‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 2)Chapitre 255 sur 400 · ST-MARTIN-AUX-MONTS · texte numérisé non relu

ST-MARTIN-AUX-MONTS

non, une peste dont la ville fut délivrée après des prières à S. Sébastien; on l'invoque depuis lors contre ce genre de fléau, et il est bien probable que ce tableau est comme un ex-voto offert alors en signe de reconnaissance.

La basilique fut décorée par Sixte IV et Jules II, qui furent cardinaux de ce titre; ils ont fait élever le portique actuel. Dans les peintures de l'abside, on croit reconnaître le portrait de l'artiste Clovio, miniaturiste célèbre. Le Moïse de Michel-Ange était destiné à St-Pierre du Vatican: Jules II voulait avoir un tombeau monumental au milieu même de la grande nef de cette basilique ; heureusement ce rêve ambitieux n'a pas abouti et ce qui en a été exécuté est venu échouer à St-Pierre-aux-Liens.

§ IV. St-Martin-aux-Monts.

Pour passer de St-Pierre-aux-Liens à St-Miartin-aux-Monts, nous traversons l'ancien « porticus Liviae », un des monuments indiqués sur le plan en marbre du Capitole. L'entrée était sur le « clivus isuburanus » ; on en voit des ruines dans la Via di S. Lucia in Selci, à droite 0). Près de là,touchant les Thermes de Trajan, se trouvait une « curia athletarum », que mentionne une inscription grecque de la Bibliothèque Vaticane. La Via in Selci tombe sur la Via Cavour près de l'abside de St-Martin-aux-Monts. Sur la place voisine de l'abside, on a découvert, en 1885, une petite chapelle mithriaque, érigée pour le culte privé. Son propriétaire lui-même dut la fermer, peut-être après les édits de Théodose; gïâce à cette circonstance, elle est demeurée dans un parfait état de conservation; il y a encore dans l'escalier les deux génies lampadophores, gardiens du lieu, l'autel en marbre, et au fond la statue de Mithra immolant le taureau. Ohi y a trouvlé aussi douze lampes représentant les douze signes du zodiaque.

L'église de St-Martin est indiquée comme construite sur les « Thermae Domitianae »; il faut dire: sur les Thermes de

I. Cf. Sueton.,^«^.,29;DionCass., Liv, 23;Jordan, Forma U.-R., p. 46, t. II.

Trajan. Le Liber pontificalis attribue sa fondation à S. Sylvestre et nous apprend que son nom primitif était « titulus Equitii ». Cet Equitius est un personnage inconnu, peutêtre celui qui fit les frais de la construction, ou un chrétien qui avait déjà ouvert en cet endroit un oratoire. Elle est souvent citée dans les documents anciens ; il s'y tint un concile contre les ariens. A la fin du V^ siècle, Symmaque (^) éleva au-dessus l'église actuelle, à laquelle il donna l'ancienne pour confession. L'œuvre de Symmaque fut restaurée par Serge II (844-847); l'inscription de l'ambon nommait ce pape : « Salvo domino nostro beatissimo Sergio papa iuniore » (^), comme le fait aussi le catalogue de reliques fixé encore à la paroi de l'escalier qui descend à la crypte. Léon IV, successeur de Serge II, orna les murs de peintures et l'abside d'une mosaïque; une inscription rappelait tous les travaux de cette restauration :

Sergius hanc coepit praesul quam cernitis aulam...

Cette mosaïque est aujourd'hui détruite, aussi bien que celle de l'abside de l'église inférieure. Mais nous connaissons cette dernière par deux manuscrits, l'un de la Bàrberine (^), l'autre de la Vallicelliana (*) : elle représentait la T. Ste Vierge assise avec l'enfant Jésus, entre S. Pierre et S. Paul, S. Sylvestre et S. Martin.

Une grande reçtauration fut exécutée, au XVI P siècle, aux frais d'un Carme, le P. Filippini; radministration du culte a refait dernièrement le plafond. Les belles fresques des parois sont l'œuvre de Poussin; deux ont un intérêt spécial: elles décorent la paroi de gauche et reproduisent l'intérieur des anciennes basiliques du Vatican et du Latran. Beaucoup de marbres des catacombes avaient été employés pour le pavé; c'est là qu'on a retrouvé le fragment SCRIPSIT FVRIVS DION... conservé au musée de Latran. Le catalogue des reliques transportées par Serge II est placé à droite dans

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