'y apporter les enfants pour les faire bénir le jeudi et le dimanche, surtout les enfants malades, semble être un souvenir de la superstition qu'avaient les païens de venir offrir leurs enfants à Romulus et Remus dans le Lupercal.

§ XIV. Ste-Anastasie {').

C'est aussi dans un édifice ancien, peut-être dans le vestibule même du Lupercal, qu'a été construite Ste-Anastasie. Cette église n'était pas une diaconie, mais un titre presbytéral. Il en est fait mention dans les Actes des Conciles tenus sous Gélase (492j et Symmaque (499). On prétend que S. Jérôme l'aurait eue comme titre cardinalice, on montre même son calice : c'est une pure fantaisie. Légende aussi, la croyance que Ste Anastasie aurait assisté à la naissance du Sauveur ; cette martyre mourut le 25 décembre dans l'île Palmaria en Illyrie, au temps de Dioclétien. La date de sa mort a fait placer dans l'église du Palatin, la station et la deuxième messe de Noël, que le pape lui-même y célébrait autrefois ; S. Léon prononça en cette circonstance une de ses homélies. Le P. Grisar {^) fait dériver le nom de l'église du mot grec 'Avâ(7Taa-',(;, et y voit une reproduction de l'église de la Résurrection qui existait à Jérusalem. Si l'hypothèse était fondée, comment expliquer qu'on ait mis là la station de Noël, et non celle de Pâques ? Aussi bien tous les documents parlent de Ste-Anastasie, jamais de l'Anastasis. L'église fut restaurée sous Léon III (VI 11^ siècle) et Grégoire I\^ (IXe s.), et complètement transformée au XVI I^.

Elle renfermait autrefois le tombeau de famille du pape

1. Cf. Crescimbeni, Istoria délia hasilicadi S. Anastasia, Roma, 1722; — Duchesne, Sainte Anastasie, dans les Mélanges de l'Ecole française, 1887»

- P- 387 sq.

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